Diakaria Koulibaly

La Guinée connaît  une pénurie d’essence  depuis la dernière semaine du mois de janvier dernier. Pour en savoir plus sur les facteurs explicatifs de cette crise, notre rédaction a rencontré Monsieur Diakaria Koulibaly, Directeur Général de l’Office National des Pétroles (ONAP)…

Notre pays connaît  une pénurie d’essence  depuis près d’une semaine, quelles sont les causes justificatives de cette crise ?

Deux facteurs  expliquent cette situation de pénurie d’essence dans le pays :

Le premier est le retard accusé par le fournisseur Sahara en contrat de fourniture du carburant avec notre pays dans l’acheminement de la deuxième cargaison du mois de janvier 2017.

Le deuxième est la panne mécanique enregistrée au dépôt principal de Conakry ayant entraîné un arrêt des activités de  chargements des camions citernes courants des journées du vendredi, Samedi de la dernière semaine du mois de janvier.

En tant que tutelle du secteur pétrolier,  quelles ont été les dispositions prises par votre structure face à  l’annonce faite par le fournisseur de ne pas pouvoir respecter la fourchette de livraison?

Le contrat dispose que le fournisseur prévienne dans un délai raisonnable le comité d’importation de la survenance des cas de force majeure qui pourraient l’empêcher de respecter la fourchette de livraison.

Lorsque nous avons été notifiés par ce dernier  de son incapacité de respecter ce délai pour des soucis opérationnels enregistrés au port de chargements du bateau à Amsterdam, nous avons convié les acteurs concernés à une réunion afin d’apprécier le niveau du stock et l’impact de cet ajournement de délai sur la disponibilité du carburant dans le pays.

Il est ressorti de cette appréciation que nous étions confortables en stock de gasoil, capacités de stockage de ce produit aidant et que celui de l’essence était à un niveau  assez bas qui nécessitait qu’une  décision de rationalisation soit prise pour éviter de plonger le pays dans une situation inconfortable.

Cette rationalisation s’est traduite par une réduction du débit journalier du dépôt en essence  entraînant un flux tendu de stock dans les stations-services préférant ainsi la pénurie à la rupture complète de ce produit dans le pays.

Comment expliquez-vous l’apport de la panne mécanique comme facteur aggravant dans cette situation?

La conséquence de la panne mécanique a été l’arrêt des opérations de chargements courant des journées du vendredi et samedi comme indiqué plus haut.

Cela est survenu dans un contexte où les stations-services étaient approvisionnées au minimum incompressible corolaire du retard du bateau et de la décision de rationalisation du stock.

Avec l’inactivité donc du dépôt le vendredi, Samedi, les stations-services ont roulé sur les quantités livrées à la veille c’est à dire le jeudi de sorte qu’à l’ouverture le lundi, elles étaient pour la plupart tendues ou en rupture de produits.

Pourquoi vous n’avez pas porté l’information du retard du bateau à la connaissance des consommateurs aussitôt que vous ayez été informé par le fournisseur?

Le carburant est stratégique et ne se gère pas comme la météo en termes d’informations.

Dans la communication météo, lorsque vous annoncez la pluie à la veille, vous ne créez pas  de panique, simplement le lendemain, les usagers de l’information prendront des précautions pour sortir avec leurs parapluies ou d’autres équipements appropriés à cet effet.

Vous aboutissez donc à un résultat en harmonie avec  vos attentes.

En revanche , lorsque vous annoncez dans un souci de partage d’informations le retard du bateau  avec pour conséquence affichée la pénurie où la rupture , vous créez involontairement un état de psychose qui impacte l’attitude du consommateur qui revoit de facto son modèle de consommation en maximisant au mieux son  approvisionnement pour se prémunir contre toute éventualité de rupture , sans compter les incitations à la spéculation qui pourraient en découler .

L’interférence de ces facteurs concourt malheureusement à dérégler le plan de rationalisation et aboutit à un assèchement plus rapide du stock vous confrontant ainsi à un effet d’annonce autre qu’escompté.

À ce jour jour, quelle est l’assurance que vous donnez aux consommateurs?

D’abord partager leur peine en cette situation difficile indépendant de notre volonté, mais également les assurer que le bateau est finalement là depuis le 2 février avec à son bord une quantité suffisante et que toutes les dispositions sont prises pour accélérer les chargements des camions citernes afin de résorber dans les meilleurs délais la pénurie aussi bien à Conakry que dans nos villes de l’intérieur.

Source : Mediaguinee

 

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