M. Ibrahima Kourouma, ministre de l'Enseignement Pré-U

C’était il y a un peu plus d’un an, en mai 2016, au siège du parti au pouvoir. Alpha Condé, le président guinéen, pour parler de son engagement à assainir les comptes publics, prenait l’exemple sur le département de l’Enseignement Pré-universitaire : ‘‘L’année dernière, on a dépensé plus de 70 milliards pour les examens. Les gens trichaient. J’ai envoyé l’inspection d’Etat.  On a économisé 40 milliards ! Ce n’est pas fini. Partout où on a dit avoir construit les écoles, on va aussi vérifier si les écoles sont construites ou pas. Désormais, l’impunité c’est fini.’’

En face de lui ce jour, un certain Ibrahima Kourouma, à l’époque ministre de l’Enseignement pré-universitaire. Beaucoup avaient cru qu’il allait être débarqué le lendemain. Que nenni !

Quelques temps avant, www.guinee7.com avait révélé une affaire pas très saine au niveau du même ministère. L’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) avait constaté qu’un contrat d’acquisition de 2 bus de 40 places de marque Tata, en faveur du ministère avait été surfacturé pour un coût unitaire de 1,3 milliards GNF TTC. La surfacturation portait sur plus d’un milliard GNF !

Les scandales à l’Enseignement pré-universitaire à l’époque de Ibrahima Kourouma sont légion. Son successeur, Ibrahima Kalil Konaté, n’arrête de les dénoncer tacitement.

Celui-ci, dès après les examens de cette année, a annoncé n’avoir dépensé que 49 milliards sur les 80 alloués à son département pour organiser les examens nationaux. Et qu’il retournait la différence pour demander de l’utiliser dans les infrastructures scolaires. Ce qui sous-entend que son prédécesseur, qui a élaboré ce budget, ne suivait pas cette voie de gestion rationnelle de la chose publique.

Pas que ça ! Récemment K², c’est le petit nom de l’actuel ministre, a interdit la ‘‘vente des diplômes’’, en réalité les frais liés à la délivrance de ceux-ci. Avec toutes les réformes qui sont de nature à mettre à nu les manquements de Ibrahima Kourouma, beaucoup pensaient que celui-ci allait être inquiété ces jours-ci.

C’est donc avec étonnement que de nombreux Guinéens ont appris qu’au lieu de lui demander une reddition de ses comptes à la tête du ministère de l’Enseignement pré-U, Ibrahima Kourouma qui, il faut le rappeler, a été limogé suite aux émeutes dans les écoles, il y a environ six mois, a été bombardé ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire.

Ce qui fait un peu désordre, aux yeux de nombreuses personnes qui estiment, par ailleurs, que le retour de Kourouma n’est ni plus ni moins qu’une prime à l’impunité.

Evidemment, le président de la République, unique détenteur du pouvoir discrétionnaire de nommer par décrets, a ses raisons que la raison ignore, même si pour ce qui est du retour au gouvernement de Ibrahima Kourouma, l’unanimité se dégage pour désapprouver cette décision.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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1 commentaire

  1. On voit que K au carré n’est pas tranquille. Il utilise maintenant des journalistes pour dénigrer. Moi je pense le contraire : si Kourouma est à nouveau ministre, c’est qu’on lui reproche rien.

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