La logique veut que tout travailleur qui fait loyalement son boulot pendant des années puisse bénéficier le moment venu d’une retraite honorable. C’est dire qu’il doit jouir d’une pension de retraite équitable, d’un moyen de déplacement et d’une maison de repos pour ses vieux jours. Cela est la règle générale dans les pays développés.

Qu’en est-il des travailleurs et fonctionnaires guinéens ? Soixante ans de gestion chaotique du pays ont créé un état de misère tel que tous ceux et celles qui travaillent vivent dans un dénuement qui ne dit pas son nom. C’est la débrouille permanente pour survivre, alors bonjour les malversations de tous genres dans le public comme dans le privé. Les plus heureux des travailleurs sont ceux qui ont accès au denier public dans lequel, impunité aidant, ils puisent à deux mains. De gros scandales financiers se succèdent d’année en année de régime en régime, les gens se résignent et disent des auteurs «  c’est leur chance. »

Il va sans dire qu’aller à la retraite en Guinée n’a rien de réjouissant, aucun fonctionnaire ne réclame librement ses droits à la retraite, il fait des pieds et des mains pour retarder autant que possible la date fatidique de ce repos obligatoire.

Nos chefs d’Etat redoutent eux aussi le départ à la retraite, mais ce n’est pas pour des raisons économiques, leur avenir est assuré par les énormes avantages matériels et financiers attachés a leur fonction. Ils craignent l’humiliation et les poursuites judiciaires qui résulteraient inévitablement des crimes économiques ou de sang à eux reprochés. Les dictateurs Sékou Touré et Lansana Conté n’avaient d’autre choix que de mourir au pouvoir. Mais ils ont de nombreux émules à travers le continent, le Burkinabé Blaise Compaoré en est un bel exemple. Après avoir fait assassiner son ami le capitaine Thomas Sankara alors président et le journaliste Norbert Zongo, il s’attèle aujourd’hui à faire tripatouiller la constitution de son pays en vue de se perpétuer au pouvoir.

Se condamner au fauteuil  présidentiel n’est certainement pas enviable en dépit de tout l’apparat de richesse et de bonheur qui accompagne ce destin. On est tenu de vivre toujours avec la peur du lendemain au ventre. Quel calvaire!

                                                                                                                                     Walaoulou BILIVOGUI

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