Halimatou Diallo a accompagné son leader d’époux à la dernière assemblée générale ordinaire de l’UFDG, le principal parti de l’opposition guinéenne. Pour faire bonne figure, et surtout pour clouer le bec à ceux qui racontent que, ces derniers temps, ce ne sont pas les grandes amours chez les Diallo… Avec un peu de couacs dans ce qui apparait comme une mise en scène –à voir les images qui circulent, les deux conjoints semblaient juste s’afficher et de ce fait comme ‘‘coincés’’ dans leurs rôles-, Cellou a-t-il vraiment réussi à rassurer l’opinion ?

En attendant, il faut aller au-delà du théâtre et poser cette question qui a fait polémique, suite à la publication des articles sur l’altercation qu’il y aurait eu entre Cellou et sa ‘‘première dame’’ : Doit-on connaitre -ou commenter- la vie privée de nos politiques ?

A priori non ! La vie privée est sacrée. Et comme Michel Rocard le dit, ‘‘l’intimité est un droit fondamental’’. Cependant, doit-on sacrifier sur l’autel de la vie privée, la liberté d’expression ? Sous le sceau du sacro-saint principe de protection de la vie privée, nos hommes politiques font des gaffes et en refont. Oubliant qu’un homme ou une femme d’Etat ne devrait rien cacher : ‘‘Il ou elle a fait don de sa personne aux citoyens pour ne pas risquer de les inquiéter, voire de les berner.’’

La vie privée d’un élu, c’est le cas de Cellou Dalein, concerne d’abord les électeurs. Le comportement du chef de file de l’opposition à l’égard de son épouse est de nature à apporter une contribution à un débat d’intérêt général.  ‘‘Des faits de nature privée peuvent servir à apprécier l’aptitude du dirigeant à exercer des fonctions publiques’’, explique Me Anthony, un avocat parisien.

En un mot ou en mille, Cellou pourrait bien défendre l’émancipation des femmes, s’il reconnait ce droit à son épouse.

Par ailleurs, les hommes politiques, en s’affichant sur les réseaux sociaux ou dans les médias traditionnels avec leurs épouses et enfants, ouvrent de fait leurs chambres à coucher.

Et Roselyne Bachelot, femme politique française de nous conforter dans notre jugement : ‘‘Les citoyens sont en droit de réclamer la vérité sur la vie privée des hommes – et des femmes – politiques qui instrumentalisent certaines valeurs pour faire campagne. Quelqu’un qui, dans le débat public, prône certains comportements – par exemple, encense le mariage ou condamne l’avortement – doit lui-même les respecter. Si cette personne a une maîtresse, elle ne doit pas s’offusquer que l’on en fasse état’’, juge la femme politique et animatrice de télévision.

L’autre cas où, selon elle, les hommes politiques ne doivent pas cacher leur vie privée : s’ils en ont fait un élément de communication politique – en se faisant photographier avec leur femme ou leur mari, avec leurs enfants, leur chien etc. Donner une photo ne suffit pas, il faut alors accepter d’aller jusqu’au bout, par souci d’honnêteté. A fortiori si l’on a soi-même, en toute conscience, livré sa vie privée en pâture. CQFD.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

 

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