Je ne sais pas exactement qui l’a dit, c’est peut-être Randolph Hearst, un homme d’affaires américain, magnat de la presse écrite (1863-1951), mais je sais que ceci guide les pas des journalistes dans la quête de l’information: « un chien mord un homme, c’est un fait divers. Un homme mord un chien, c’est un scoop. » Un événement. 

En collant ce principe à l’actualité guinéenne on pourrait dire : « un citoyen agresse un député, c’est un fait divers. Un député agresse un citoyen, c’est un scoop.»

L’agression dont s’est rendu coupable le député Ousmane Gaoual sur la personne de Djouldé n’est pas un fait banal que l’on pourrait mettre en encart d’un journal de faits divers. Comme ses partisans -qui crient à une cabale politique contre leur champion-, veulent le faire croire. Ils disent presqu’à l’unisson : c’est un petit incident que le pouvoir veut récupérer.  A les écouter, ils auraient aimé que cet « incident » soit entre un représentant du pouvoir et Ousmane Gaoual. Mais manque de pot pour eux, Ousmane Gaoual a affaire à un citoyen qu’il est censé défendre en tant que député.

La Guinée est un pays atypique. Un pays dans lequel le citoyen est obligé de demander secours pour le sauver des députés. Dans notre pays, le député se bat surtout pour un salaire plus que décent et d’autres avantages; il se bat et agresse des citoyens pour un véhicule subventionné ; il se bat pour des places à l’Assemblée ou pour des élections qui lui permettent de changer de pouvoir (du législatif à l’exécutif), etc. Le citoyen ? Pas dans son agenda si ce n’est le mettre dans la rue face aux forces de l’ordre sinon l’agresser carrément comme l’aurait fait Ousmane Gaoual.

J’ai entendu la défense pathétique de Fodé Oussou Fofana, l’autre Toto de la classe politique guinéenne, qui, au lieu d’avoir le courage de condamner un acte barbare de son collègue député estime que celui-ci « n’est pas n’importe qui, c’est un député ». Feignant d’oublier qu’on « ne fait pas n’importe quoi, quand on n’est pas n’importe qui ». Mais il s’agit de Fodé Oussou. Passons donc.

Rappelons enfin, que Ousmane Gaoual qui passe à une vitesse supersonique de l’agression verbale à l’agression tout court, ne craint pas une grosse peine avec des « coups et blessures » sur Djouldé, mais il aura écorné son image d’homme politique. Et celle de son parti avec.  

Ibrahima S. Traoré

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