Marc Yombouno, ministre du commerce

Invité de l’émission « Oeil de Lynx », le ministre du Commerce a dévoilé la stratégie de son Département à l’occasion de ce mois saint du ramadan. Marc Yombouno a appelé à la conscience personnelle des opérateurs à travailler dans un commerce équitable, pour éviter les spéculations pendant ce mois  de ramadan. C’est toujours la même rengaine quand le ramadan approche, et malheureusement aucune baisse des prix n’est constatée sur les marchés du pays.

M. le ministre, c’est quoi la politique commerciale de la Guinée ?

« Avant de parler la politique commerciale, je vous dirai que le ministère du Commerce, le département en charge de la mise en œuvre de la politique commerciale du gouvernement en ce sens que nous sommes dans nos attributions régaliennes de faire en sorte qu’il y ait une fourniture normale du pays en produits alimentaires. Mais aussi en d’autres produits de qualité. Nous faisons en sorte aussi  que le commerce soit un élément intégrateur de notre économie nationale.

Nous sommes aussi un département qui est chargé de réglementer et de suivre toutes les opérations, toutes les activités commerciales dans notre pays. Nous sommes aussi le département qui est en charge de la négociation et le suivi et la mise en œuvre des conventions des protocoles dans le domaine de commerce et des échanges   dans tout simplement la facilitation des échanges, au niveau régional,  et  au niveau africain.

Ce qui y a lieu de dire, nous sommes un département transversal qui travaille avec tous les autres départements. Le résultat final, c’est de faire en sorte que la population guinéenne soit servie vraiment en produits et en services de qualité.

Je suis venu ici pour communiquer,  échanger à travers vous avec l’ensemble de la population guinéenne sur les mesures que  nous avons prises en commun accord avec les opérateurs économiques pour la bonne gestion du mois de ramadan et de la période de soudure. On peut rester dans nos quatre murs tenir des réunions mais si l’information n’est pas partagée divulguée, il va s’en dire qu’il y aura des zones d’ombres où les opérateurs ou bien  certains usagers de nos marchés ne pourront pas entrer vraiment dans ce qui a été décidé et donc ils ne seront pas exécutants de ce qui a été dit.

Donc je reviens pour dire qu’à travers votre média, le message sera largement partagé. Je suis ouvert à toutes les questions dans ce sens que  je suis un ministre de la République qui travaille pour la population. »

Vous avez rencontré les opérateurs économiques. Quelles ont  été les retombées ?

« A la veille de chaque mois de ramadan et de la période de soudure, ce n’est pas la première fois, depuis que je suis dans le ministère du Commerce en 2014. Nous tenons des rencontres pour discuter avec l’ensemble des opérateurs. Les acteurs du secteur privés pour d’abord échanger sur leurs préoccupations mais surtout s’entendre sur certains impératifs et pour la bonne gestion de ces périodes-là. Et cette année, je reviens là-dessus. Nous avons tenu deux rencontres.

La première rencontre, ce fut d’abord avec les gros importateurs de denrées de première nécessité. Il y a des denrées, certains produits comme la cigarette, le vin  ne sont pas des produits de première nécessité, mais le riz brisure 25%, le riz blanc communément appelé ainsi, le sucre, le lait, l’oignon, la viande et autres sont des produit classés en Guinée comme des produits de première nécessité. Donc nous avons discuté avec ces opérateurs au début pour d’abord connaître la disponibilité au niveau des stocks, se rassurer que nous avons suffisamment des denrées de première nécessité pouvant nous permettre de juguler la demande ou bien d’absorber la demande pendant cette période-là.

La deuxième rencontre, c’est connaître les perspectives en termes d’importation, voir aussi  si avec l’avenir la réalisation de cette prévision d’exportation, on pourrait aussi juguler vraiment les besoins en termes de  consommation pendant ce mois de ramadan et aussi les deux mois qui vont suivre et qui constituent  la période de soudure. Et donc, nous avons été agréablement surpris de connaître que les disponibilités sont là en ces termes que  nous avons eu tous les chiffres et toutes les données, opérateur par opérateur et l’assurance a été donnée aussi à travers les chiffres liés aux perspectives d’importations.

Maintenant, nous allons tenir une grande réunion avec l’ensemble des opérateurs, c’est-à-dire des importateurs, des grossistes, des détaillants et de demi grossistes et aussi la société civile, les associations des consommateurs, les syndicats, les transporteurs et autres pour partager les informations recueillies à travers ces gros importateurs. Et ces gros importateurs ont participé à cette rencontre. Ils ont eux-mêmes rassuré l’ensemble de la population guinéenne de la disponibilité  pour cette période des denrées de première nécessité.

Ils ont rassuré la population le fait qu’à leur niveau, il n’y aura aucune augmentation de prix et la rencontre a pris fin par l’engagement de tous les acteurs de ne pas augmenter les prix. Donc, on s’est convenu sur la stabilisation des prix. Il y en a même qui ont dit que  les produits comme le sucre certainement le prix aux consommateurs va baisser. »

Qu’est-ce que vous disposez d’une politique pour assurer que ces promesses se sont matérialisées en terme clair dans les marchés ?

« Nous avons travaillé sur la disponibilité de ces produits.   Ça c’est un fait réel à la suite comme outil de contrôle. Nous avons demandé à ces importateurs de nous donner les listes de tous les distributeurs dans l’ensemble du pays c’est-à-dire de Conakry et à l’intérieur du pays. Les listes nous ont été fournies, donc à travers elles, nos services de contrôle  d’inspection vont suivre les structures des prix dans  l’ensemble du pays. On aura le coût de revient et la masse bénéficiaire qui est connue et on pourra demander à chaque opérateur de ne pas aller dans la spéculation.

Ce qu’il y a lieu de noter dans ce sens, il faut se rappeler que nous sommes dans une économie de marché où la concurrence loyale est permise. Où vraiment la fixation des prix ne revient plus à l’Etat. Depuis le discours programme du feu général Lansana Conté en 1985. La Guinée a opté pour une économie libérale.

Il n’y a que le pétrole qui a son prix homologué et le riz brisure  25% qu’on appelle le riz blanc sur lequel l’Etat accepte de perdre en terme de taxe et sur lequel riz nous avons la douane à appliquer une mesure mercuriale pour faire en sorte que ça devient moins cher dans la taxation aux opérateurs et quitte après aux opérateurs de prendre des engagements à ne pas dépasser un certain seuil.

Mais les autres produits même le riz appelé, le riz parfumé avec lequel on fait le riz gras, le riz américain ou bien d’autres riz indiens étuvé ou les opérateurs payent 100%,  cette mesure n’est pas appliquée.

Deuxième aspect du travail du ministère du Commerce, c’est de sensibiliser, de faire en sorte que tous les acteurs prennent conscience de travailler dans un commerce équitable, de ne pas aller à la spéculation. C’est la politique sur laquelle nous jouons. Donc, le produit homologué, c’est le carburant et le riz brisure 25% dont le seuil ne doit pas dépasser à un certain niveau. Mais les autres nous en appelons à la conscience, à la responsabilité et avec les outils de contrôle que nous disposons voir comment les gens ne dépassent pas le seuil pour aller à la spéculation. »

Est-ce qu’il y a des mesures d’exonérations qui sont prévues pour ce mois de ramadan pour tous ceux qui importent le riz, le sucre, l’oignon et le lait ? Puisqu’il y a eu des importations bien avant le ramadan.  

« Il y a eu des importations et à l’entame de mon propos, je vous ai dit que ces importations aujourd’hui que nous vous rassurons que la disponibilité est là donc il y a pas lieu de spéculer. Le stock existant a été acheté à un prix avant le mois de ramadan, ce n’est pas normal que les gens profitent du ramadan pour augmenter c’est-à-dire ils appliquent le principe de l’offre et de la demande. Une fois que l’offre est inférieure ou bien la demande augmente, ils augmentent. Généralement, ce qui se fait par certains de nos concitoyens, une fois qu’il a l’habitude de vendre un article au mois de ramadan il en vend cinq même si son coût n’a pas changé, il augmente sa marge bénéficiaire. Ça c’est de la spéculation, ce n’est pas du commerce équitable.

C’est pourquoi la conscience personnelle de l’opérateur est sollicitée. C’est ce qui n’est pas souvent le cas. Quand vous allez dans beaucoup de pays où la population est à majorité musulmane, chez les pays arabes et autres, ce sont les commerçants eux-mêmes qui décident de baisser les prix. »

Mais aujourd’hui, M. le ministre, les commerçants à travers le président du GOHA,  pointent du doigt aussi les politiques de taxation en vigueur au port autonome de Conakry. Pour sortir un conteneur, ça coûte les yeux de la tête.  Selon eux, c’est ce qui fait qu’eux aussi, ils sont obligés d’ajuster pour ne pas perdre parce que de toutes les façons, ils ne sont  pas des organisations caritatives, ils cherchent du bénéfice aussi pour survivre ?

« Je ne dis pas le contraire, j’ai commencé par évoquer la mission ou bien les attributions du ministère du Commerce. Le ministère du Commerce facilite les échanges, fait en sorte que des produits soient à suffisance sur l’ensemble du territoire national en quantité et des produits de qualité. Le ministre du Commerce n’est pas le département chargé d’appliquer la politique de fixer de taxe. Quand même nous ne sommes pas chargés du fisc, nous ne sommes pas un département de fiscalité. Nous travaillons avec l’ensemble de ces départements pour faire en sorte qu’il n’y ait pas des entraves au commerce. Je ne répondrais pas à cette question. Je crois que dans l’ensemble, si vous voulez avoir une certaine cohésion et pour faire une idée de toute cette stratégie liée au tour de la structure de prix, je crois qu’il vous conviendra de négocier avec ces services de la douane. »

Est-ce qu’il y avait des ouvertures possibles pour le ministère du Commerce par exemple approcher le ministère des Finances voir dans quelle mesure, peut-on alléger  la tâche aux importateurs afin que vous aussi vous puissiez développer une politique qui ne s’arrête pas seulement qu’au riz blanc et au Carburant. Mais plutôt,  une politique globale que vous balisez parce que vous avez déjà réussi à débloquer une situation au port.          

« Il faut noter que nous avons souvent des rencontres, même ces rencontres avec ces opérateurs nous partageons les informations recueillies, nous remontons les informations. Il revient maintenant ou à ces services ou à ces départements de voir aussi dans une synergie d’alléger le panier de la ménagère.

Pendant ces rencontres, l’une des préoccupations aussi remontée,  c’est la question de la devise, l’appréciation du dollar par rapport à notre monnaie parce que les achats à l’international, les nouveaux importateurs achètent les nouveaux produit en dollars. Et vous savez que la valeur du dollar en 2015 et aujourd’hui par rapport à notre monnaie a changé. Nous étions en 2015, 100 dollars vous déboursiez en ce moment 700 mille,

Aujourd’hui, c’est 900 mille GNF. Donc la population doit comprendre ce facteur-là qui rentre dans la structure des prix. »

Alors en matière de protection des populations contre les produits périmés  des substances par fois   s’insurgeaient dans les huiles et autres aliments qui sont souvent injectés dans les marchés. Qu’est ce qui est fait ?

« Pour cette question, je crois que dans ce domaine, nous avons beaucoup évolué. Il vous souviendra que depuis 2014, on a pris des mesures sérieuses qui ont été appliquées. Vous avez vu des milliers de tonnes, des farines par exemple qui étaient destinées à l’alimentation. Ces produits ont été extirpés de nos  marchés, des magasins et qui ont été brulés. On a invité toute la presse à assister pour que l’exemple soit donné. C’est ce qui nous a même amené à signer un protocole de collaboration avec des services spéciaux du colonel Thiegoro, parce que nous  nous sommes un département de service, nous ne sommes pas un département répressif. Mais avec l’ampleur de ce fléau, on était obligé de s’entourer de ce protocole pour agir ensemble avec le service de répression pour nous permettre de déceler et de détruire vraiment cette activité qui s’est développait. Ainsi que le riz périmé, des quantités énormes aujourd’hui il faut s’en féliciter.

Nous n’avons pas éradiqué tout le fléau mais il y a quand même une évolution. Et le marché qui s’appelait avaria après plusieurs opérations d’abord qui ont commencé par la sensibilisation des femmes, ces femmes ont elle-même pris conscience de l’ampleur, sont décidés de travailler avec nous. Elles ont décidé de changer le nom du marché en mettant  marché  changement. Elles-mêmes au bout de cette opération de sensibilisation, nous ont ressorti plus de 400 cartons de jus périmés  qui tournaient dans le marché. »

Mais comment peut-on imaginer que des produits périmés passent les frontières et se retrouvent dans nos marchés alors qu’il y a des services spécialisés ?

« Il y a plusieurs facteurs. Il y a des produits qui rentrent alors que la date de péremption approche avant  le processus de fin  de leur vente, ils sont périmés. Il y a des produits qui rentrent aussi avec la mévente, la période de péremption arrive. Il y a des produits bien que la date de péremption n’étant pas arrivé ; ces produits soient mal conservés dans les liés inappropriés. Donc tous ces produits, nos services de contrôle de qualité passent pour les détecter. Votre question aussi nous en appelle aussi à la collaboration parce que vous l’avez dit, ces produits rentrent quelque part.

Nous sommes en train de travailler actuellement sur cet outil législatif pour qu’il ait un décret qui autorise la mise au marché des produits comme dans les autres pays. Aucun produit ne pourrait rentrer sans le seuil du ministre du Commerce. »

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo (Le Démocrate)                            

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