Cellou Dalein, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) vient d’effectuer  un tour du côté de Ouagadougou où il s’est entretenu avec Moussa Dadis Camara, président des Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD) sur un possible rapprochement entre leurs deux partis. Si Dadis a eu des préjugés favorables pour le chef de file de l’opposition, avec qui il n’exclurait pas « une alliance politique », il est encore tôt de dire si la position de l’ex-chef de la junte ne va pas varier, à cause de l’éventail de choix qui s’offre à lui dans la perspective de la présidentielle du 11 octobre 2015.

Parlant du président de l’UFDG, Dadis Camara déclare : « Il  a été l’un des premiers leaders politique à venir me saluer à Ouagadougou et nous nous sommes régulièrement vus par la suite. J’ai beaucoup de respect pour lui. Il n’est pas orgueilleux et j’ai hâte de travailler avec lui. »  Ces propos rapportés par  nos confrères de l’hebdomadaire « Jeune Afrique »  en disent long sur les rapports entre les deux hommes, qui sont loin de ce qu’ils étaient du temps du CNDD. Lorsque Dalein était devenu la bête noire de Moussa Dadis Camara, à cause de leur dissension autour du projet de  candidature du chef de la junte à la présidentielle.

Moussa Dadis Camara qui commente son entrevue avec Dalein dit que  « grâce à cette rencontre, nous montrons que la Guinée appartient à tous les Guinéens, à toutes les communautés et les ethnies qui la composent. Mon objectif est de me battre contre ceux qui poussent dangereusement à l’ethnocentrisme et pensent qu’une seule ethnie peut être au pouvoir. J’ai beaucoup appris de mes expériences passées et je n’accepterai plus de suivre des leaders politiques qui souillent mon honneur et imposent le régionalisme »,  a-t-il rouspété.

Il est évident à entendre cette réaction de Dadis Camara, que Dalein occupe dorénavant une place de choix dans le cœur du président du parti FPDD. Mais les choses ne seront pas aussi simples, dans le rapprochement entre les partis respectifs des deux hommes. Car en politique c’est moins le cœur qui dicte les choix, que les intérêts. Après Dalein, Sidya Touré doit rencontrer Dadis. Et il sera question de sceller éventuellement une alliance entre leurs deux partis. Quand on se réfère à ce que le président de l’UFR avait dit dans une interview qu’il avait accordée à L’Indépendant il y a environ un mois, dans laquelle il disait qu’il ferait tout pour que Dadis soit avec lui, il y a de quoi mesurer les obstacles à franchir pour Dalein, pour s’offrir les FPDD sur un plateau d’or. Sans oublier les velléités du parti au pouvoir qui n’entend pas laisser Dadis Camara tomber dans d’autres bras que les siens. Vu le vivier électoral que représente la Guinée forestière où l’ex-chef de la junte semble être en position de force, il faut s’attendre à ce que le capitaine Camara vende chère son ralliement à un potentiel allié. La partie est donc loin d’être gagnée par l’UFDG, qui doit se mettre en tête que la compétition ne fait que commencer dans cette cour faite à Dadis Camara.

Aliou Sow in Le Démocrate

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