L’assassinat le 29 octobre à Sagalé de Chérif Ibrahim, frère du vénérable érudit Chérif Mazid est un acte horrible et grave. Cette petite bourgade perchée dans les hauteurs de la préfecture de Lélouma au cœur du Fouta est un lieu de pèlerinage et de méditation pour des milliers de croyants. Haut lieu d’une forte spiritualité et de tolérance religieuse, Sagalé draine chaque année des milliers de pèlerins qui recherchent un réconfort moral dans l’approfondissement de leur connaissance religieuse. Comme Koula, Zavia, Madina Gnanou, Bassarra , Touba, Mbouriah, Timbo et Kankan , Sagalé est un centre d’enseignement religieux de réputation internationale. L’assassinat dans son domicile d’un des représentants de la famille maraboutique des Chérif à Sagalé est à la fois une profanation et une provocation dont les conséquences sont loin d’être réellement cernées. En effet c’est le symbole de la tolérance et des valeurs intrinsèques du Fouta qui est assassiné.

Pour le moment, les mobiles du ou des tueurs ne sont pas élucidés, toutefois ils ont réussi à choquer toute la sous-région.  A cet égard les autorités officielles doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour déterminer le véritable objectif des assassins et que toute la lumière soit faite sur cette tragédie dans les meilleurs délais.

Encore une fois, cet acte prouve que la société guinéenne reste très fragile et des multiples dangers la guette. La propagation de manière récurrente par une petite poignée de « politiciens » de la culture de la haine, de la violence et de la stigmatisation ethnique banalise l’inacceptable et sape les fondements de la république et de l’Etat de droit. La passivité des magistrats notamment des procureurs devant cette frénésie de violence verbale de la part de personnes investies de la parole publique (députés, cadres de mouvements politiques) est liberticide et suicidaire. C’est comme cela que le Mali voisin et la République Centrafricaine ont été plongé insidieusement dans le chaos. Le courage est indispensable pour restaurer l’autorité de l’Etat sans laquelle la cohésion nationale ne sera qu’un vain mot. Souhaitons que l’assassinat de Chérif Ibrahima puisse pousser à les consciences à s’éveiller pour préserver la stabilité de notre pays et de la sous-région. Il n’est pas tard pour agir ! 

BAH Oury

Ancien Ministre

1er Vice-Président de l’UFDG

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