Dans la nuit du jeudi 27 juillet dernier, Ibrahima Béavogui, tirait sa révérence, aux environs de 20 heures à l’hôpital Ignace Deen, après plusieurs semaines de maladie. Par ce décès, la Guinée perd un cadre de renom, un magistrat hyper doué qui a fait valoir ses compétences à tous les niveaux.

Ibrahima Béavogui était un magistrat de haut rang qui a parcouru la Guinée. Il fut instituteur, ancien greffier en chef de la cour suprême, il fut aussi secrétaire général de cette cour, c’est de-là, d’ailleurs, qu’il sera nommé au ministère de la justice comme porte parole en 2011. Durant 6 ans, il sera au service de ce département en répondant à toutes les questions liées à son fonctionnement. Homme simple, humble et véridique, Ibrahima Béavogui était un porte-parole, d’une franchise hors pair. On se souvient tous de ses propos face aux greffiers lors de leur grève en 2016 à Mafanco.

Venu pour une médiation, il n’a pas hésité à reconnaître son échec après le refus de ces derniers d’accepter ses propositions. « Oui je reconnais, j’ai échoué, parce que je pensais avoir affaire à des hommes responsables, mais je vois que c’est le contraire » avait il laissé entendre lorsque la question lui a été posée par un journaliste. Il n’hésitait pas également à reconnaître les tares de la justice notamment l’état des prisons. « Aucune prison guinéenne n’a été construite dans les normes, à part la prison de Kindia, elles sont toutes vétustes et ne répondent plus aux réalités du moment. Seul celui qui a envie de rester en prison peut y rester sinon il est très facile de s’évader » répondait il à cette autre question liée aux évasions massives dans les prisons guinéennes.

Sa dernière sortie dans les grandes gueules

Qui ne se souvient pas de sa sortie dans les Grandes gueules de la radio Espace lorsque la question du flagrant délit s’est posée dans l’affaire Ousmane Gaoual Daillo. Le député, on se souvient avait été arrêté à son domicile pour avoir tenu des propos jugés offensants contre le chef de l’Etat à l’assemblée générale de son parti, un samedi. Après son arrestation le mardi d’après, des juristes comme Mohamed Camara avaient critiqué la procédure déclarant que la flagrance n’était pas établie. La polémique va enfler dans la cité, jusqu’à ce que Monsieur le porte parole du ministère de la justice monte au créneau pour mettre la pendule à l’heure, dans l’émission les Grandes gueules.

Ibrahima Béavogui s’en prendra au juriste avant d’apporter toutes les précisions liées à la notion de flagrant délit qui, pour lui, a été mal définie par Mohamed Camara. C’est après cette sortie que la polémique prendra fin qu’aucune autre contradiction n’avait été apportée à ses propos.

En début d’année 2017, il sera remplacé à son poste de porte parole du ministère de la justice pour être nommé conseiller du ministre Cheick Sako. C’est à ce titre qu’il participait à des activités d’envergure nationale. Il sera désigné par le ministre pour prendre part aux activités du comité de réflexion sur la réconciliation nationale co-présidé par les leaders religieux de Guinée. A ce niveau également, on nous apprend qu’il a joué un rôle important pour la rédaction du document provisoire transmis au chef de l’Etat.

Il faut aussi rappeler que Monsieur Ibrahima Béavogui a été de l’équipe du CNT qui a amendé la constitution, le code électoral et plusieurs autres lois en vigueur dans le pays. Il était aussi chargé de cours de droit dans plusieurs universités publiques et privées du pays, il donnait aussi des cours magistraux dans d’autres pays, à l’université Cheick Enta Diop, par exemple.

« Ringo » était son surnom d’artiste musicien

L’autre facette de l’homme que beaucoup ignoraient, c’est nul doute, son coté artiste, chanteur, compositeur et musicien. Son surnom était RINGO et le témoignage du directeur national des arts, Jean Baptiste Williams, le démontre à suffisance. « Mr Ibrahima Béavogui  » Ringo  » a tiré sa révérence hier à Conakry aux environs de 21h30, décédé des suites de maladie. Altruiste, grand commis de l’État, je m’incline sur la mémoire de mon frère et ami  »Ringo » qui est l’Auteur des chansons à succès comme ( Kpova, Mabeï Lavani, Kulanda, Angbaï, Lameleya, Aniwalaï) de l’Orchestre Camayenne Sofa. Au nom de mes amis du Camayenne Sofa, j’implore la grâce divine et prie pour le repos de son âme. Puisse Dieu l’accueillir dans son Paradis. Amen. »

Un baobab s’écroule ainsi à 65 ans, laissant derrière lui trois enfants (tous des garçons) et une veuve qui sans relâche est restée aux coté de son époux depuis les premières heures de sa maladie jusqu’à la fin. Marie Madeleine Solano est depuis ce décès sous le choc, elle ne cesse de pleurer son défunt mari.

Antoine K.

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