Le Collectif des ONG pour des textes respectueux des droits humains a déployé une mission à Kamsar, pour enquêter sur les manifestations du mois de juin dernier, qui ont coûté la vie à une personne. La présentation de ce rapport a eu lieu ce mardi 19 septembre 2017, au siège de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH), à la Camayenne.

Selon le rapport, à l’issu des évènements, une quinzaine de personnes ont été arrêtées et incarcérées à la prison civile de Boké. Durant sept (07) jours de mission, les enquêteurs ont constaté, à travers des témoignages et des observations, plusieurs cas de violations des droits humains ainsi que des infractions de droit commun.

Les incidents de Kamsar, selon le rapport, ont effectivement donné lieu à plusieurs atteintes à l’intégrité physique et au droit à la vie. Pendant la manifestation, un jeune dénommé Mohamed Conté a perdu la vie, suite à une blessure par tir à balle réelle, selon plusieurs sources concordantes. Par ailleurs, l’hôpital de Kamsar a pris en charge 33 blessés dont 03 civils, 12 policiers et 18 gendarmes, dont un aurait perdu l’usage d’un œil, d’après une source hospitalière. Selon plusieurs témoignages, il y aurait eu d’autres blessés qui n’auraient pas pu bénéficier des soins, par crainte d’être arrêtés par les agents des forces de l’ordre postés devant l’hôpital.

Par ailleurs, le collectif recommande au gouvernement d’ouvrir et de diligenter une enquête judiciaire dans les meilleurs délais, pour arrêter les responsables de la mort du jeune Mohamed, ainsi que les éventuels commanditaires et complices des incidents de Kamsar. Il lui demande de tenir un procès dans les meilleurs délais, afin que les auteurs des infractions commises lors de ces manifestations, répondent de leurs actes devant la justice, pour rétablir les victimes ou leurs parents dans leurs droits.

Aux organisations de la société civile, le Collectif recommande d’assurer quotidiennement leur rôle de veille, de prévention et de gestion des conflits. Il demande aussi de promouvoir le civisme, à travers des séances de causeries éducatives, de sensibilisation et d’information. Il les invite à continuer de documenter les cas de violation des droits de l’homme constatés.

Enfin, aux sociétés minières, il leur est recommandé de publier ce qu’elles payent à l’Etat et à la collectivité, en vertu des obligations de transparence qui leur incombent et conformément aux principes de l’ITIE à laquelle la Guinée est partie. Le Collectif les invite à participer au développement intégré de Kamsar à travers l’investissement dans les secteurs hydroélectrique, environnemental, des travaux publics et de l’éducation pour l’amélioration des conditions de vie de la population locale.

Bhoye Barry pour guinee7.com  

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