Quand le Général Sékouba Konaté alias El Tigre, appelle la presse pour balancer des noms de personnes -le plus souvent proches de lui- à qui il donne des rôles dans le massacre du 28 septembre, on croit qu’il est en train de dévoiler les secrets de la fameuse liste qu’il disait avoir déposée, en 2014, sur la table de FatouBensouda, procureure de la CPI. C’était une façon pour le Tigre de griffer la justice guinéenne qui, à ses yeux, avançait, à l’époque, à pas de tortue dans le dossier du massacre du 28 septembre.

Les noms qu’il fait probablement fuiter de sa fameuse liste dans la presse ne sont pas forcément coupables. Mais qu’ils soient donnés par le no2 de fait du CNDD, de surcroit ministre de la Défense, bien qu’il était physiquement absent de Conakry le jour des faits, met de nouveaux ingrédients dans la sauce bouillante du massacre qui, selon des ONG, a fait environ 150 morts. Quitte aux accusés de se défendre eux aussi dans la presse –où ils ont été cités. En attendant la justice.

Mais ne supportant apparemment pas la défense des personnes qu’il a accusées, le Général qui évolue aujourd’hui dans la diplomatie militaire, revient à la charge en disculpant ceux qui ont été moins virulents dans leurs répliques et enfoncer les plus durs. Comme si l’affaire devait être personnalisée…

Pour tout dire, Sékouba en se vantant de grandir dans un quartier huppé de Conakry avec les fils d’anciens dignitaires et Baïdy dans un quartier défavorisé, ôte à sa démarche le caractère sérieux et surtout jette le débat dans des caniveaux et risque de le dévoyer.

En vérité, la question du massacre du 28 septembre mérite des échanges de bien meilleur niveau et devrait être traité avec un sérieux équivalent à la douleur que toutes ces personnes et toutes ces familles continuent d’éprouver rien qu’en pensant à ce jour noir.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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