La mutinerie, suivie d’évasions, déclenchée à la Maison centrale de Conakry l’autre semaine,  ressemble à priori, à bien de mouvements du genre dans les prisons  d’autres pays africains et ailleurs. En Guinée, elle intervient à un moment où, en partenariat avec des activistes des Droits de l’homme, le ministère de la Justice esquisse des réformes profondes. En ce qui concerne, entre autres, l’univers  carcéral guinéen.

Un monde caractérisé chez nous par des prisons vétustes et insuffisantes en nombre, un manque de moyens financiers et matériels pour faire face à la surpopulation carcérale, un personnel pénitentiaire (des gardes chiourmes aux  régisseurs) vieillissant, mal formé et peu nombreux, l’absence de programme de formation et de réinsertion sociale des détenus, et même un problème de localisation pour ce qui est de la Maison centrale de Conakry.

Logée au cœur de la ville, elle jouxte la Sûreté urbaine, d’où la confusion faite par des citoyens, et même au sein des médias, entre ces deux entités pourtant nettement distinctes : la première relève de la direction de l’administration pénitentiaire du ministère de la Justice ; tandis que la seconde est un service de la direction nationale de la police du ministère de … l’Intérieur.

Au-delà de ce qui précède, les pratiques en cours à la Maison centrale de Conakry devraient nourrir les pires inquiétudes même dans l’éventualité de sa délocalisation à Dubréka : racket, trafic et consommation de stupéfiants, endurcissement des jeunes délinquants au contact de grands criminels récidivistes, prostitution, détentions préventives interminables, etc.

« L’homme le plus inquiet d’une prison est le directeur », écrivait George Bernard Shaw. Même si en Guinée, ce n’est apparemment pas le cas, avec des régisseurs qui semblent inamovibles, longtemps familiarisés avec les caïds de la faune carcérale, les autorités du pays devraient aller bien au-delà de simples sanctions sporadiques chaque fois qu’une sédition éclate dans une prison.

Porter un jugement sévère sur la situation afin peut-être de plus penser notre univers carcéral, que se contenter d’en panser  les plaies.

Top Sylla 

 

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