Mohamed Lamine Doumbouya, ministre du Budget

Pour doter la direction nationale des Impôts de matériels roulants, les services du ministère du Budget ont fait une commission restreinte, pour passer à l’entreprise SOGIPS-SARL un marché d’achat de cinq (5) 4X4 à plus de 5 milliards de GNF ! La procédure d’achat des véhicules lancée, le ministre du Budget signe la commande adressée aux services de Contrôle des Grands projets qui acceptent, le 15 novembre 2016, la requête en donnant un ‘‘avis de non objection sur les conclusions de la commission’’.

Mais acheter un véhicule 4X4 à plus d’un milliard est plus qu’une surfacturation. C’est surréaliste. Et pourtant, l’ACGP (Administration et contrôle des grands projets et des marchés publics) laisse passer.

Et comme le contrôleur (ACGP) écrit au ministre du Budget pour lui signifier la régularité de l’opération, celui-ci écrit à l’entreprise pour passer la commande. Mais jusque-là, c’est un projet d’achat. Pour qu’il y ait décaissement, il faut la signature de la ministre des Finances qui engage l’Etat.

Entretemps, nous dit-on, le président Alpha Condé apprend que les excès se font dans les achats. Il donne l’ordre de surseoir à tous les achats de véhicules, pour rationaliser les ressources. Non sans auparavant remonter les bretelles à certains ministres.

Est-ce cette injonction du président qui a fait reculer le ministre du Budget ?  Notre enquête ne nous a pas permis de répondre à cette question. Toujours est-il que le 7 mars dernier, le ministre du Budget, Mohamed Lamine Doumbouya, écrit à l’ACGP pour interrompre la procédure d’achat de véhicules en faveur de la Direction nationale des impôts. Pour ‘‘désaccord sur le niveau de prix proposé par le fournisseur, manifestement au-dessus de celui du marché’’, lit-on dans cette lettre que nous avons pu consulter.

Que ce soit l’ACGP qui ait interrompu la procédure, comme le dit la rumeur, relève manifestement d’une supercherie.

Le ministère du Budget et l’ACGP se rejettent d’ailleurs, l’un l’autre, la responsabilité dans cette affaire qui, au grand bénéfice de nos caisses, n’a heureusement pas abouti.

Si l’ACGP affirme, sans donner les preuves que c’est elle qui a découvert le pot-aux-roses et y a mis fin, au ministère du Budget, par contre, on indique que chaque service de l’Administration publique a un rôle bien défini. Celui du contrôle relevant de l’ACGP. D’ailleurs, révèle-t-on, ‘‘le ministre, par le passé, a sanctionné en changeant celui qui s’occupe de passer les marchés’’.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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