Mme Sanaba Kaba ministre des Actions sociales, de la promotion féminine et de l’enfance poursuit sa mission à la tête de son département. Dans un entretien accordé à notre reporter, Sanaba dresse le bilan des actes posés par son équipe, des actes qui vont de la réhabilitation de centres d’autopromotion féminine à la relocalisation des mendiants de la Cité de solidarité, et la célébration de journées internationales…Lisez.

Bonjour madame la ministre. Voilà un bon moment que vous dirigez le département des Actions sociales. Pouvez- vous nous dresser le bilan  des actions que vous avez eu à mener sur le terrain  en faveur des couches sociales surtout ?

Mme Sanaba Kaba: Merci beaucoup. Comme son nom l’indique, on dit le ministère  des Actions sociales de la promotion féminine et de l’enfance. Donc nous avons prioritairement 3 axes. Il y a tout d’abord l’action humanitaire, l’action sociale sur les couches vulnerables, la promotion et la protection de la femme et la protection des enfants. Par rapport à l’action sociale, je vous dirai que nous avons assisté à la célébration de beaucoup de Journées notamment la Journée  internationale de la population, c’était le 15 mai. Et comme cette journée avait coïncidé avec la riposte contre Ebola,  nous avions procédé à l’assistance en vivres et en non vivres  aux personnes vulnérables particulièrement à Gueckedou et à Macenta qui étaient  à l’époque  l’épicentre de la maladie. Nous avions envoyé plus de 20 tonnes de vivres et de non vivres à ces personnes vulnerables  et nous nous sommes aussi investis au département dans la lutte contre la fièvre hémorragique. Nous avons également célébré la Journée mondiale des personnes âgées   le 11 octobre dernier.  Une journée au cours de laquelle, nous avons fait des dons en partenariat avec la communauté libanaise de Guinée en faveur des personnes âgées. Et nous avons tenu compte des sages des différentes coordinations régionales, les personnes retraitées surtout dans le domaine de l’éducation, et tout cela a touché 200 familles.

Qu’en est-il des couches vulnerables dans tout ça ?

Hormis tout ça, il faut reconnaître que nous avons réussi à transférer les couches vulnérables  de la cité de solidarité dans des conditions extrêmement difficiles dans leurs localités d’origine pour les mettre à l’abri de la précarité parce que la cité de solidarité était conçue pour 75 familles et on n’y trouvait plus de 1034  familles au moment du transfert. Des personnes   qui vivaient en plein air  sans eau, sans toilettes, sans conditions hygiéniques. Il faut reconnaître aussi que pendant le mois de ramadan, on a assisté beaucoup de familles en situation de vulnérabilité. Pendant la Tabaski  également on a  ravitaillé plus d’une centaine de familles  en denrées, notamment en viande  pour la fête.

Et les enfants dans tout ça ?

Dans le domaine de l’enfance, on a élaboré le système de protection des enfants, on a installé le parlement des enfants et nous avons célébré  le mois de l’enfant    guinéen le 16 juin. Au cours de cette célébration, on a abordé la scolarisation et surtout la fidélisation de la jeune fille  parce que seulement 30%  des filles sont scolarisées en Guinée. Et  dans ces 30%, seulement 10%   arrivent au collège et peut être 5% seulement qui arrivent au lycée  et moins de 5% arrivent à l’université.  Et les causes sont simples. Ce sont  les violences basées sur le genre et le mariage précoce qu’il faut citer. C’est pourquoi, nous nous investissons pour rendre à la fille son intégrité physique mais aussi son intégrité morale.

Les  femmes  aussi ?

Dans le domaine de la promotion féminine, il faut noter que nous sommes en train de construire  des centres d’appui à l’autopromotion  féminine. On a rénové le CAF  (Centre d’Autonomisation des Femmes) de Kaloum qui date de 30 ans. On a modernisé le CAF du Kameroun et on a fait la formation des jeunes filles apprenantes qui sont là-bas. Dans le cadre de la coopération bilatérale, nous avons fait venir des formateurs de la Côte d’ivoire pour former une cinquantaine de filles. Nous envisageons également de former 300  autres filles à Boké, Kindia  et  dans certaines contrées de la moyenne Guinée. On a un contrat avec l’UNFPA dans ce cadre. Nous avons également terminé la construction du CAF de Faranah et la rénovation du CAF de Kindia qui existaient mais qui avaient été vandalisés lors des mouvements chauds de la présidentielle de 2010. Nous avons en construction aussi  le CAF de Kankan. A part cela, nous avons assisté quelques groupements de femmes  en          appui des capacités de groupements et nous avons célébré  la Journée internationale de la femme au cours de laquelle  nous avons fait des plaidoyers pour le respect de la femme mais également pour l’équité, l’intégration de la question du genre auprès  des départements ministériels. C’est pourquoi, notre département a personnellement écrit aux différents ministres pour leur demander de prendre en compte les femmes à compétence égale lors des nominations. Dans le cadre de notre partenariat avec l’UNFPA, on a  pu décrocher deux chambres froides pour les femmes mariées, 100 réchauds à  gaz pour faire la promotion des réchauds, afin d’éviter l’utilisation abusive du bois dans le cadre de la préservation de l’environnement.

A part ces progrès que vous avez réalisés, quelles son les difficultés que vous rencontrez dans l’accomplissement de votre mission ?

Bon, vous savez, il n’y a pas de travail sans difficultés. Mais j’avoue que j’apprécie beaucoup l’effort des cadres  de mon département. Ce qui constitue un premier atout. Leur engagement, leur détermination et leur compétence dans le travail. Donc l’environnement du travail est sain et propre. Neamoins, nous avons quelques difficultés avec les entreprises parce que, certaines activités n’avancent pas comme nous le souhaitons parce que  si nous regardons le financement et le degré d’exécution sur le terrain nous constatons un grand écart.

Quelles sont les perspectives en  cours dans votre département pour ce qui concerne  l’action sociale proprement dite?

Les perspectives, je pense qu’en gros, ce sont les grandes lignes qu’on vient de citer parce que ce sont de  grandes lignes qu’on doit renforcer parce que notre priorité c’est de faire une couverture nationale pour que chaque préfecture gagne son centre d’appui à l’autopromotion féminine. Notre combat d’avenir c’est surtout la lutte contre les mutilations génitales féminines et le mariage précoce. Parce qu’aujourd’hui qu’en même on a 96,9% de mutilations au moment où les autres  pays africains n’ont que 10 à 20% de pratiques de mutilations génitales féminines. L’autre défi, c’est la réinsertion socioprofessionnelle des personnes handicapées, l’équité genre même dans les instances de prise de décision  au sommet de l’Etat.  Mais aussi l’autopromotion des femmes et surtout  la protection des droits des enfants et des jeunes filles.

                                                        Interview réalisée par Ibrahima Kalil Diallo in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

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