Sous la présidence d’honneur du ministre de la Culture, des Sports et du Patrimoine historique et sur invitation du Pr Djibril Tamsir Niane, Dr Abdel Kader Haidara, président exécutif de l’ONG SAVAMA-DCI, accompagné de son collaborateur, Dr Banzoumana Traoré, a animé une conférence, ce mercredi 1er février 2017, au Centre culturel franco-guinéen à Kaloum, sur la problématique de la conservation des manuscrits en Afrique de l’Ouest, notamment sur le cas des manuscrits de Tombouctou. Cela a été l’occasion d’aborder la question de la relance de la recherche sur les manuscrits en Guinée.

Les cadres guinéens massivement mobilisés à cette importante rencontre scientifique ont suivi Dr Haidara qui a expliqué comment son organisation a réussi une opération risquée et inédite de sauvetage de près de 95% des manuscrits de Tombouctou, pour les transporter à Bamako, au moment où les groupes armés islamistes avaient investi le Nord du Mali, pillant et détruisant tout sur leur passage.

S’exprimant sur l’état dans lequel les manuscrits guinéens sont conservés, le ministre Siaka Barry a déclaré qu’« il n’est pas question que le Mali mette en valeur ses manuscrits au moment où chez nous en Guinée, les gens les abiment, et que ces manuscrits soient aujourd’hui dans un état de conservation déplorable. Si vous prenez le Fouta théocratique, ce lieu nous a légué des manuscrits dignes d’être exploités comme patrimoine historique mondial. Si vous prenez le royaume de Kankan au 18ème siècle, ce royaume sous l’impulsion de Cheick Fantamady, nous a légué aussi des manuscrits, ainsi que la région de Konia. Donc la Guinée, au même titre que le Mali, est un pays de manuscrits par excellence. Alors, puisque nous faisons face aujourd’hui à des défis, qui s’appellent l’usure de manuscrits par le temps ainsi que par des intempéries, nous avons fait un appel sous-régional à travers cette expertise de nos frères du Mali, afin de nous aider, non seulement à identifier l’ensemble des manuscrits dans notre pays, à les révéler, mais aussi à mettre en place un processus qui vise leur préservation et leur protection ».

Au cours de son intervention, Dr Abdel Kader Haidaira, président de l’ONG SAVAMA DCI, a suggéré de « tout faire pour attirer l’attention des détenteurs des manuscrits. Leur montrer que ces manuscrits ne sont importants que lorsqu’on les lit ou les exploite. Mais, tant qu’ils resteront cachés, ils ne serviront à rien. Parce que les érudits qui les ont écrits, c’était pour partager leurs connaissances avec les autres. Donc, il est nécessaire de passer à la sensibilisation auprès des détenteurs des manuscrits ».

Prenant la parole pour présenter Dr Abdel Kader Haidara, Pr Djibril Tamsir Niane, a de son côté salué son engagement dans la lutte pour la conversation des manuscrits en Afrique de l’Ouest. Parmi les nombreuses actions de ce dernier, l’historien signalera qu’ « il a été initiateur et coordinateur principal des opérations secrètes de l’évacuation des manuscrits de Tombouctou à Bamako lors de l’occupation anarchique des groupes armés djihadistes. Voilà un titre qui est particulièrement important. Donc, nous sommes devant un monsieur qui a sauvé les manuscrits de Tombouctou qui représentent un trésor inestimable non seulement pour l’Afrique mais pour l’humanité. »

Interrogé au sortir de ladite rencontre, Dr Banzoumana Traoré, gestionnaire du patrimoine historique et des archives et coordinateur de l’ONG SAVANA DCI, a rappelé que « nous sommes là ce matin pour présenter le cas particulier des manuscrits de Tombouctou et parler de ceux de la Guinée. Il s’agit aussi de ressortir des pistes de solutions que nous devons mener pour pouvoir collecter et conserver les manuscrits de la Guinée comme nous l’avons fait au Mali. Donc, il faudra passer par des séries de sensibilisations auprès de la population, parce que les gens sont réticents, vu qu’ils pensent que ce sont des secrets familiaux qui se trouvent dans ces manuscrits. Or, ce sont des connaissances ; des trésors. Alors, il faudra que vraiment nous fassions des projets permettant de faire une prospection, pour identifier les endroits où se trouvent les manuscrits ; procéder à leur collecte et ensuite à leur inventaire. Et puis, approfondir les travaux en faisant leur catalogue, pour les mettre au service des chercheurs, afin d’utiliser leur contenu et les mettre au service du monde scientifique. »

Il faut rappeler que c’est dans le cadre du projet de la réhabilitation de la Bibliothèque Djibril Tamsir Niane et dans le sillage de l’événement culturel Conakry Capitale mondial du livre-2017 (CCML) que cette rencontre a eu lieu. Une occasion qui a été saisie par le ministre de la Culture, Siaka Barry, pour élever Dr Abdel Kader Haidara au rang d’ambassadeur de Conakry Capitale Mondiale du Livre 2017.

Ismaël Sylla pour Guinee7.com

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