Un trio de filous âgés d’à peine de 14 ans a été épinglé par les limiers de l’escadron mobil n°8 de Labé sous l’égide du colonel Fangamou Nango Richard (commandant d’escadron) pour vol de pièces sur les automobiles en stationnement dans les rues de Labé, c’était il y a quelques jours. Les Garagistes non plus n’ont été épargnés pour avoir subi des vols sur les automobiles dont ils ont charge de dépanner. Ces gosses inondent ces derniers temps les rues de Labé.

Ils ont rompu les liens familiaux à cause, dit-on, de la pauvreté, de mauvais traitements ou tout simplement de déficits de communication qui aboutissent à des  incompréhensions avec les parents. Et n’ont pour gîte que la rue. A la tombée de la nuit, ils dorment à la belle étoile et sur  les étals du marché central. Leur cas inquiète.

De l’avis de M. Diallo Mamadou Dian, assistant du coordinateur au programme de renforcement de la famille S.O.S Village d’Enfant Guinée, en fonction à la mairie de Labé : ‘‘le divorce est l’une des principales causes de cette réalité.  En restant avec leurs mères qui ne disposent pas des  ressources nécessaires afin de les éduquer ou avec leurs pères  très  occupés  par  leurs travaux, les enfants abandonnés  à eux, un jour ou l’autre quittent la famille pour aller chercher eux-mêmes de quoi vivre. Une autre cause est le fait d’être né  enfant naturel (né hors du mariage, NDLR). Ne connaissant leurs pères  ou non reconnus par ces  derniers, ce complexe pousse beaucoup d’entre eux dans la rue.’’ Selon toujours notre  interlocuteur, la pauvreté est un terreau très fertile favorisant cette situation.

Qu’en disent les enfants de la rue ?

Séydi Diawo (17 ans) : ‘‘j’ai volontairement choisi de vivre dans la rue pour ne pas subir l’autorité parentale, chacun a le droit de disposer de sa vie comme bon lui semble.’’

Barry Abdoulaye Djibril : (15 ans) : ‘‘je passe la nuit dehors parce que je n’ai pas le choix. Ma famille se trouve à Koulidara  et mes parents sont misérables. Je préfère gagner mon pain dans la rue  en  faisant le portefaix, parfois je me rends aux marchés hebdomadaires  pour le même boulot. La nuit, si je trouve chez qui dormir tant mieux à défaut, c’est dans la rue comme d’habitude.’’

Mamadou (10 ans): ‘‘la rue, c’est comme la jungle ou règne la raison du plus fort. La nuit, en dormant, les plus âgés retournent nos poches, pour nous dépouiller de notre argent. Quand on ne dort pas, ils palpent juste les poches et si nous opposons la moindre résistance on est sévèrement bastonné. Il y a juste quelques jours, on était couché sur un étal au marché Yènguèma, un garçon de mon âge, fut  déshabillé pour avoir dit ne pas  avoir par devers lui de l’argent.il fut maltraité.’’

A  la question de savoir pourquoi il ne rentre  pas à la maison pour éviter d’être victime de brigandage voici la réponse qu’il donne : ‘‘non pour rien au monde, je ne quitterai la rue. Bientôt je serai parmi les grands et personne n’osera m’adresser la parole à plus forte raison, penser me faire du mal.’’

Selon l’assistant du coordinateur au programme de renforcement de la famille S.O.S Village d’Enfant Guinée, ‘‘en grandissant dans ces conditions, ils (les enfants, NDLR) deviendront de grands bandits, constitueront une menace pour la société. C’est pourquoi les autorités étatiques devraient prendre les dispositions pour leur réinsertion socioprofessionnelle’’.

                                         Bah  Alpha Ousmane     

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