M. Bouréma Condé

Le président de la République vient de confier à la surprise générale l’assainissement de la ville de Conakry aux forces armées, à travers la section du Génie militaire, coupant ainsi l’herbe sous les pieds du gouverneur de la capitale Mathurin Bangoura, qui s’employait pourtant à trouver des solutions « idoines » à la gestion des déchets. Certains observateurs  voient dans cette décision présidentielle, une manœuvre du général Bouréma Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, soupçonné de vouloir garder une main mise  sur la manne financière consacrée mensuellement à l’assainissement de la cité.

C’est par un communiqué de la présidence de la République lu sur les antennes de la télévision d’état que les populations de la capitale ont appris lundi dernier que c’est dorénavant l’armée qui aura la charge de nettoyer les rues de la ville. Une décision qui reste sans appel, et  qui a été prise en attendant qu’un accord soit trouvé avec une société d’assainissement, pour prendre la relève. Voilà qui risque de mettre à l’eau tous les efforts entrepris par les autorités du gouvernorat de Conakry, qui depuis la nomination du général Mathurin Bangoura il y a 5 mois, avaient de la gestion des déchets un défi prioritaire.

Il faut rappeler d’ailleurs que le lundi dernier, avant que cette décision ne tombe, le gouverneur de Conakry avait tenu une conférence de presse, durant  laquelle il a dressé le bilan de ses 5 mois passés à la tête du gouverneur. En se focalisant surtout sur la gestion des déchets et l’aspect sécuritaire de la capitale.

Il avait annoncé dans la foulée la mise en place d’une commission chargée de sensibiliser les populations de Conakry, ce à compter du mardi 23 août, sur la nécessité de rendre son environnement propre. Parmi les mesures phares dévoilées au public il y avait également la création d’une police verte et d’une police communale, qui devraient travailler de concert, à compter du 1er  novembre 2016. Avec pour mission principale de veiller à la propreté de la cité. Même  s’il faut user de moyens coercitifs.

Il faut relever le fait que c’est par défaut que le gouvernorat gérait l’assainissement de la ville. Rôle dévolu normalement aux maires des communes. Mais le vide créé par le manque de maires élus,  était comblé par les services du gouvernorat. Même si le gouvernorat de Conakry avait tout de même des difficultés pour assumer sa mission. A cause du manque de ressources financières. Toute la manne financière consacrée au programme et qui serait estimée à quelques milliards de francs guinéens par mois, serait gérée directement par le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation. Département dirigé par Bouréma Condé. C’est pour taire les bisbilles qui commençaient à naître entre le gouvernorat et ce ministère autour des fonds alloués à l’assainissement de la ville de Conakry, que le président aurait tranché, en affectant cette mission à l’armée, à travers sa section du génie militaire. Certains observateurs y voient plutôt une manœuvre ourdie par le général Bouréma Condé, pour continuer à garder la main sur la manne financière. Pour la simple raison que le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation est avant tout un officier de l’armée. On se souvient de sa nomination comme « commandant général des unités militaires de production agricole et agro-industrielle. » Avec pour mission de : « planifier et organiser les activités agricoles et agro-industrielles, en adéquation avec la politique nationale de développement agricole. »

Avec l’ascendant qu’il semble avoir sur certaines décisions du palais, les détracteurs de Bouréma Condé pensent qu’il n’est pas prêt à se démarquer de la gestion des ordures de la capitale. Car si les 1000 tonnes de déchets  produites par jour à Conakry,  constitue un « casse-tête » pour le gouvernement guinéen, c’est aussi une source de profit pour ceux qui sont chargés d’assainir la ville.

L'indépendant

Aliou Sow  

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