C’est un réel plaisir pour moi de participer à cette Conférence Africaine sur le Diamant en ma double qualité de Ministre des Mines et de la Géologie de la République de Guinée et de Président du conseil des Ministres de l’Association des Pays Africains Producteurs de Diamants (ADPA).

Je tiens à remercier, au nom de la Guinée et des pays membres de l’ADPA, les autorités du Royaume de Belgique, pour l’accueil chaleureux qui a été réservé à nos délégations respectives.

Le secteur du diamant occupe une place prépondérante dans les économies de plusieurs pays africains. L’importance de cette industrie pour l’Afrique a été suffisamment soulignée au cours de cette journée, notamment par l’investissement significatif dans la recherche en Angola et son poids dans les revenus des états comme le Botswana.

Dans les pays où l’exploitation artisanale et à petite échelle du diamant est développée, plusieurs millions de personnes en tirent l’essentiel de leurs revenus.

Mesdames et Messieurs,

L’économie des pays africains producteurs de diamant fait face à la concurrence déloyale des pierres synthétiques qui mettent en péril la survie de l’industrie du diamant, en particulier en Afrique.

C’est pourquoi, il est plus qu’opportun de s’unir dans une synergie d’actions afin d’atténuer leur impact, car plus de la moitié des diamants bruts provient du continent africain. Nous insistons à cet effet sur la nécessité d’œuvrer pour une transparence absolue vis à vis des consommateurs. Ces derniers ont le droit d’être systématiquement et ostensiblement informés de la nature exacte des produits pour qu’ils fassent un choix en toute connaissance de cause entre les diamants et les pierres synthétiques. Pour que chaque produit soit acheté à son juste prix.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais profiter de cette occasion pour féliciter les parties prenantes du Processus de Kimberley. En effet, grâce à aux dispositions pertinentes de ce processus, le monde assiste de nos jours à une meilleure gouvernance du secteur du diamant : la traçabilité et la transparence sont améliorées. Loin de nous l’époque où les diamants dits de sang alimentaient des conflits avec leurs cortèges de malheurs, de misère et de désolation.

Malgré les progrès importants réalisés, des défis restent à relever, dont entre autres :

  • La mise en œuvre de la déclaration de Washington ;
  • Le renforcement de la coopération transfrontalière ;
  • Le renforcement des capacités techniques des évaluateurs nationaux ;
  • Les Échanges périodiques de bonnes pratiques afin de favoriser le partage d’information ;
  • La promotion de la recherche géologique, pour une meilleure connaissance du potentiel géologique et sa valorisation ;
  • Le respect des normes environnementales ;
  • Le développement du contenu local, notamment la mise en place d’activités de création locale de valeur, comme les tailleries et services de polissage ;
  • La création d’une bourse du diamant répondant aux standards internationaux.

La République de Guinée, en tant que pays producteur de diamant, est membre du Processus de Kimberley, de l’Association des pays africains producteurs de diamants (ADPA) et de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), a entrepris, depuis l’élection du Président Alpha Condé en 2010, d’importantes réformes dont :

  • La modernisation du cadastre minier et sa mise en ligne ;
  • La mise en conformité aux normes ITIE ;
  • L’engagement de la réforme de l’exploitation artisanale ;
  • L’adoption d’une politique de contenu local;
  • La création d’un Fond de Développement local alimenté par les exploitations minières.

Mesdames et Messieurs

Au cours de cette journée, il a été reconnu que des progrès notables ont été accomplis par l’industrie du diamant dans l’amélioration de la gouvernance. Cette dynamique doit être maintenue et même renforcée. Il a aussi été reconnu qu’il y a encore des efforts à fournir par les acteurs afin d’assurer le juste partage des bénéfices. Il faut enfin noter la préoccupation des acteurs face à la problématique des pierres synthétiques. Je dis bien pierre synthétique parce que le diamant a ses attributs inaliénables.

Les progrès réalisés par le secteur, les efforts fournis par les pays producteurs, doivent être suffisamment promus pour que cela soit justement récompensé par le marché. C’est pourquoi nous encourageons la campagne Real is Rare qui contribue à l’atteinte de cet objectif.

Pour terminer, je tiens à féliciter AWDC et les participants pour la qualité des débats et l’engagement des uns et des autres pour l’amélioration de l’impact du secteur du diamant sur nos pays et pour le renforcement de la résilience de l’industrie. Nous souhaitons vivement que la prochaine édition de cette conférence soit organisée en Afrique. Nous engagerons des consultations dans ce sens.

Je suis convaincu que les résultats de nos travaux et les recommandations pertinentes émises contribueront dans une large mesure au développement du secteur du diamant qui conditionne l’avenir économique de plusieurs de nos Etats.

Je vous remercie.

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