Ibrahima Kalil Konaté, DCE Matoto

Dans cet entretien accordé à notre reporter, Ibrahima Kalil Konaté, directeur communale de l’éducation de Matoto fait le point  sur  les préparatifs des différents examens scolaires. Notre interlocuteur aborde également certains sujets liés au monde scolaire.

Comment se porte les établissements scolaires de la direction de communale de l’éducation de Matoto ?

Ibrahima Kalil Konaté : Les établissements scolaires de la direction communale de Matoto se portent très bien. Il convient de rappeler qu’il existe 62 établissements scolaires publics, 470 établissements privés. J’affirme que les cours se donnent correctement, la preuve en est que nous sommes à la 16ème semaine de l’année scolaire, qui devait correspondre à l’exécution de 55,17% du programme. Mais à cause de la grève des syndicalistes, à l’élémentaire nous avons réalisé 53,83% avec un retard de 1,32%. Au secondaire nous avons réalisé 52,87% avec un retard de 2,80%. C’est-à-dire que les 55% qui devait être réalisés, on a pu réaliser que 53% à l’élémentaire, 52% au secondaire à cause des grèves des contractuels et la grève déclenchée par l’inter centrale syndicale Cntg et l’Ustg.

Justement vous venez de souligner la grève des contractuels, ces derniers temps, l’on a constaté que certains établissements scolaires des directions communales de l’éducation de Matam et Dixinn ont connu des perturbations. Peut-on savoir si vous étiez aussi confrontés à un manque d’enseignants contractuels dans les établissements scolaires publics ?

Justement il y a eu des problèmes à Matam et à Dixinn parce que la grève a été beaucoup ressentie dans ces deux communes. A Matoto nous, on avait trouvé des solutions, d’abord il faut dire que sur 191 contractuels qui évoluent dans la commune de Matoto, il n’y avait que 27 qui étaient en réalité en grève. Et nous avons trouvé des solutions. Nous avons augmenté le nombre d’heures des professeurs titulaires pour absorber l’absence des contractuels, c’est pour cela à Matoto, il n’y a pas eu de problèmes.

Quel est le niveau de préparation des examens scolaires de fin d’année ?

Au jour d’aujourd’hui, la commune de l’éducation de Matoto toutes les candidatures publiques comme privées sont bouclées. Que ça soit les candidats normaux et candidats libres. Au niveau de l’entrée en 7ème, ils seront 20 472 candidats à affronter l’entrée en 7ème. Ils vont occuper 819 salles, surveiller par 1 632 surveillants, dans 56 centres d’examens. Au niveau du BEPC, ils seront 16 489 candidats, qui vont occuper 659 salles de classes, ils seront encadrés par 1318 surveillants, et ils vont occuper 56 centres. Au baccalauréat tout profil confondu, ils seront 20 685 à affronter le bac unique, ils vont occuper 827 salles, et être encadrés par 1654 surveillants et occupés 52 centres. Donc au total sur les trois niveaux d’examens, Matoto va présenter 57 616 candidats : ils seront repartis dans 2 305 salles, encadrés par 5 928 surveillants dans 164 centres. En plus de ça, toutes ces statistiques que je viens de vous fournir, nous sommes déjà à 70% de la prise des photos des candidats en entrée en 7ème. Au niveau du Bac et du BEPC, ça fait quatre jours que l’opération a démarré.

Que pouvez-vous nous confier sur les candidats qui ne sont pas admis aux différents examens et voudront brûler les étapes ?

Vous savez qu’actuellement, on est beaucoup bien outillés, on a les matériels qui ont été mis à notre disposition et qui nous permettent de filtrer totalement ces cas d’imprévus. Donc à l’heure actuelle sur les 57 000 et quelques candidats, il n’y a aucun élève qui n’a été répertorié s’il n’a pas son examen. Donc je peux vous garantir que ces cas de fraudes sont détectés rapidement à travers les ordinateurs que nous avons.

Ces derniers temps vous vous êtes élevé contre certaines pratiques qui se passent dans certains établissements scolaires, notamment la vente des aliments par les enseignants. Peut-on savoir si la mesure a été respectée ?

Vous savez qu’il y a beaucoup de déviance dans nos établissements : l’utilisation des fouets en classe, la vente des aliments par les maîtresses, la tresse des maîtresses par les élèves, les visites intempestives lors des cours. Ce sont autant de pratiques contre lesquelles le département et nous-mêmes, on s’est élevés. Mais vous savez quand une situation est gangrenée pour la soigner, il faut un peu de temps. On n’a pas pu le faire à  100%, mais les gens ont pris conscience que l’administration est contre ces déviances. Mais j’ai été surpris quand nous avons interdit l’utilisation de fouet dans les établissements; certains parents d’élèves sont venus nous faire des remontrances ici. Que pourquoi nous avons interdit le fouet à l’école. Pour eux quand un enfant sait que quand il n’apprend pas, c’est le fouet qui l’attend, il va apprendre ces leçons. Vous voyez, il ya certaines choses qu’on peut interdire en Europe, mais en Afrique c’est un peu difficile.

Vu que vous-même vous avez été fouetté, mais cela ne vous a pas rendu abrutis ?

Bien sûr, on a été fouetté, j’ai observé des corvées, nous d’ailleurs c’était avec la règle, on tendait la main on frappait les doigts, ou  quand ton maître est fâché contre toi, il envoie les gens d’aller lui chercher le fouet. Vous voyez, cela nous obligeait à apprendre, mais les choses ont changé. Vous, avec la modernité, vous nous dites d’interdire le fouet. Je ne vais pas prendre la responsabilité pour dire que l’africain doit être fouetté, mais l’africain à un moment donné pour le ranger, le fouet peut être aussi une école (rire : ndrl).

Egalement, certains parents d’élèves déplorent souvent les cotisations initiées au sein des établissements. Etes-vous aussi au courant de ce genre de pratiques ?

Oui, je suis au courant mais très affaibli. Il n’y a pas longtemps, j’ai même convoqué un coordinateur d’école, une fois c’est ma fille qui est venue me dire qu’il ya interclasse et que chaque élève devrait assurer le payement de sa tenue de sport à 35 000 fgn, la paire de chaussures à 15 000 et qu’on va mettre le nom de l’école là-dessus. Je me suis amusé à faire un petit calcul, sur un effectif de 50 élèves, si un parent d’élève débourse ces sommes, j’ai trouvé que c’est énorme. Actuellement, les parents d’élèves souffrent de ces pratiques. Le département s’est élevé contre ces pratiques, nous les responsables locaux également mais on dirait que ces écoles privées fonctionnent uniquement à trouver que de l’argent, tout est argent. Cette année, en tenant compte des  évènements de Kankan, on a interdit les tournois dans les établissements scolaires, mais c’est impossible, ils sont en train de faire  l’interclasse, l’inter promotion au détriment des instructions que nous avons reçues. Mais tout ça, c’est pour escroquer les parents d’élèves et les élèves. Je pense que la presse doit aider le ministère de l’Enseignement pré-universitaire pour vulgariser certaines pratiques qui se passent dans certains établissements.

Pour finir nous sommes, en tant qu’encadreur, qu’avez-vous à passer comme message  aux  enseignants, élèves mais également aux parents d’élèves pour que l’année scolaire soit réussie ?

Pratiquement je n’ai pas de message pour les enseignants, parce qu’ils sont en train de faire correctement leur travail, la preuve en est qu’on est à la 16ème semaine. On est, à peu près à 55% de l’exécution des programmes, donc ça c’est déjà un acquis. C’est aux parents d’élèves je vais  passer un message. En leur demandant d’accompagner les reformes et qu’ils acceptent de mettre les enfants à notre disposition. Le vrai message, c’est pour les candidats, il ne reste pratiquement que deux mois pour l’année scolaire. Et c’est l’effort qui sera payante, personne ne doit leur dire de donner de l’argent pour être admis. Ça  c’est fini depuis 2011. Depuis que le ministre de l’Enseignement pré université, Dr Ibrahima Kourouma est venu, vous convenez avec moi qu’on a pu moraliser les examens scolaires. Maintenant quand on fait les examens, une semaine après les résultats sortent. Au moment des examens pas d’attroupements autour des centres. Tout ça ce sont des performances qui doivent prouver aux enfants que nous ne les trompons pas. Ce sont que les meilleurs qui seront déclarés admis.

Propos recueillis par Richard TAMONE in L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

 

 

 

 

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