Recrutement de 10 mille jeunes, ENA, accords avec le syndicat : Le...

Recrutement de 10 mille jeunes, ENA, accords avec le syndicat : Le ministre de la Fonction publique dit tout (grande interview)

La réforme de l’administration publique avance à pas sûrs. Les obstacles sont certes multiples, mais le ministre Sékou Kourouma en fait un défi à relever. Par ses projets et ses stratégies, il joue son va-tout pour combler le manque à gagner, rattraper le retard et remettre le fonctionnaire guinéen au travail.

En 2015, vous avez initié un projet de réforme de la Fonction publique à travers le rajeunissement, la féminisation et la modernisation de l’administration. Où en êtes-vous avec ce projet?

Sékou Kourouma : Rajeunir et féminiser l’administration est un projet qui a été initié avec la mission de coopération de l’ambassade de France pour donner du sang neuf, renforcer les capacités humaines et favoriser la modernisation de l’administration. A l’origine, il était prévu que 1.200 jeunes fonctionnaires soient recrutés, formés et rompus à la pratique du management public. Alors, le projet a bien démarré. La première année,    il y a eu le recrutement de 400 jeunes et la deuxième année 400 autres qui ont été formés avec la collaboration de Sciences Po de Bordeaux. A la troisième année, il y a eu un handicap majeur lié à l’émergence d’Ebola et le projet a eu une rupture. Aujourd’hui, avec la fin de l’épidémie, le projet  reprend. Un concours de recrutement est prévu pour la 3e promotion est  prévu au courant mai 2016. Les activités doivent redémarrer au plus tard en juin.  Pendant ce temps, nous nous battons pour responsabiliser les jeunes certifiés dans les différents postes de responsabilité au sein des différentes administrations centrale et déconcentrée. Parce que c’est aussi une exigence du projet, quand les jeunes sont formés, il faut valoriser leurs compétences en leur confiant des responsabilités. Ils vont constituer  un peu cette génération des jeunes fonctionnaires du changement. On commence par un noyau et progressivement le cercle grandit. C’est une masse critique qu’on injecte dans les différentes administrations. Je crois que même l’Union européenne sera intéressée à intervenir dans ce projet, parce que nous avons une fonction publique très vieillissante. Dans les 7 à 10 ans qui viennent plus de la moitié des effectifs actuels va partir à la retraite.

 Il  avait été annoncé le recrutement de 10.000 jeunes fonctionnaires. Est-ce que cela est effectif aujourd’hui?

Effectivement en 2015, avec les résultats du recensement biométrique, le gouvernement s’est engagé, dans le cadre du rajeunissement de la fonction publique, à recruter 3.500 agents pour le compte de l’enseignement pré-universitaire, 500 pour le compte de l’enseignement technique et professionnel, 392 pour l’enseignement supérieur, 2.000 pour la santé, 631 pour la police et 1.193 pour l’environnement.  Avec la crise due à Ebola et au regard de la rareté des ressources budgétaires, il ne nous a pas été possible d’organiser cette série de concours tant attendue par les jeunes. En fin de compte, c’est le ministère de l’Enseignement supérieur qui a bénéficié de la mesure de recrutement. Tandis qu’au compte du ministère de la Santé, le concours a été organisé. Et près de 17.000 dossiers de candidature ont été enregistrés. Lorsqu’on a traité ces dossiers, il y a eu près de 18.000 faux diplômes qu’on a éliminés. Les corrections sont en cours et avant la fin de l’année, nous allons publier les résultats de ce concours pour le compte de la santé,  pour en assurer la prise en charge dans le cadre du renforcement du système national de santé. Dans le même ordre d’idée, l’éducation devait   bénéficier de l’organisation du concours de recrutement pour satisfaire les nombreux besoins en personnel enseignant. Là aussi, nous avons fait appel à candidature. Plus de 42.000 dossiers de candidature ont été collectés en 2015. Ces dossiers sont en traitement parce que nous prenons les diplômes, nous les envoyons aux universités qui les ont délivrés. Ces universités en retour nous envoient des certificats d’authenticité de ces diplômes pour valider la candidature des uns et des autres. A ce jour, nous attendons impatiemment les crédits budgétaires pour pouvoir organiser dans les meilleurs délais le concours de recrutement  de 3.500 jeunes pour le compte de l’enseignement pré-universitaire et les 500 jeunes de l’enseignement professionnel. Je voudrai rassurer les jeunes diplômés en quête du premier emploi qui ont déposé leurs candidatures en 2015 que dans les meilleurs délais, nous allons disposer des crédits budgétaires pour pouvoir organiser ce concours tant attendu.

Quel est le coût de ces recrutements que vous énumériez tantôt?

Le coût  budgétaire va dans les 4 milliards de FG pour cette série de concours.

Vous envisagez de recrutement à la fonction publique et on sait qu’il y a des contractuels au sein de  l’administration publique. Est-ce que vous avez pensé à ces gens-là ?

Nous avons une fonction publique hybride qui prend en charge à la fois l’aspect carrière, mais aussi l’aspect fonction publique d’emploi. D’un côté, nous avons des fonctionnaires qui passent toute leur carrière dans la fonction publique, mais également, il y a d’autres catégories d’agents qu’on appelle les contractuels. Il y a les contractuels permanents qui sont constitués de personnels auxiliaires qui mènent des activités d’appui pour faciliter l’exécution des missions. Il y a aussi les contractuels temporaires dont les niveaux varient qui, pour des besoins ponctuels, sont recrutés pour une durée déterminée. Lorsqu’on a plus besoin d’eux, on met fin au contrat. 

C’est bon de recruter des cadres, mais  dans ce monde en perpétuelle mutation technologique. Est-ce que vous avez pensé au perfectionnement des fonctionnaires de l’administration publique?

Il y a plusieurs initiatives en cours dans le cadre de la problématique de renforcement des capacités des agents de l’administration publique. Vous avez le Centre de perfectionnement administratif (CPA) qui développe d’intenses activités de perfectionnement pour mettre à jour  les niveaux de connaissance, les aptitudes des fonctionnaires pour les adapter au milieu de travail et à l’évolution de la situation des emplois. L’année dernière, le CPA a eu à former plus de 3.000 cadres de toutes catégories de corps confondus dans divers domaines de l’administration. Il y a également au niveau de renforcement des capacités, et surtout dans le cadre de la professionnalisation de l’administration, le projet de l’Ecole nationale d’administration (ENA) qui est aussi créée et qui va utiliser les mêmes locaux que le CPA en attendant la construction du campus à Kènèndé, à Dubréka. Là, nous sommes en négociation avec la Banque mondiale et l’Ecole nationale d’administration publique (ENAP) du Canada pour développer un programme de formation Master en administration publique. Dans le cadre de ce partenariat, l’ENAP accepte de délocaliser son programme de Master en administration publique pour le diffuser en Guinée au compte de l’opérationnalisation du projet ENA. Ça consiste à recruter au moins une trentaine de jeunes titulaires de la License ou du Master   qui vont faire un concours de recrutement pour entrer à l’ENA. Les épreuves seront choisies par l’ENAP du Québec. Les cours seront dispensés par les professeurs de l’ENAP du Québec. Des cours présidentiels c’est-à-dire les professeurs vont venir dispenser des cours  en Guinée. Ils vont aussi dispenser des cours d’enseignement à distance. Le diplôme qui va être délivré après les deux ans de formation, c’est le diplôme de Master de l’ENAP du Québec  qui est une institution de type universitaire. Donc, nous sommes très avancés dans les négociations avec l’ENAP du Québec pour recruter la première promotion de l’ENA en administration pour le diplôme de Master. A cet effet, Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement a adressé un courrier tout dernièrement à la Banque mondiale pour aider à financer ce projet. L’autre volet de renforcement des capacités, c’est au niveau du secrétariat national de renforcement des capacités. Là également, c’est une initiative qui est soutenue par la Fondation africaine pour le renforcement des capacités. Une mission de cette fondation a séjourné la semaine passée à Conakry et a démarché dans les différents ministères et dans les différents secteurs pour connaitre les priorités nationales en termes de renforcement des capacités. Cette institution va recruter dans les mois qui viennent des experts qui vont venir en Guinée pour identifier les besoins en renforcement des capacités et mettre en place un programme multisectoriel de renforcement des capacités et qui prendra en charge les besoins du secteur publique, du secteur privé et de la Société civile. Voilà les initiatives pour combler les insuffisances en termes de renforcement des capacités.

Dans le même sillage, la première promotion qui avait bénéficié d’une formation des formateurs a effectué un voyage au Canada. Où en sommes-nous avec ce projet parce qu’il était prévu trois promotions?

Il s’agit d’une dizaine de hauts cadres guinéens qui ont reçu une formation des formateurs en management public. Ces formateurs sont là disponibles et lorsque le programme de Master va débuter, les professeurs de l’ENAP qui vont venir vont travailler avec ces professeurs. En même temps, nous allons bénéficier du transfert des compétences et de la technologie.

Vraiment vous avez là des projets très ambitieux pour la réforme de l’administration publique. Mais il y a un autre fait qui caractérise les cadres guinéens. C’est l’absentéisme et le retard dans les services. Certes vous disposez maintenant  de la pointeuse électronique par endroits. Est-ce que cet appareil a permis de changer les  habitudes?

Avec la mauvaise gouvernance, on a banalisé l’absentéisme au travail comme si la fonction publique est un foutoir où on peut venir quand on veut comme on veut et s’absenter comme on veut et quand on veut. Je crois qu’il faut une rupture totale avec cette pratique et cette mentalité, parce que le fonctionnaire est redevable vis-à-vis de l’Etat et des populations qui paient leurs rémunérations. L’absentéisme a été si banalisé qu’à la faveur des réformes en cours, nous avons bénéficié de l’accompagnement de la Banque mondiale qui nous a dotés à titre expérimental de 125 pointeuses électroniques. Alors, de décembre 2015 jusqu’en mars 2016, nous avons organisé l’opération de contrôle permanent dans l’ensemble des services publics. Parce qu’au moins chaque administration régionale, préfectorale et centrale a été dotée d’une ou de deux pointeuses électroniques.  Pendant 3 mois, nous avons recruté des jeunes diplômés qui ont travaillé dans les différents services publics et qui ont procédé au pointage systématique de l’ensemble des fonctionnaires. Soit le pointage se fait dans le registre si l’agent n’est pas encore recensé, soit avec la machine électronique, si l’agent est enrôlé. Cela a donné des résultats parce qu’on n’a pas encore officialisé les résultats. Mais on a plus de 2000 agents fictifs qui étaient là encore après le recensement biométrique et qui percevaient des salaires ; soit des gens décédés, soit des gens en abandon de postes qui avaient quitté l’étranger pour venir se faire recenser et repartir. Donc, ce contrôle permanent, nous voulons l’intensifier et le pérenniser. En quoi faisant? Il faudrait que l’Etat mette la main à la poche pour acheter davantage plus des pointeuses électroniques pour fournir le plus petit service en vue de cultiver un comportement professionnel adéquat et approprié au niveau des fonctionnaires et pour lutter contre l’absentéisme. Là aussi, je crois qu’avec la Banque mondiale nous sommes en discussion pour nous doter de près de 350 pointeuses électroniques  qui vont être réparties dans l’ensemble des services publics pour systématiser le pointage électronique qui va être  obligatoire tous les jours à l’arrivée et au départ. Mais, il s’agit d’abord d’avoir un nombre suffisant pour le systématiser.

Est-ce qu’il y a une autre méthode que vous envisagez pour lutter contre l’absentéisme et le retard parce que les gens peuvent venir le matin pointer et quitter pour revenir le soir se soumettre au même exercice?

Le problème est très difficile, mais les cadres guinéens chargés de gérer les ressources humaines ne prennent pas toujours leurs responsabilités. Je ne parle pas des gestionnaires des ressources. Je parle des  chefs de service. Depuis les ministres, le chef du département, les secrétaires généraux, les directeurs nationaux, les chefs de division, de section. Chacun est responsable d’une unité de service. Chacun a la responsabilité sur un certain nombre d’agents publics mis à disposition. Il revient aux directeurs généraux, aux chefs de division de mettre la rigueur sur le contrôle et exiger que les gens soient là à l’heure et pendant toute la durée du travail. Mais les gens ne prennent pas leurs responsabilités. Cela n’est pas le rôle du gestionnaire des ressources humaines. Les premiers gestionnaires des ressources humaines  c’est d’abord le chef du gouvernement, le ministre qui assure sous sa responsabilité des agents soumis à son contrôle et qui ont obligation de produire des résultats. Chacun, à un niveau donné, est responsable de la marche du service. Mais dans notre administration, il y a un certain laisser-aller. Les chefs de service laissent les gens venir et repartir quand ils veulent. Quand ils viennent on ne leur donne pas du travail. Il y a encore beaucoup à faire. Il faut un travail de rationalisation. Mais à côté, il faut encore de la rigueur et de la fermeté.

Dans le cadre de l’assainissement du fichier administratif des fonctionnaires il a été instauré le recensement biométrique. Quels sont les résultats obtenus?               

J’avoue qu’on est en train de finaliser le dossier. Le recensement biométrique a débuté en janvier 2014 avec pour objectif  assainir, harmoniser, intégrer et sécuriser les fichiers de gestions administratives et salariales. Au départ, nous avons visé un peu plus de 101.000 fonctionnaires. Il en a résulté pendant la première phase 2.215 agents qui n’ont pas été recensés et qu’on n’a pas vus quand on a bloqué les salaires. Après cela, nous avons eu à croiser le nouveau fichier biométrique et le fichier de la Caisse nationale de sécurité sociale. Au départ, il y avait 1000 agents qui étaient mis en cause, mais avec les justifications, il est resté 476 agents doublement payés et qu’on a radiés. Egalement, on a procédé au dé-doublonnage du nouveau fichier biométrique. On a constaté 248 agents qui étaient en doublon et qu’on a radiés. Le contrôle permanent dont j’ai parlé tantôt qu’on a organisé en novembre jusqu’en mars a donné 2386 agents qu’on est en  train de radier. Au total, le recensement biométrique a donné 5. 385 agents fictifs qui recevaient régulièrement des salaires indus. Si on ajoute à cela le nombre des fonctionnaires qu’on a mis à la retraite en 2014 et en 2015, plus 568 hauts cadres qui étaient en détachement soit auprès de l’Assemblée nationale, soit auprès des établissements publics, les grandes sociétés en même temps ils prennent les salaires dans ces institutions et aussi à la fonction publique. Ils sont aujourd’hui dégagés du fichier. 164 autres agents se sont mis en disponibilité. Volontairement, ils ont quitté la fonction publique pour dire qu’ils vont travailler momentanément à leur compte. Quand on totalise tous ceux-ci, on peut avoir près de 11.000 agents fictifs qu’on a pu dégager entre 2014 et 2015.

Quel est l’effectif total des cadres de la fonction publique?

Je n’ai pas la dernière situation, mais nous sommes entre 105 et 110 mille cadres parce qu’on a fait un recrutement de près de 5000 agents à la police en 2014-2015 plus le recrutement auprès de l’enseignement supérieur.

Qu’est-ce que vous faites  pour assurer la protection sociale de tous ces fonctionnaires?

La protection est un droit du fonctionnaire. C’est confirmé dans le statut général des fonctionnaires. Pour la première fois depuis plus de 50 ans, le fonctionnaire guinéen n’a pas eu droit à la protection sociale. Avec la volonté manifeste du président de la République en faveur des fonctionnaires, deux institutions ont été créées. Entre autres, la Caisse de prévoyance sociale (CNPS) et l’Institut d’assurance maladie obligatoire (INAMO). La CNPS va servir au financement de la retraite qui doit être valorisé. Il ne faut plus que dans les années à venir que le fonctionnaire ait peur d’aller à la retraite. C’est parce que la retraite n’était pas financée. Alors que dans tous les pays du monde, la pension fait l’objet de financement approprié. Donc, nous nous sommes mis au goût du jour. Désormais, l’Etat va cotiser en tant qu’employeur à hauteur de 10% par mois pour un départ et pour chaque fonctionnaire et 5% que le fonctionnaire doit payer au compte des deux institutions. Cela va permettre de rehausser le niveau de la pension, mais également les risques liés à la vieillesse et à la maladie vont être pris en charge. Donc, une personne retraitée ne sera plus une personne démunie, exposée et abandonnée.

Est-ce que ces structures sont opérationnelles? 

Ce n’est pas facile. On est en train d’opérationnaliser. Déjà, le conseil d’administration, la direction exécutive sont mis en place. On a trouvé un local en location  qu’on va bientôt inaugurer.  Le local est en train d’être meublé. Donc, les services vont être installés et meublés dans les meilleurs délais. Malgré la conjoncture, l’Etat vient de débloquer près de 5 milliards  de FG la semaine passée pour pouvoir opérationnaliser ces deux institutions de protection sociale. Grâce à l’INAMO, le fonctionnaire guinéen, pour une fois, sera mis à l’écart des soucis surtout liés à la maladie. Une fois que l’INAMO devient opérationnel, un fonctionnaire tombe malade, il va à l’hôpital si l’ordonnance coûte 100 FG, l’Etat prend en charge 80% et lui, il paie 20%. Si ce sont les enfants ou l’épouse qui tombe(nt) malade(s), la prise en charge est automatique. Pour n’importe quel problème de santé, de risque lié à la vie du fonctionnaire, l’Etat intervient pour assurer aux fonctionnaires une vie décente.

Il y a un autre fait marquant à la Fonction publique. C’est la situation des fonctionnaires recrutés mais non pris en charge, notamment les douaniers et les enseignants contractuels qui manifestent à chaque fois.

Qu’envisagez-vous pour résoudre ce problème?

Je ne veux pas m’aventurer. Le gouvernement a donné son accord en 2015 pour régulariser la situation de ces jeunes qui ont des arrêtés d’engagement, mais ils n’ont pas fait de concours. C’est un droit qu’ils  peuvent revendiquer à juste titre. Suite à ce mouvement de recrutement massif et incontrôlé ayant grossi les effectifs de l’administration. Donc, ces jeunes, à un moment, se sont constitués en mouvement de revendication.  Le gouvernement a pris en charge le dossier. Et à travers mon département, une commission technique au sein de laquelle ces jeunes sont représentés, est en train de travailler   sur le dossier. Les agents concernés ont déposé leurs arrêtés d’engagement et leurs diplômes. Ils suivent de près tout ce qui se passe pour assurer la transparence total dans le traitement des dossiers. Ils sont au total 5265 personnes à être concernées. Alors, on va vérifier l’arrêté et les diplômes. S’ils sont authentiques, il n’y a pas de problème. Et s’ils ne le sont pas, on les annule. J’ai déjà des statistiques provisoires qui varient du jour au jour. Quand la commission fait son travail, nous avons des statistiques qui rendent compte de la situation. Donc, quand ce travail d’assainissement, de contrôle et vérification va finir les personnes concernées seront soumises soit à un test de connaissance et vont choisir elles-mêmes entre les départements suivants: l’éducation, la santé, l’environnement et la police. C’est dire que le gouvernement a pris en charge ce dossier parce que ce sont des jeunes qu’on ne peut pas laisser pour compte.

L’Etat a signé un protocole d’accord avec le mouvement social concernant l’applicabilité de la flexibilité du prix du carburant à la pompe conformément au prix du baril au niveau international. Le délai était fixé dans 90 jours et la date butoir c’est le 19 mai prochain. Est-ce qu’on peut s’attendre à une baisse du prix du carburant?

Vous ne vous intéressez qu’à cet élément du protocole, alors qu’il comporte 13 points. Il n’y a pas de date butoir. Il ne faut pas inventer. Dans l’accord, les parties sont convenues de maintenir le prix du litre du carburant à son niveau actuel. Par ailleurs, les parties sont convenues si le prix du baril venait à augmenter, le prix à la pompe continuera à être maintenue à 8000 FG jusqu’en décembre 2016. Toutefois, si le prix du baril se maintient en dessous de 57 dollars US, le gouvernement, le Patronat et le syndicat conviendront du prix à appliquer à la pompe dans les 90 jours.  Cela veut dire que dans les jours à venir nous allons rencontrer nos partenaires sociaux pour nous concerter sur la question et arrêter quelque chose. Parce que le dialogue doit être vivant, dynamique et continu. Avant qu’on ne parte très prochainement à la conférence internationale du travail à Genève,  le ministre de l’Enseignement technique et porte-parole du gouvernement et moi-même avons pris l’initiative de nous concerter avec nos partenaires sociaux sur la question, pour examiner la chose et voir ce qu’il y a lieu de faire.  Les négociations ne sont pas rompues. Elles continuent.

Le prix du baril est en dessous de 57 dollars US. Est-ce qu’on peut espérer une diminution?

Non, ça vous n’aurez pas ça de ma bouche. Les décideurs en  décideront.

C’est comme si vous n’êtes pas libre dans la mise en application de cet accord. Est-ce le cas?  

Non, en ce qui concerne mon secteur je n’ai aucun obstacle. Si je prends la grille salariale, nous travaillons intimement avec les représentants du mouvement syndical pour passer à la transposition de l’ancienne grille à la nouvelle grille. Cet effort de transposition est en cours sur la base du nouveau fichier biométrique parce qu’on a pris le système Licence, Master, Doctorat (LMD). Pas plus tard qu’avant-hier dans le cadre de l’application de la grille, nous avons réuni au niveau du département ici les professionnels de l’éducation, les universitaires, trois universités publiques et privées étaient là pour réfléchir ensemble à la catégorisation des fonctionnaires. Parce que sur la base de cette nouvelle grille désormais la hiérarchie A éclate en trois hiérarchies: hiérarchie A1 pour la Licence, A2 pour le Master et A3 pour le Doctorat. La hiérarchie B aussi éclate en deux c’est-à-dire B1 et B2. Seule la hiérarchie C va rester intacte. Alors, il s’agira de voir maintenant quel va être le positionnement de chacun des fonctionnaires dans l’une de ces hiérarchies. C’est un exercice qui n’est pas facile. On est en train de recruter un expert en réforme du système salarial pour venir nous aider à la meilleure transposition de l’ancienne grille à la nouvelle grille.

Nous voici à la fin de cette interview. Quelles perspectives pour l’année 2017?

La première perspective c’est d’abord en faveur des fonctionnaires : celle de l’opérationnalisation de la protection sociale des fonctionnaires. C’est l’une des priorités du gouvernement et donc de mon ministère. L’autre priorité c’est la rationalisation de l’ensemble des ministères. Il s’agira de mettre en adéquation les missions, les structures, les emplois et les effectifs pour rationaliser les effectifs et maitriser la masse salariale. Aujourd’hui, il y a une pléthore dans les cabinets ministériels. Il y a des fonctionnaires qui viennent juste à la fin du mois pour prendre leurs salaires alors qu’ils ne font rien. Ils sont payés alors qu’ils ne travaillent pas. Il faut qu’on ait une administration qui contribue au développement et non qui constitue un frein au développement.

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Abdoul Malick Diallo

Coréalisée avec le journal Univers jeunes

 

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