Il y a quelques mois encore, le réseau routier guinéen connaissait son état le plus critique depuis plusieurs années.

Le triste constat à Conakry et à l’intérieur du pays

Les voiries urbaines de la capitale Conakry, donnaient le tournis aux automobilistes et agaçaient les populations. Se déplacer d’une commune à une autre, ou d’un quartier à un autre, relevait d’un parcours de combattant. Les engins roulants s’aventuraient sur des tronçons dont des parties entières formaient un enchevêtrement de nids d’éléphants. Les deux corniches de Conakry, étaient emblématiques de cet état de catastrophe routière. Conséquence, des bouchons inextricables compliquaient davantage la circulation routière. Suscitant ainsi désolation, tristesse et colère chez les citoyens.

Le calvaire se faisait plus dur encore pour ceux qui s’aventuraient à l’intérieur du pays. La route Conakry-Mamou, soit quelques 417 Km, qu’un automobiliste habile pouvait avaler en quatre heures, n’était plus qu’une descente aux enfers. Parmi les routes nationales les plus pratiquées du pays, quitter Conakry pour joindre Mamou durait une éternité. Tant les engins roulants et leurs occupants arrivaient tout éprouvés à bon port. L’étroitesse d’une telle route conjuguée à sa dégradation avancée, provoquait des accidents fréquents.

Et vint le remède de cheval

Face à l’exaspération générale, il fallait agir, et surtout parer au plus pressé, afin de contenir et dissiper la colère des populations guinéennes.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Le Gouvernement guinéen à travers le Ministère des Travaux Publics, a pris les trous, plutôt le taureau par les cornes. A Conakry, des chantiers sont ouverts dans de nombreux quartiers dont les routes étaient truffées de points noirs. Les voiries éventrées disparaissent  petit à petit au profit de couches de bitumes fraichement étalées. Dans certaines parties de la capitale, on ne s’est pas contenté que de boucher des trous ou ravaler des nids de poule. Des kilomètres de bitumes ont remplacé le vieux goudron. Les corniches nord et sud de Conakry, sont plus fringantes aujourd’hui, parce qu’ayant fait l’objet de travaux approfondis d’entretien et de restauration.

Quant aux routes nationales en souffrance, des travaux d’entretien poussés y sont pratiqués. La route Conakry-Kindia-Mamou, reprend progressivement du poil de la bête. Il en est ainsi de la route Mamou-Dalaba-Pita-Labé, où les voyageurs notent que des engins d’ingénierie s’activent pour rendre ce parcours plus facile.

Grâce à un programme d’urgence sans précédent…

Mais, comment ce remède de cheval a-t-il été trouvé ?

Il symbolise à lui tout seul ce que la Guinée recèle de compétences dans sa diaspora. Et le pays s’en rend compte depuis qu’il occupe le poste de Secrétaire Général du Ministère des Travaux Publics. Kadiata Mamoudou Kaba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, considéré aujourd’hui, comme l’un des  pourvoyeurs des idéaux du Président de la république dans le domaine des infrastructures routières de notre pays. Pourtant, il n’y est que depuis juin 2016. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », nous prévenait le penseur.

En moins d’une année d’exercice aux Travaux publics, ce diplômé en génie civil de l’Ecole Polytechnique de Varsovie (1997), a carrément sorti le grand jeu. Car, si les routes du pays connaissent aujourd’hui un meilleur état qu’il y a quelques mois, c’est son génie qui est passé par-là avec l’appui institutionnel de sa Ministre. En fait, c’est le ‘’Monsieur Programme d’urgence routière’’ du Ministère des Travaux Publics. Il s’agit de ce programme que Kadiata Mamoudou Kaba, vu ce piteux état des routes principales de la capitale et du reste du pays, a imaginé et mis en place pour soulager les usagers qui n’en pouvaient plus d’affronter le calvaire quotidien. L’opération, d’ailleurs en cours d’exécution, consistait en une intervention en urgence, rapide et efficace, pour redonner une meilleure santé aux voiries urbaines de Conakry et aux routes nationales qui agacent les usagers.

Trois critères pour traquer les mauvaises routes…

Son Programme, ce titulaire d’un DES en Economie à l’Ecole Commerciale de Varsovie (2003), l’a bâti sur des critères pertinents : le niveau de dégradation des routes, l’importance de la route dans l’économie nationale et le degré de fréquentation des routes. Et le tour est joué. Puisque, la consistance et la densité du programme d’urgence concocté sous la férule de cet éminent membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec au Canada, séduira rapidement le président Alpha Condé. Soucieux de l’amélioration de nos infrastructures routières, le chef de l’Etat a apporté un soutien indéfectible au programme d’urgence.  Et c’est peu de dire que l’action suit son cours normal. En témoignent les nombreux tronçons de voiries urbaines et de routes nationales, qui ont retrouvé fière allure à travers le pays.

Il faut alors remercier et encourager le Président de la République qui se bat aujourd’hui à tout prix pour faire la promotion des jeunes cadres, dans le souci surtout de motiver ceux qui sont à l’étranger de revenir servir leur patrie, ce qui concourt d’ailleurs à éviter la fuite des cerveaux. Force est de reconnaitre aussi l’esprit d’ouverture du Chef de l’Etat face à la diaspora guinéenne qui a permis à cet ingénieur patriote aux compétences irréprochables d’apporter son savoir-faire pour le développement des infrastructures routières du pays, cela s’appelle leadership gagnant.

L’expérience canadienne au service de la Guinée

En fait, il n’y a rien de surprenant dans les exploits managériaux de Kadiata Mamoudou Kaba. Qui, de 2011 à 2016, a fait bonne figure au Ministère des Transports et des Travaux Publics du Québec au Canada. En effet, ce Guinéen né à Kankan a été expert spécialiste des Grands projets, et géré d’une main experte l’entretien du réseau autoroutier de Montréal au Canada.

Il faut dire que les autorités canadiennes, ont sans doute été impressionnées par le parcours en Pologne de Kadiata Mamoudou Kaba. Dans ce pays où il compléta ses études d’ingénieur, l’actuel Secrétaire Général du Ministère des Travaux Publics, a intégré en 2005, le Comité de Direction de la société multinationale CFE en Pologne, au poste de Directeur d’Exploitation. Ensuite, il se retrouve à devoir gérer des budgets de construction de plus 100 millions de dollars. Une gestion couronnée de succès grâce à ses capacités de négociations, puisqu’il a su développer des relations de confiance avec les clients et divers intervenants. Tout en favorisant, faut-il le souligner, l’embauche de ressources locales dans le cadre de la réalisation de projets. Partage de connaissances, transfert des expertises, et rigueurs  ont donc été les maîtres-mots de sa gestion en Pologne.

La Guinée peut donc compter sur cet avide de savoir qui, en décembre 2010, a d’ailleurs parachevé des cours d’Analyse de Rentabilité des Projets à l’Ecole de Technologie Supérieure de Montréal.

C’est pour dire que rien n’est impossible si et seulement si, les patriotes dévoués à la cause de la nation s’engagent à travailler pour le pays, raison pour laquelle, le plan d’urgence qui était considéré comme une sorte de chimère est une réalité aujourd’hui  qui est entrain de fluidifier la circulation à Conakry. Il faut signaler que beaucoup reste à faire pour nos Infrastructures routières, mais avec l’amour du pays et l’ingéniosité intellectuelle l’espoir est permis.

Mamadou Barry

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