La ville de Fria dispose d’une nouvelle activité génératrice de revenus outre que l’usine. La ferme avicole El Hadj Djiby DIAWANDO a été inaugurée, samedi 9 mai 2015. Bâtie sur une superficie de 5 000 m2, l’infrastructure a, dans sa phase pilote, une capacité de plus de 1 000 poussins et devrait permettre aux promoteurs, de créer de la main d’œuvre contribuant significativement à la réduction de la pauvreté dans la ville sinistrée de Fria. Située à la sortie de la ville, à 10 km en direction de Conakry, elle offre une vue magnifique sur la cité de l’alumine. Fruit d’un financement privé, la ferme se donne pour ambitionne de relever le défi de la sécurité alimentaire et du développement durable. L’un des promoteurs est un enfant de terroir qui, après ses études en République Tchèque, vit actuellement en France. Titulaire d’un diplôme de Doctorat en Economie rurale, Mamadouba DIAWANDO a bien voulu se prêter aux questions de la rédaction.

Comment vous est venue l’idée de création d’une ferme avicole ?
L’idée est venue lors d’une discussion avec un ami lorsque nous vivions à Prague en République tchèque. Nous parlions d’investir chez nous en Guinée dans une activité génératrice de revenus. C’est de là qu’est née l’idée d’une ferme avicole qui devient une réalité aujourd’hui. Puis, nous nous sommes associés à mon frère et à un ami belge.

Quel est le nom donné à votre ferme ?
La ferme porte le nom d’El Hadj Djiby Diawando, notre cher papa qui nous a soutenus et beaucoup encouragés. Il mérite cet hommage car sans lui, nous n’en serions pas là aujourd’hui.

Pourquoi le choix de Fria pour abriter un tel projet ?
Fria est d’abord notre ville natale. Et depuis l’arrêt des activités de l’usine, il fallait lancer des activités capables de fixer les gens, de leur assurer un emploi et des revenus en plus de contribuer à l’activité économique de la région. Fria de l’après-bauxite se prépare maintenant.

Votre ferme a accueilli ses premiers « pensionnaires » ce samedi 9 mai. Peut-on avoir quelques chiffres ?
Nous avons commencé par un hangar de 240 m2 qui peut accueillir 1 250 poussins. En dehors de ce hangar, nous avons un enclos où nous élevons également quelques ovins et des caprins. Ça, c’est pour la phase pilote.

Comment comptez-vous développer votre activité dans le futur ?
L’année prochaine, nous comptons rajouter un deuxième hangar de 400 m2 pour une capacité d’environ 2 000 poussins. Un projet de pisciculture est également à l’étude.
Une des perspectives que l’on va développer dans ce centre, c’est qu’on va en faire un centre ressource qui va apporter une formation aux jeunes dans le domaine de l’agro-pastorale. Dans ce projet de ferme intégrée, nous avons beaucoup d’ambitions. Pourvu que nous bénéficions de la bienveillance des autorités en termes d’accompagnement technique, matériel et surtout financier.

Le lancement d’un tel projet rencontre souvent des difficultés. En avez-vous rencontré particulièrement pendant cette phase pilote ?
Comme tout projet, nous avons eu des difficultés dues à des retards dans l’exécution des travaux et des problèmes de logistique. Mais aussi des difficultés financières. N’oubliez pas que le financement de la phase pilote du projet est entièrement privé. Nous n’avons malheureusement pas encore eu accès à d’autres sources de financement. Après cette 1ère phase qui a couté plus de 200 millions de Francs guinéens, nous comptons nous tourner vers les banques primaires et les bailleurs de fonds institutionnels.

Quel peut être l’impact de votre projet pour les friakas ?
Nous souhaitons à travers cette réalisation démontrer que les initiatives de jeunes méritent d’être financées et encouragées. Nous démarrons sur fonds propres avec 5 emplois. A terme, nous comptons employer au moins 50 personnes. Ce qui n’est pas rien.                                                        

Avez-vous un appel à l’endroit de ceux qui hésitent encore à investir ?
Oser investir, c’est oser réussir. Je demanderai aux guinéens et aux friakas qui vivent ailleurs et surtout à l’étranger de tourner leurs regards Fria. Personne ne viendra développer leur ville à leur place. C’est en ce moment que Fria a le plus besoin d’eux. Et il y tellement d’opportunités à saisir dans l’agro-pastoral, le tourisme, l’artisanat, etc. Fria, ce n’est pas que des ressources minières. Ces ressources minières vont s’épuiser un jour. Or, la terre nourricière continuera de nous nourrir des siècles après la fin de l’exploitation minière. Fria de l’après-bauxite, basée sur un développement durable commence maintenant et ici.

Source : Arsyf.info

 

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