A mesure que s’approche la date fatidique du 11 octobre 2015, les stratégies des uns et des autres dans le landerneau politique se précisent davantage dévoilant leurs ambitions réelles par rapport à l’élection présidentielle. Tout doucement chez certains, avec l’implication de l’opposition dans les démembrements de la CENI, les Congrès ; déjà dans le vif du sujet chez d’autres qui sont à la formation de leurs représentants et de leurs militants ou à rechercher les moyens de leur politique, les choses bougent donc et on se serait cru dans une ruche à la seule différence que contrairement aux laborieuses abeilles, ici chacun travaille pour lui-même. Le sentiment général est qu’il y en a qui sont vraiment au sérieux et veulent être plus que de simples figurants, ou en tout cas, éviter d’être ridicules.

Si les sorties à l’Intérieur du pays du candidat Alpha Condé étaient venues quelque peu perturber les agendas en provoquant un froid pour ainsi dire sidéral qui a inhibé les ardeurs de bien de militants dans les microcosmes de certains candidats, les uns et les autres s’étaient généralement repris ou en tout cas feignaient de l’être. Après cette rebuffade, on constate que la température a globalement rechuté donnant l’impression du calme avant la tempête tandis que d’autres n’y voient que la suite logique des évènements.

En vérité, derrière cette impression générale se cachent des situations bien diverses car si certains continuent à fourbir leurs armes consciencieusement, d’autres, tout au contraire, sont aux abonnés absents, s’ils ne semblent pas tout simplement se dire visés mais non concernés par l’élection à venir. Un comportement pour le moins curieux qui suscite des interrogations et ne laisse rien présager de bon.

Manifestement, c’est comme si un ressort s’était cassé, chacun travaillant toute honte bue à se faire oublier ou à se faire tout petit. Or on avait pensé ‘’qu’on verrait ce qu’on verra’’ parce que, à en croire leurs comptes rendus, ils s’étaient ressourcés à l’Extérieur et allaient nous sortir des coups fumants qui feront mordre la poussière à Alpha Condé. A leur décharge, les autres candidats ne sont guère mieux lotis et ne nous proposent pas grand chose. C’est comme si les un et les autres attendaient quelque chose de particulier ou jouaient au chat et à la souris.

En effet, il est évident que tous les potentiels candidats ne seront pas présents dans les starting-blocks au lendemain de l’officialisation des candidatures par la Cour constitutionnelle. Il y aura donc forcément des jets d’éponges et les uns et les autres font traîner l’échéance pour être parmi les derniers à quitter le navire au risque pour les candidatures politiquement crédibles de subir l’humiliation de devoir jouer à l’incapacité de payer la caution.

Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est à «l’opposition républicaine» qu’il faudra s’attendre au plus de dégâts, car à les regarder se mouvoir, tout porte à croire qu’on y est tout sauf serein. Les challenges qui s’imposent à ses membres sont tels qu’il va leur être difficile de se débiner, alors même qu’ils ne font rien pour pouvoir les relever. De là à penser qu’il s’y prépare des choses pas orthodoxes, il y a un pas qu’il faut se garder de franchir mais que la lucidité impose d’analyser. Autant qu’ils sont, les raisons qui devraient les obliger à rester candidats et surtout à réaliser des scores plus qu’honorables sont légion.

Pour Cellou Dalein Diallo, il s’agira de prouver par les urnes qu’il est effectivement le principal opposant à envergure nationale qu’il prétend être. Tout autre résultat serait un véritable échec pour ne pas dire une humiliation. Or il semble, selon les analyses qu’on pourrait faire de la situation, qu’il ne pourrait arriver qu’en deuxième position et pas forcément pour un deuxième tour. Pour Sidya Touré, il s’agira impérativement de devancer Moussa Dadis Camara, ce qui est loin d’être acquis. Mais Dadis a du souci à se faire car loin de Conakry, il lui sera difficile d’ameuter foules. Quant à Lansana Kouyaté, il est le seul à croire qu’il peut remplir de militants le terrain de l’héliport de la Minière.

C’est dire que tous ont du souci à se faire et pourraient fort bien céder à la tentation de la courte échelle pour échapper à leurs sorts peu enviables. Sans aucun doute qu’ils seraient bien heureux que l’élection n’ait pas lieu. Une éventualité qui fait revenir à la surface cette idée de communales avant les présidentielles. Histoire de faire dépasser la date du chronogramme établi par la CENI et rendre le chef de l’Etat illégitime tout en ouvrant la voie pour une autre transition. Ce qui expliquerait la volonté de l’opposition républicaine à battre de nouveau le macadam après le Ramadan au prétexte que rien n’a été obtenu lors du dialogue.

Avec des forces de déstabilisation dirigées par un milliardaire israélien, il y a de quoi ouvrir l’œil et le bon ! La République tout entière y a le plus grand intérêt.

Mustapha Sylla

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