Marc Yombouno, ministre du commerce

La nomination de Cheick Fanta Mady Camara, secrétaire général de la Chambre de commerce d’industrie et d’artisanat de Guinée, au poste de président par intérim de cette même institution, en remplacement de Morlaye Diallo avait suscité une vague d’indignation chez certains membres du comité transitoire. Mais en réalité, l’acte du ministre du Commerce Marc Yombouno aurait pour seul but de mettre fin au statu quo actuel au niveau de la Chambre, en permettant à M. Cheick Fanta Mady Camara d’exécuter les affaires courantes, en attendant la tenue d’élections dans de meilleurs délais, pour le renouvellement des instances dirigeantes de la Chambre.

Le décès de Morlaye Diallo, président par intérim de la Chambre de commerce a aiguisé les appétits chez certains membres du comité transitoire qu’il présidait, depuis plus d’une décennie. Ceux-ci avaient sans doute voulu lui succéder à ce poste, qu’ils convoitaient tant. C’est le moins qu’on puisse dire. Même si le seul qui avait la main dans le cambouis était bien Morlaye Diallo. Qui bénéficiait bien sûr de l’assistance technique du secrétaire général de la Chambre de commerce d’industrie et d’artisanat, Cheick Fanta Mady Camara. Ce dernier est en effet réputé pour sa maîtrise des dossiers relatifs au fonctionnement de la Chambre de commerce et d’industrie. Cela constitue sans doute un atout pour Marc Yombouno, dans son projet de renouvellement du bureau de l’institution. Chose qui lui tiendrait tant à cœur, selon nos enquêtes.  Pour revenir à la nomination d’un remplaçant de Morlaye Diallo à la tête de la Chambre, notre reporter a rencontré Cheick Fantamady Camara, celui sur qui le ministre a jeté son dévolu pour occuper la dite fonction. Suite au tollé suscité par la décision ministérielle, notre interlocuteur remet les pendules à l’heure, en vue d’éclairer l’opinion.  Pour Cheick Fantamady Camara, «l’arrêté qui a été pris récemment par le ministre suite au décès du président Morlaye Diallo, dont les cérémonies se sont passées dans l’honneur et à la hauteur de son rang social tant par le gouvernement, les patronats, la Chambre et la famille », en valait certainement la peine.

Puis d’ajouter : « mais je suis au regret de vous dire que Morlaye était un cadre brillant mais qui travaillait seul. Il y avait un comité transitoire qui était là, suite à la crise, parce que l’article 29 dit que quand il ya crise au niveau du bureau exécutif et de l’assemblée consulaire, que le ministre du Commerce est habilité à prendre des actes pour corriger cette crise. En mettant en place un comité transitoire. C’est ce qui s’est passé en 2004. Donc, depuis 2004 ce comité transitoire est là, avec à sa tête Morlaye Diallo, accompagné par 6 autres membres », a-t-il souligné. Précisant que ces collaborateurs de Morlaye ‘’viennent des différentes corporations qui composent la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée. Mais compte tenu du fait que c’est Morlaye Diallo qui venait seul, et qui travaillait avec l’administration de la Chambre, le ministre a décidé en me nommant à la tête de cette Chambre, de combler le vide créé par ce décès. Car c’est une seule personne que le ministre voyait au nom du comité transitoire. »

D’après M. Camara, « normalement, ce comité transitoire doit organiser une réunion ordinaire chaque mois et une réunion extraordinaire à chaque fois que cela est possible. Donc, moi personnellement  je suis là depuis quatre ans. Depuis hier (le jeudi 21 avril, ndlr) jour pour jour, parce que j’ai été nommé le 20 avril 2012, nous sommes aujourd’hui le 22 avril 2016, ça fait 4 ans et un jour. Mais, ce comité ne sait jamais réuni à une réunion ordinaire à plus forte raison en réunion extraordinaire. Donc, le décès de Morlaye a provoqué un vide inexplicable », a-t-il tenu à expliquer.

Selon lui, « vouloir mettre un autre comité en place, le comité qui a été nommé par Djènè Saran Camara en 2004 est resté jusqu’à 2016. Si on ne travaille pas avec intelligence, est-ce qu’on ne va pas mettre encore un autre comité ou mettre des éléments qui vont s’éterniser ici, en usant de malice pour se maintenir, étant donné que l’élection organisée depuis 2013 dont nous sommes à un niveau qu’on peut appeler chapeau pour ne pas que cela soit compromis. Il faut tout faire pour qu’on puisse terminer parce qu’il reste 25% », a-t-il précisé.

Il faut surtout mentionner que  le ministre du Commerce n’aurait pas pris la décision de nomination de façon unilatérale.  Marc Yombouno aurait organisé une réunion de cabinet auparavant. Réunion durant laquelle, il aurait salué les uns et les autres, vu que tout le monde s’est mobilisé comme un seul homme, pour rendre hommage à Morlaye Diallo. Et la question a été de savoir comment continuer « les œuvres » du défunt, pour terminer cette élection, parce qu’on a tendance à dire que  c’est un peu le serpent qui se mord la queue, en ce qui concerne la Chambre. Il fait donc rompre avec les anciennes pratiques, à en croire Cheick Fantamady Camara.

« Nous sommes dans un mouvement de révolution et de rotation, en vue de qualifier la Chambre à l’interne pour pouvoir répondre aux problèmes des ressortissants mais aussi faire la compétition avec la Côte-d’Ivoire, le Ghana, voire  avec n’importe quel pays parce que la Chambre est dans un réseau. Il y a des avantages liés à ce réseau mais si nous ne sommes pas performants à l’internationale, par exemple on devrait organiser la foire Ouma-Islamique. On pouvait avoir beaucoup de choses dans ça mais c’est une Chambre performante qui organise, ce n’est pas un comité transitoire qui peut répondre à ça. Un comité transitoire c’est pour gérer la crise de trois mois, et ce rôle même se confond avec le rôle de secrétaire général. Donc, vu tout ça pour pérenniser les acquis de Morlaye et pour sortir la Chambre de cette boue, que le ministre a pris cette décision de nommer le secrétaire général au poste de président par intérim », a indiqué notre interlocuteur.

D’après lui, le bureau exécutif peut décider du budget de fonctionnement et du budget équipement mais un comité transitoire ne peut pas discuter du budget équipement. Car il n’est pas « l’incarnation de tous les opérateurs ressortissants. Donc, un comité transitoire joue le même rôle que le secrétariat général et le fonctionnement revient à l’administration. Donc, nous sommes là pour gérer l’administration, le budget de fonctionnement. Déjà il y a cacophonie à ce niveau », dit-il.

Pour ce qui est des élections, M. Camara avance que « pour aller très vite on est à 65%. Il faut qu’on procède de manière à que ces acquis qui sont là, qu’on ne puisse pas les compromettre. »

Concernant le bon fonctionnement de la Chambre, Cheick Fantamady rassure : «  je demande aux uns et aux autres de rester sereins. Ils doivent comprendre que c’est le capitaine  qui est parti, mais le bateau n’est pas percé. Nous comptons arriver à bon port. Donc je pense qu’un premier acte a été pris et on va essayer de voir pour que ça marche dans l’intérêt de tout le monde et très rapidement. Après ces élections, je ne peux pas accumuler de fonction, je ne peux avoir un double manteau pour me présenter », promet-t-il.

Ces propos viennent confirmer la volonté qui anime le ministre Marc Yombouno de rompre avec le statu quo, afin d’organiser le plus tôt des élections, pour doter la Chambre d’un président et d’un bureau.

le démocrate

Moussa Traoré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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