D’une légèreté blâmable, de nombreux leaders –le plus souvent n’ayant de militants que leurs épouses et enfants, suivez mon regard-, s’offusquent de voir Cellou Dalein bénéficier de son statut de chef de file de l’opposition. Faisant dans leur mauvaise foi, ils estiment que ce titre est un piège tendu par Alpha Condé pour mettre à sa dévotion son principal rival.

Celui-ci joue se prête malheureusement à leur jeu et se met dans un complexe de l’opposant qui ne rencontre pas un chef d’Etat de peur d’être considéré par ses pairs comme un Judas. Cependant, n’en déplaise à ses détracteurs, le titre de chef de file de l’opposition a été taillé pour Cellou Dalein, non pas par Alpha Condé mais par les militants de l’UFDG qui votent –et non ceux qui jettent des pierres dans la rue.

Alpha Condé n’a été qu’à la base de la création d’un statut qui, il faut le reconnaitre, le grandit. Car ce statut du chef de file de l’opposition sera gravé au marqueur sur le frontispice de l’histoire politique de la Guinée. A Dalein maintenant d’entrer dans l’espérance, de faire comme son ami Soumaila Cissé du Mali qui n’a pas craché sur ce statut. Bien au contraire, il en jouit tout en faisant son opposition de manière civilisée.

Des minuscules leaders des particules politiques bougent dans tous les sens pour demander à Cellou Dalin de décliner l’invitation d’Alpha Condé « pour des échanges portant sur la situation socio-politique nationale ». Ces businessmen de la crise, comme le dirait l’autre, savent que toute entente entre le président et son principal opposant leur est préjudiciable. Parce que c’est quand on jette des pierres dans les rues de « l’axe », quand on blesse et/ou tue de jeunes gens issus des familles modestes, qu’eux –les minuscules leaders, bien sûr-, se font remarquer dans la presse.

Cellou doit donc comprendre cela et prendre ses responsabilités de chef de file de l’opposition en quittant la rue qui, comme elle est utilisée aujourd’hui lui donne une image de bad-boy, image pas très jolie pour un homme qui prétend gouverner un pays.

« L’histoire n’est pas comme une bande magnétique dont on peut couper les parties qu’on n’aime pas pour les remplacer par d’autres », nous enseigne-t-on. Sûr que quand il sera un jour au pouvoir, Cellou aimerait couper les parties où il voit de jeunes gens armés de gourdins, de lance-pierres, etc., l’escortant dans les rues de « l’axe », aussi il n’aimerait sans doute pas entendre dire que c’est suite à ses appels à manifester dans le désordre –parce qu’il ne s’assure d’aucune sécurité-, que de nombreux jeunes ont laissé leur vie dans la rue. Mais en ce moment-là, il (Cellou Dalein) n’y pourra rien. L’histoire aura fini de jouer son rôle.

Ibrahima S. Traoré

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