On se rappelle encore, il y a quelques mois, de la promesse faite aux femmes du marché Bonfi par le président Alpha Condé, par rapport à l’occupation des places au sein du nouveau marché construit dans le quartier du même nom. Pendant que plaintes, accusations et négociations vont bon train sur cette distribution, nous avons essayé d’y voir plus clair, en allant voir les personnes concernées, notamment les femmes du marché Bonfi, à travers leur représentante, Mme M’Mah Touré, et M. Sadjaliou Touré, l’administrateur du bloc Briki Momo, que les femmes devraient occuper.

Au cours de la rencontre avec ces femmes installées en bordure de la route secondaire Niger, elles nous ont confié quelques plaintes au sujet du Grand Marché, notamment les difficultés d’accès. Mme M’Mah Touré explique : ‘‘Si vous nous voyez aujourd’hui assises au bord de la route, c’est pour pourvoir nourrir nos familles. Le nouveau marché est un marché privé et c’est par choix que nous avons refusé d’y aller, pour cause d’accès de nos charretiers qui transportent nos bagages ; il y a aussi un problème de passerelle pour nous permettre à nous et aux clients de traverser en toute sécurité. Est-ce que dans ces conditions nous pouvons aller là-bas et risquer de nous faire renverser par une voiture ? D’autre part, ils prennent les gens là-bas par affinité.’’

Ce n’est pas une joie pour nous de nous asseoir en bordure de route, mais que pouvons-nous ?

Aussi, elle lance un appel à l’Etat pour une rénovation du marché public de Bonfi : ‘‘Ce n’est pas une joie pour nous de nous asseoir en bordure de route, mais que pouvons-nous ? Avec ce marché public qui n’est pas réaménagé, les toits y sont très bas, il y a beaucoup de chiens errants, et l’insalubrité y est totale, sans parler des insectes, punaises et autres… Nous lançons un appel au président Alpha Condé, que nous soutenons, pour qu’ils nous aident à la rénovation de ce marché, où nous cherchons de quoi nourrir nos enfants.’’

un doigt accusateur sur le maire de la commune de Matam, Hadja N’Koya

Quant à l’administrateur du Grand Marché, M. Sadjaliou Touré, il nie toute accusation de distribution par affinité et pointe un doigt accusateur sur le maire de la commune de Matam, Hadja N’Koya, qui l’empêcherait de redistribuer les places accordées aux femmes. Il affirme : ‘‘Nous sommes dans ce marché, il y a maintenant une année de cela, suite à la promesse du président de donner 600 places aux femmes du marché Bonfi et des quartiers avoisinants. J’étais chargé de recruter 300 femmes et Madame le Maire aussi 300 femmes. Pour le recrutement de ces 300 femmes qui m’incombait, j’ai laissé le soin aux chefs de quartiers qui connaissent mieux les femmes de m’envoyer des listes, puisque moi je ne les connais pas. S’il y a eu fraude, peut-être que ce sont les chefs de quartiers qui ont demandé de l’argent, sinon moi, je n’ai rien demandé à personne. Donc, c’est sur la base de ces listes que j’ai recruté les femmes. Et Madame le Maire a aussi envoyé des femmes. Le problème, c’est le refus de ces femmes de venir occuper les places qui leur sont destinées ; j’ai donc fait un avis que j’ai fait passer partout et selon lequel, quelle que soit la femme qui ne viendrait pas occuper sa place à partir du 15 juillet, nous allions la remplacer. Mais comme ce jour est tombé sur un samedi, nous avons attendu le lundi 17 juillet pour voir, mais le marché est encore resté vide ; nous avons attendu une semaine pour que l’avis entre en vigueur. Et c’est quand nous avons débuté le remplacement de quelques personnes, et même pas tout le monde, que nous avons appris que Madame le Maire a pris position, en disant ‘’non’’, qu’on n’avait pas le droit d’enlever ces gens, puisque c’est elle qui les avaient envoyées, alors que ces dernières ne viennent pas occuper leurs places au marché et ne veulent pas non plus se faire remplacer. Donc sur ce, nous attendons la délégation de la mairie pour régler le problème et nous entendre sur quelque chose.’’

Les discussions prévues entre la mairie et l’administrateur prévues mercredi 9 août, ont été rejetées à une date ultérieure par le maire de Matam, Hadja N’Koya, pour des raisons personnelles. Wait and see.

Abdou lory Sylla pour Guinee7.com

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