Entre les deux principaux partis de l’opposition, l’entente est de façade…

 

Haroun Gandhi Barry, un proche de Cellou Dalein, selon l’UFR, est bien connu des internautes. Il publie très souvent des ‘‘opinions’’ qu’il défend sous l’angle juridique. Le 21 décembre dernier, il s’est interrogé sur la direction de l’UFR. ‘‘Où va l’UFR ?’’ est le titre de l’article qui a bien eu une réponse de l’UFR. Nous vous proposons la réponse de l’UFR, puis l’article de Gandhi Barry. Vous comprendrez qu’entre les deux principaux partis de l’opposition, l’entente est de  façade.  

Ghandi, l’UFR n’est pas un parti supplétif de l’UFDG

Dans son article intitulé « où va l’UFR ? » (…) monsieur Gandhi Barry, membre de l’UFDG et l’un des conseillers de M. Cellou Dalein Diallo s’est violemment attaqué à l’UFR du seul fait que cette dernière n’a pas voté dans le même sens que l’UFDG lors du vote du projet de loi de finances de 2015. Après s’être érigé en conscience nationale et le meilleur des Guinéens, sans tirer les conséquences du fait qu’il n’est que le conseiller de M. Cellou Dalein Diallo et non de M. Sidya Touré heureusement, voici ce qu’il a écrit entre autres : « Pourquoi l’UFR s’est-elle abstenue au lieu de refuser le vote de ce projet de loi de finances, comme l’a fait l’UFDG, alors que ce projet sera adopté de toute façon, du fait de la majorité relative du RPG à l’Assemblée nationale ? »

Monsieur Barry, il vous faut combien de millions de pages pour vous faire comprendre que l’UFR n’est pas un parti supplétif de l’UFDG ? L’UFR est un parti distinct de tout autre parti, avec sa philosophie, son caractère transversal et national débarrassé de toutes considérations d’ordre ethnique et régionaliste, poursuivant la défense de l’intérêt national selon ses propres analyses et expériences, tout en respectant les choix des autres partis politiques conformément à la légalité guinéenne et au respect qui leur est dû.

L’implacable réquisitoire de M. Gandhi Barry contre l’UFR s’est échafaudé autour de quelques points dont certains ont particulièrement retenu l’attention de la cellule de réaction rapide de l’UFR France. Il en est ainsi les points suivants :

Premier paragraphe : « On a tous critiqué l’UFDG parce qu’elle faisait certaines déclarations non suivies d’effets, ou pire elle ne faisait rien. Par conséquent l’opposition dans son ensemble, a souvent été assimilée à l’UFDG, et l’UFR a toujours agi en « passager clandestin », en profitant indirectement des critiques adressées qu’à l’UFDG. Ne rien faire ou ne rien dire lui octroyait une relative virginité. Pourtant par le passé, l’UFDG recherchant l’unité de l’opposition, a plus d’une fois avalé des couleuvres, en entérinant pour le compte de l’opposition, des décisions prises par d’autres, et notamment l’UFR. »

Monsieur Gandhi, nous vous renvoyons à la lecture de la définition du mot clandestin. Utilisé comme adjectif qualifiant une personne physique ou morale, un clandestin est une personne qui se cache ou cache sa situation. Vous avez omis que l’UFR est un parti régulièrement constitué. Elle a plus de 8 ans d’ancienneté que l’UFDG. Son leader actuel a aussi 8 ans d’ancienneté dans l’opposition par rapport au leader actuel de l’UFDG. En quoi alors l’UFR serait un passager clandestin ? Sur quel fondement légal ou matériel ?

La logique voudrait que vous vous réserviez ce qualificatif « clandestin » qui correspond parfaitement à votre personne et à vos agissements. Vous vous présentez comme n’appartenant à aucun parti politique, alors qu’on sait que vous êtes militant de l’UFDG, l’un des conseillers de M. Cellou Dalein Diallo. Incapable d’assumer votre choix, l’un des attributs de tout homme libre, par manque de courage ou par volonté de confusion, vous n’êtes ni plus ni moins qu’un militant clandestin par excellence, ce qui est loin d’être le cas de l’UFR. Nous vous conseillons désormais de vous réserver ce qualificatif qui vous correspond parfaitement. Vous appartenez à cette catégorie de Guinéens qu’on qualifie de politiciens déguisés en acteurs associatifs ou de la société civile, entretenant ainsi une confusion qui a fini par dénigrer les vrais acteurs associatifs et de la société civile. M. Gandhi, vous avancez sous un masque trop transparent !

Il soutient également ce qui suit : « Par conséquent l’opposition dans son ensemble, a souvent été assimilée à l’UFDG… ». Quand on est imbu de sa personne, on finit par croire être ce qu’on n’est pas, connaître ce qu’on ne connait pas, avoir des droits qu’on n’a pas, etc.

Votre propos selon lequel l’opposition dans son ensemble est assimilée à l’UFDG est un instrument efficace de mesure de votre capacité d’analyse et le déficit de précaution de langage qui caractérise vos propos, alors que la précaution de langage est l’un des caractères principaux de tout intellectuel et de toute personne normalement constituée. Ne soyons pas amnésiques ! Analysons votre affirmation à la lumière des deux dernières élections nationales à savoir, l’élection présidentielle de 2010 et les législatives de 2013.

Les résultats réels du premier tour de la présidentielle plaçaient l’UFR en deuxième position avant qu’elle ne soit victime de manœuvres sournoises concertées. Même certains de ceux qui avaient comploté contre l’UFR le reconnaissent aujourd’hui et disent ouvertement qu’elle était arrivée en 2e position. Il est évident qu’elle ne doit cette 2e place qu’à elle-même et non à l’UFDG.

Gandhi, en interrogeant votre souvenir, vous vous rappellerez que plusieurs urnes bourrées de bulletins de vote favorables à Sidya Touré ont été soustraites par les partisans d’un parti politique dont certains ont même été arrêtés par les forces de l’ordre dans certaines banlieues de Conakry et montrés à la télévision (suivez mon regard). C’est aussi dans les fiefs d’un parti actuellement dans l’opposition (suivez encore mon regard) que M. Sidya Touré a eu un pourcentage non négligeable de bulletins nuls car il suffisait aux ennemis de l’UFR de mettre un trait de stylo sur un bulletin de vote favorable à Sidya Touré pour qu’il soit déclaré nul du fait que tout bulletin comportant deux signes est déclaré nul conformément aux dispositions du code électoral. Nous connaissons les partis politiques qui redoutaient la présence de Sidya Touré au second tour et qui ont tout fait pour l’en empêcher.

C’est malgré cette conspiration concertée de certains partis politiques et dirigeants de la transition que l’UFR est arrivée en deuxième position. Avec ce constat, réduire toute l’opposition à l’UFDG est de nature à s’interroger sur tous les titres grinçants et ronflants de politologue, juriste et professeur dont M. Gandhi se laisse qualifier sans aucun démenti de sa part. Il est évident que des lectures et explications superficielles de la constitution et du code électoral ne font pas un juriste. Être juriste est beaucoup plus que cela. Toute personne qui le souhaite, peut lire les textes normatifs et en donner son avis. De là à être juriste, il y a une très longue distance à parcourir.

S’agissant des législatives de 2013, on ne peut inscrire sa démarche dans la logique scientifique et accepter d’évaluer le poids électoral réel de l’UFR sur le fondement des résultats desdites législatives. Il vous suffit de prendre connaissance du rapport des observateurs européens pour s’en convaincre. Il est de notoriété publique que l’UFR et le PEDN ont été les principales victimes de fraudes électorales lors des législatives.

Gandhi, vous ne pouvez pas contester les résultats des deux élections citées quand cela arrange votre parti et vous appuyez sur les mêmes résultats pour déterminer le poids électoral réel de l’UFR. Un peu de logique et de bonne foi ne seront pas de trop dans vos analyses. Réduire le poids électoral de l’UFR aux résultats des dernières législatives à tel point de la faire disparaitre sous l’ombre de l’UFDG pour ne voir que cette dernière comme seul parti d’opposition est non seulement inconséquent, mais aussi traduit votre approbation du caractère démocratique et transparent des dernières législatives alors que vous avez pourtant toujours critiqué le caractère démocratique à chaque fois que l’intérêt de votre parti est en cause. Quelles confusion et contradiction avec vous-même ! Un tel agissement peut être qualifié d’intellectuellement suicidaire, teinté de légèreté fortement blâmable. L’habituel deux poids deux mesures est encore de retour !

Au 16e paragraphe de son article en question, M. Barry a mentionné ce qui suit : « Il est donc temps pour l’UFR de se positionner politiquement. Que l’UFR veuille se différencier de l’UFDG ou montrer qu’elle en est indépendante est une chose, tendre la perche au gouvernement en ne sanctionnant pas ses manœuvres, ou pire ses violations, en est une autre. »

Venant d’un juriste, politologue et professeur, de tels propos sont de nature à semer l’émoi au niveau de tout lecteur averti. M. Gandhi, peut-il être question de savoir si l’UFR est indépendante et différente de l’UFDG ? Rassurez-vous qu’elle est légalement et matériellement indépendante et différente de l’UFDG de par sa dénomination, son statut, sa date de création, sa philosophie, son caractère transversal et national et de par sa stratégie de conquête du pouvoir entre autres. Vos propos peuvent laisser apparaitre vos difficultés de différenciation entre l’accord électoral et alliance électorale (qui sont circonstanciels et laissent les partis politiques indépendants les uns des autres), et la fusion de deux partis politiques qui se traduit par l’absorption et la disparition de l’un des partis en ne laissant subsister qu’un seul. L’UFR n’a jamais fusionné avec l’UFDG. Ils avaient conclu une alliance électorale lors de la présidentielle de 2010 et un accord électoral de désistements réciproques des candidats lors des dernières législatives. Que cela soit définitivement compris.

Dans son élan de marginalisation de l’UFR, M. Gandhi exige (nous ne savons sur quel fondement) une clarification politique de l’UFR et l’accuse de tendre une perche au gouvernement par son abstention lors du vote du projet de loi de finances pour 2015.

Gandhi, le silence de certains de vos lecteurs ne traduit pas forcément l’excellence de vos écrits. Il peut traduire le respect dû à chaque opinion.

Vous n’êtes pas censé ignorer que seule l’adhésion peut donner des droits et devoirs à un citoyen au sein d’un parti politique. Un parti politique n’a de compte à rendre qu’à ses militants. Attention ! Quand un parti politique remporte une élection, c’est son candidat qui est porté au pouvoir et non le parti. C’est l’une des raisons pour lesquelles le président de la République est obligé de quitter la tête de son parti. Si le fonctionnement d’un gouvernement peut, à juste titre, être critiqué par tout citoyen, il n’en est pas de même du parti dont le candidat est au pouvoir, du fait que le fonctionnement et la stratégie d’un parti politique ne concernent que ses membres.

Alors, à quel titre monsieur Gandhi, un militant de l’UFDG en plus conseillé de M. Cellou Dalein Diallo peut exiger des explications d’ordre stratégique de l’UFR ?

Du fait également que l’UFR s’est abstenue lors du vote du budget de 2015, il l’avait accusée d’avoir tendu la perche au pouvoir. Alors M. Barry, que dites-vous du tête à tête que ton leader monsieur Cellou Dalein Diallo vient d’avoir avec le président Alpha Condé ? Si l’abstention de l’UFR peut être assimilée à tendre la perche au pouvoir, un tête à tête est au moins assimilable au déploiement par M. Cellou Dalein Diallo d’un tapis rouge doré pour le président Alpha Condé. Sans surprise, le silence de M. Gandhi est plus qu’assourdissant. C’est ce deux poids deux mesures caractérisant les réactions de certains militants de l’UFDG qui est agaçant, inadmissible et regrettable. Si c’était Sidya Touré qui avait rencontré le président Alpha Condé, les critiques auraient fusé de toute pars. Etant le fait de M.Cellou Dalein Diallo, c’est le silence du cimetière !

Pour l’UFR, le combat politique de 2015 allait opposer l’opposition au pouvoir en place. C’est avec regret, non une surprise, que nous constatons que pour l’UFDG, le premier front reste l’UFR et la première cible demeure son président. Curieusement, la grande majorité des attaques dont est victime l’UFR ne vient ni du pouvoir, ni du RPG. Elle vient toujours de l’UFG. Croyez-nous que l’UFR sera à la hauteur de l’agression qu’elle commence à subir et elle répondra coup sur coup. Chaque attaque contre son leader se paiera sur le leader de l’UFDG sans gants ni torchons. Le silence de l’UFR ne traduit pas son approbation de toute la politique de l’UFD. Il traduit son caractère démocratique, son respect pour les autres partis et sa conscience que seuls les membres de l’UFDG ont un droit regard sur son fonctionnement et sur sa stratégie politique. Si les militants de l’UFDG pouvaient faire autant, l’opposition guinéenne, la démocratie et la liberté d’expression ferait un progrès significatif.

En conclusion, M. Gandhi peut remarquer que la réponse à sa question « où va l’UFR ? » s’extirpe de façon ostentatoire des arguments qu’il a avancés au soutien de sa question. Une lecture attentive débarrassée de haine et du mépris pour l’UFR et pour son président l’aurait dissuadé de publier cet article qui ne pouvait aboutir qu’à le placer face à ses propres incohérences.

Il a lui-même repris dans son article, les critiques portées par « l’Alliance républicaine » dont l’UFR est membre, contre le projet de loi de finances pour 2015 relatifs à son inconsistance, son incohérence, son illégalité et sa sollicitation par voie de résolution, de la mise en place de 2 commissions parlementaires d’information sur les recettes concernant la téléphonie mobile et le secteur minier alors que l’Alliance républicaine n’était pas obligée de le faire.

Après avoir fait ce constat lui-même, M.Gandhi n’a-t-il pas pu se rendre compte qu’un parti qui tend la perche au pouvoir aurait évité ce qu’ont fait l’UFR et l’Alliance républicaine ? Ne sait-il pas que l’abstention est aussi un mode d’expression politique et démocratique ? Ignorerait-il que sa qualité de militant de l’UFDG et conseiller de M. Cellou Dalein Diallo ne lui donne aucun droit de regard sur la stratégie de l’UFR ? Sans doute, il était dans l’incapacité totale de contenir la haine et le mépris qu’il nourrit pour l’UFR et pour son président. Cela s’explique par le fait que l’abstention lors du vote du budget était la décision de l’Alliance républicaine composée de trois partis politiques. De façon totalement discriminatoire et injuste, c’est sur l’UFR et Sidya Touré que M. Gandhi a déversé sa colère.

Nous avons l’impression que M. Gandhi fait partie de ces Guinéens qui ont juré de ne se mêler que de ce qui ne les regarde pas. Nous espérons que cet écart de conduite ne portera plus préjudice à l’UFR. S’il a des conseils à donner, qu’il les réserve pour l’UFDG.

En espérant que la nouvelle année 2015 lui apportera des pratiques plus démocratiques et respectueuses des droits des autres.

Paris, le lundi 29 décembre 2014

Cellule de réaction rapide de l’UFR France
prête à rendre coup sur coup

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Où va l’UFR ? 

On a tous critiqué l’UFDG parce qu’elle faisait certaines déclarations non suivies d’effets, ou pire ne faisait rien. Par conséquent l’opposition dans son ensemble, a souvent été assimilée à l’UFDG, et l’UFR a toujours agi en « passager clandestin », en profitant indirectement des critiques adressées qu’à l’UFDG. Ne rien faire ou ne rien dire lui octroyait une relative virginité. Pourtant par le passé, l’UFDG recherchant l’unité de l’opposition, a plus d’une fois avalé des couleuvres, en entérinant pour le compte de l’opposition, des décisions prises par d’autres, et notamment l’UFR.

Cette fois l’UFR se découvre… sans doute par volonté de se différencier de l’UFDG ou pour montrer qu’elle en est indépendante. Malheureusement, elle a mal choisi son exemple, à l’occasion du vote du projet de loi de finances 2015, en témoigne sa déclaration justifiant son abstention. En effet et bizarrement, alors que l’Alliance républicaine a largement critiqué ce budget, elle s’est abstenue par esprit de responsabilité, dit-elle (sic).


La loi de finances 2015 et la fin de session budgétaire

La loi de finances initiale 2015 comprend :

  • des prévisions de recettes1de 10 869 915 089 000 GNF (environ 1,265 milliard d’€) ;
  • des dépenses2de à 15 068 142 212 000 GNF (environ 1,755 milliard d’€) ;
  • un déficit budgétaire abyssal (un tiers du budget, du jamais vu !!!) de 4 198 227 123 000 GNF (environ 490 millions d’€), qui sera comblé (sic) par d’autres financements à rechercher par le ministre de l’Economie et des Finances.

La session budgétaire s’est par ailleurs terminée sans que les députés ne parviennent à avoir des éclaircissements sur leur propre budget (on se demande comment c’est possible), et sans pouvoir mettre en place un nouveau règlement intérieur (ce n’est pas faute de leur avoir indiqué).


Les critiques de l’UFR

On rappelle qu’il existe 3 groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, le groupe « RPG Arc-en-ciel », le groupe des « Libéraux démocrates » (composé essentiellement de l’UFDG) et le groupe « Alliance républicaine », qui comprend l’UFR (10 députés) et les 2 députés du RDIG (Jean-Marc Telliano) et du PGRP (Ibrahima Sila Bah). À l’issue du vote du projet de loi de finances 2015, ce dernier groupe a justifié son abstention, malgré les reproches suivants.

Des violations de la loi

Le groupe « Alliance républicaine » observe que le gouvernement a violé :

  • l’article 15 de la LOLF3, en ne déposant pas le document de cadrage budgétaire (autrement dit le budget prévisionnel sur 3 ans) avant le 1er juillet 2014, ce qui n’a pas permis aux députés de se préparer à en discuter les tenants et aboutissants ;
  • l’article 49 alinéa 10 de la LOLF, qui oblige en cas de survenance d’événement catastrophique telle que la fièvre Ebola, de faire la transparence des dons et subventions en provenance de l’étranger ;
  • l’article 46 de la Constitution, qui exige une loi organique pour fixer les emplois civils que le PRG nomme, ce qui permettrait d’indiquer les nominations qui relèvent du PM (article 58) et des ministres.
  • l’article 50 de la Constitution, qui stipule que le PRG prononce une fois par an devant l’Assemblée nationale un message sur l’état de la nation.
  • l’article 160 de la Constitution, qui exige que les institutions républicaines (Cour des comptes, Institution nationale indépendante des droits humains, Cour constitutionnelle, …) soient mises en place plus tard 6 mois après l’installation de l’Assemblée nationale.

Des prévisions fantaisistes

Le groupe « Alliance républicaine » a fait des commentaires clairs sur le budget, tout en considérant que certaines recettes sont virtuelles (celles de l’ARPT, du Patrimoine bâti et les recettes minières par exemple). Le groupe a appelé à voter un budget 2015, qui tienne compte concrètement et distinctement des élections communales et présidentielles. En effet, la participation au financement des élections par les partenaires traditionnels tels que l’UE et d’autres bailleurs de fonds multilatéraux ne figurent pas dans le projet de budget 2015.

Dans ses propres justifications au refus de voter le projet de loi de finances 2015, l’UFDG a même ajouté la sous-estimation des prévisions de recettes de la CBK, les maigres revenus du secteur de la pêche et la non inscription dans le budget de l’État des recettes issues des ventes des domaines publics le long du littoral de Conakry à Dubréka. De même, la gestion des finances publiques souffre d’un manque de rigueur et de transparence, sinon comment expliquer, que la société Forécariah Mining Company ait exporté 1,3 million tonnes de fer sans aucun paiement de taxes au Trésor public, ou qu’on n’ait retrouvé aucune trace des paiements déclarés par la société Guiter Mining, repreneur de l’ex-Aredor ?

Le groupe « Alliance républicaine » considère également que certaines dépenses sont scandaleuses, et notamment l’accroissement injustifié des budgets de la présidence (hausse de 43% par rapport à 2014) et de la Primature par exemple, ainsi qu’un budget très insuffisant pour la Justice (0,75% du budget) et la Santé (3,96% du budget alors que l’OMS et la CEDEAO recommandent 15% et que nous sommes en pleine épidémie d’Ebola).

Les demandes particulières du groupe « Alliance républicaine »

Eu égard aux recettes minorées de certains secteurs précités, le groupe « Alliance républicaine » sollicite par voie de résolution, la mise en place de 2 commissions parlementaires d’information, sur les recettes concernant la téléphonie mobile et le secteur minier.

De même, il a également appelé à la mise en place des lois organiques, tels que le code électoral, et la loi sur la CENI dans un esprit consensuel.

Les critiques complémentaires de l’UFDG

Un manque de transparence

Selon l’UFDG, l’exécution du budget manque de transparence, dans la mesure où les mécanismes destinés à assurer le contrôle et le suivi de l’utilisation des fonds publics sont déficients. À titre d’exemple, il faut citer des contrats de réhabilitation de routes sur la base de marchés de gré à gré et qui montrent des disparités énormes, entre des coûts du km estimés, qui varient entre 4 et 15 milliards de GNF.

Dans le domaine de l’électricité, le projet d’adjonction thermique de 100 MW de Conakry avec une entreprise brésilienne pour un montant de 126,405 millions de $ avec un coût additionnel de 26 millions de $, et initié depuis le 5 septembre 2011, n’a jamais vu le jour… mais le gouvernement n’a jamais annulé le contrat !!!

Des anomalies

Le budget de la Sécurité est en baisse de 12% pour représenter 2% du budget, mais si on l’associe au budget de la Défense (10,45% du budget), voire d’autres postes (lutte contre la drogue et une partie de la décentralisation attribuée aux préfets militaires), on dépasse le budget de l’Education pourtant vital (12,99% du budget au lieu des 30% recommandés par les standards régionaux et internationaux), ce qui en dit long sur la priorité de ce gouvernement.

Enfin la répartition régionale du budget national de développement dans le secteur des travaux publics, traduit une inégalité de traitement des régions. En effet, la région de Kankan seule reçoit 61% de ce budget, Conakry 20% et les autres régions les 19% restants. 

Conclusion

Le groupe « Alliance républicaine » a donc montré par ses remarques fondées, qu’elle était vigilante, mais elle n’en tire aucune conséquence logique et cohérente en s’abstenant (qui ne dit mot consent), car on ne peut accuser ce gouvernement de violations de la loi, et en même temps lui accorder un blanc seing !!!

Pourquoi l’UFR s’est-elle abstenue au lieu de refuser le vote de ce projet de loi de finances, comme l’a fait l’UFDG, alors que ce projet sera adopté de toute façon, du fait de la majorité relative du RPG à l’Assemblée nationale ? Ne pas vouloir sanctionner le gouvernement – en indiquant que l’UFR manifeste son esprit de responsabilité !!! – alors que la loi sera de toute façon votée, constitue un choix politique qu’il va falloir expliquer. En effet, quand bien même la loi de finances aurait été rejetée, cela n’empêcherait nullement le gouvernement de fonctionner (grâce à la règle des douzièmes provisoires ou d’une loi rectificative par exemple).

Il est donc temps pour l’UFR de se positionner politiquement. Que l’UFR veuille se différencier de l’UFDG ou montrer qu’elle en est indépendante est une chose, tendre la perche au gouvernement en ne sanctionnant pas ses manœuvres, ou pire ses violations, en est une autre.

Si l’UFR et notamment son président, veut séduire les électeurs de l’UFDG, ce n’est pas en montrant une proximité avec le gouvernement qu’elle y parviendra. L’UFR doit indiquer clairement si elle se trouve toujours dans l’opposition, ou si elle se rapproche des faux « centristes », voire du gouvernement, ce qu’elle est parfaitement en droit de faire ?

Car avant de se déterminer pour les élections locales et présidentielles, les électeurs ont besoin de savoir à qui ils ont à faire et le plus tôt sera le mieux.

Gandhi
Citoyen guinéen

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).

Haroun Gandhi Barry
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1Hors budget d’affectation spéciale de riposte contre Ebola, que l’Assemblée nationale souhaite que le gouvernement mette en place pour la gestion transparente des fonds.

2Hors budget d’affectation spéciale de riposte contre Ebola.

3Loi organique relative à la loi de finances (LOLF), Loi L/2012/n°012/CNT du 6 août 2012.

 

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