Pour mieux ‘‘comprendre le dossier’’, le procureur du jour, Alseny Bah, a demandé le renvoi du procès de l’assassinat du journaliste de guinee7.com, Mohamed Koula Diallo, prévu ce 11 septembre, pour le 25 septembre prochain. Ce qui a été accepté pour le juge.

Au grand dam de la défense qui du coup a demandé sans succès une liberté provisoire pour les prévenus coupables de l’assassinat et de complicité d’assassinat du journaliste.

Nous avons demandé une seconde fois la liberté provisoire de nos clients, c’est des pères de famille, ce sont des garanties suffisantes…

À la sortie de l’audience, représentant le collectif des avocats de la défense, Me Béavogui a indiqué que la décision ‘‘inspire de la révolte, en tant qu’avocats de la défense à assister au maintien en détention de nos clients qui sont innocents dans cette affaire. Cette affaire a été contradictoirement renvoyée au 11 septembre 2017. Nous venons de sortir des vacances judiciaires, d’autres étaient à l’intérieur et d’autres à Conakry. Nous sommes tous là, tous les avocats de la défense se sont fait violence, ont tous abandonné leurs charges pour répondre à ce rendez-vous judiciaire, effectivement aujourd’hui l’affaire a été mise au rôle, mais curieusement, le parquet de Conakry 2, représenté par M. Alseny Bah a sollicité le renvoi de cette affaire au motif qu’il n’a pas la maîtrise de la procédure, au motif que c’est un autre procureur, en la personne de M. Mohamed Samoura qui suit le dossier. Nous avons rétorqué avec violence en disant que le parquet comme nous le savons, ce que nous nous avons appris de la procédure pénale, le parquet est un et indivisible, c’est-à-dire un procureur peut commencer une affaire et un autre la poursuit, cela n’arrête pas les débats, pendant que nos clients sont en train de mourir à petit feu en prison en pleine injustice. Hélas le dossier a été renvoyé, ce qui viole le principe sacro-saint du ministère public, qui est l’unicité et l’interchangeabilité”, s’est-il indigné.

Il ajoute : “Nous avons demandé une seconde fois la liberté provisoire de nos clients, pour la simple et bonne raison, que leurs détentions ne sont plus nécessaires à la manifestation de la vérité, un collectif est constitué, c’est des pères de famille, ce sont des garanties suffisantes. Nous pensions que le tribunal aurait eu le courage d’accéder à cette demande, sans une raison valable, notre demande a été rejetée. Le collectif reste vigilant et nous allons suivre cette procédure, nous pensons que le droit sera dit en fin de compte.”

Souleymane Thianguel Bah, est en fuite et les autres également. Le juge va-t-il prendre le risque de mettre (les deux prévenus) en liberté provisoire ?

Me Emmanuel Bamba, membre du collectif des avocats de la partie civile rappelle quant à lui que : “Dans un procès pénal, il y a trois parties, le ministère public, la défense et la partie civile, chacune des parties à bien le droit de proposer au juge des requêtes. Et c’est le ministère public qui a décidé que pour l’instant en tout cas, il ne se sent pas prêt à poser des procédures, il a sollicité que le tribunal veuille bien accepter de renvoyer cette affaire en quinzaine, ce qui n’est pas contraire à la loi, parce que les dispositions du code de procédure pénale permettent que le juge puisse suspendre, par exemple, les débats dans ce genre de d’osier.“

S’exprimant sur la demande de liberté provisoire pour les prévenus, il explique : “En ce qui concerne la mise en liberté provisoire, vous n’êtes sans doute pas au courant, qu’il y avait cinq accusés, trois sont en fuite dès l’entame de la procédure au niveau de la gendarmerie, M. Souleymane Thianguel Bah, qui est l’un des accusés avait été interpellé, mais il est en fuite et les autres également. Le juge va-t-il prendre le risque de mettre en liberté provisoire, au risque de ne pas les voir la prochaine fois à la barre ? Et mieux les codes de la procédure pénale sont clairs, la mise en liberté provisoire peut être refusée si la détention est l’unique moyen pour conserver les preuves de l’infraction qui a été commise, ou encore pour empêcher que les troubles qui ont été causés lors de la commission de l’infraction ne soit renouvelés. Ou on peut garder l’accusé en détention pour sa propre sécurité. Donc les dispositions des articles 235 et suivant du code de procédure pénale sont claires. Donc le juge ne peut pas prendre le risque de mettre les deux autres en liberté provisoire.“

À rappeler que la victime, Mohamed Koula Diallo, était un journaliste, tué dans l’exercice de son métier, le 5 février 2015 au siège du principal parti de l’opposition, Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).

Les prévenus sont : Amadou Sow et Algassimou Keita, détenus depuis le 15 février 2016, Souleymane Tianguel Bah, Alphadio et Amadou Saidou Diallo, en fuite. Tous accusés d’assassinat, de tentative d’assassinat (sur la personne de Bah Oury), coups et blessures volontaires et complicité.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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