Depuis quelques jours, des champions en contorsion sémantique, vouent aux gémonies les propos de M. Malick Sankhon, sur l’Assemblée Nationale. Et commentent, à outrance, d’autres de ses propos. Malheureusement, dans notre pays, la passion prime sur la raison, et le bon sens que Socrate qualifiait pourtant comme étant la chose la mieux partagée, ce sens, dis-je, se raréfie chez nombre de nos compatriotes. Du coup, le lit de la haine prend une grande place dans les cœurs de beaucoup de Guinéens.

D’abord, il est à constater que tous ceux qui se plaisent à interpréter les propos du Directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), ne l’ont pas forcément écouté. Ils se contentent donc des rumeurs ou des « on dit » pour faire  des diatribes linguistiques contre M. Sankhon. C’est là un signe manifeste qu’en Guinée, le libertinage d’expression a supplanté la liberté d’expression. Aidez-moi donc à comprendre le mal ou l’incitation à la haine, qu’il y a dans ces propos de Malick Sankhon, que je paraphrase : « Moi, je suis un homme politique… Je demande la dissolution de l’Assemblée Nationale. Afin d’éviter les dépenses à l’Etat, on va coupler les communales et les législatives de 2018… ». Fin de citation.

Dans l’interprétation d’un discours, la logique voudrait qu’on tienne compte de certains facteurs tels que, les circonstances, l’environnement et le temps. Mais, par mauvaise foi, beaucoup de personnes essayent de vider le message de son contenu. En communication, ce problème est désigné sous le vocable : obstacles. En fait, les obstacles existent dans toutes communications. L’objectif de cette plume, cette tribune, est de faire comprendre à certains compatriotes les difficultés liées à la compréhension d’un discours.

Ainsi, les obstacles en communication sont au nombre de trois, à savoir : sémantique, technique et pragmatique. Dans ce cas de figure, nous nous intéresserons seulement aux obstacles d’ordre sémantique.

Pour qu’un discours soit efficace, il faut que ses messages ne subissent pas de distorsions excessives. Les obstacles sémantiques sont identifiés comme des difficultés parfois inhérentes à la transmission et la réception du sens des informations. On observera aussi que la capacité sémantique dans la communication, est fonction des caractéristiques personnelles des interlocuteurs. Lorsqu’on partage les mêmes caractéristiques, la capacité sémantique est relevée. Les obstacles dépendent généralement des contraintes liées à notre manière de symboliser, de penser. Ils affectent, en ce sens, le discours à travers :

  • L’abstraction qui réduit une masse d’informations complexes en unités simples et faciles, ce qui rend toujours l’information incomplète ;
  • La réification qui consiste dans le fait que les interlocuteurs pensent que le sens des messages réside dans les mots. On risque de ce fait d’avoir tendance à choisir les mots pour partager le sens d’un message, comme c’est le cas de M. Malick Sankhon ;
  • La tendance à évaluer, qui consiste à confondre les faits avec les jugements de valeur. On finit alors par faire passer des inférences (préjugés) subjectives au détriment des faits réels.

Ainsi, il est nécessaire de prendre en compte le facteur intangible dans l’interprétation qui renvoie aux problèmes liés à la perception.  Celle-ci peut être définie comme le processus par lequel l’individu choisit, organise et définit le stimulus sensoriel en images, sensées et cohérentes de la réalité, et qui l’aide à interpréter cette réalité. Les conséquences donc de la perception sur le discours se traduisent par des effets suivants :

  • Les stéréotypes qui sont des catégories cognitives limitées, assimilées. Ils provoquent chez l’individu des réponses automatiques, des réactions rigides, ne favorisant pas la compréhension ;
  • La distorsion constitue un effet de sélection ; c’est ce qui fait qu’un message n’est pas interprété ou reconstruit de la même façon par deux personnes.

A travers ces précisions, j’estime avoir aidé à éclairer la lanterne de certains Guinéens, les invitant ainsi à ne pas confondre nos sentiments personnels, nos idées préconçues aux réalités. Autrement dit, ceci est un appel à ne pas confondre nos opinions aux opinions des autres.

Laye Mamadi Condé Consultant en Communication

 

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