Les distributeurs clandestins d’images ont fait un sit-in jeudi dernier devant le ministère de la Culture avant de prendre les rues de Kaloum. Pancarte en main, M. Sylla nous dit ce que lui et ses camarades revendiquent.

‘‘Nous sommes les distributeurs d’images câblées en Guinée, mais nous sommes embêtés par Canal+, par Star times, et d’autres opérateurs d’images, ils nous disent que nous sommes des distributeurs clandestins, les pirates, et ce n’est pas vrai. Ce sont des images que nous payons, nous ne recevons pas cela comme ça, mais nous payons avec eux. Ils devaient nous appeler pour qu’on s’assoit et qu’on trouve un consensus ; comment nous allons payer leurs images ? Mais dire que nous sommes des distributeurs clandestins, vraiment le mot là ne colle pas. Nous étions sur la voie de trouver des agréments, des licences. Nous avons rencontré le ministère concerné pour qu’on nous donne des agréments. Nous étions tout récemment en contact avec le BGDA (Bureau Guinéen des Droits d’Auteur, NDLR) et l’ONACIG (Office National du Cinéma Guinéen, NDLR). Ceux-ci nous ont soutenus, ils nous ont même fixés un montant à payer pour avoir les licences. Nous étions sur ça’’, explique M. Sylla.

Que s’est-il passé après ? ‘‘A notre grande surprise, la nuit du mardi au mercredi, il y a eu un raid chez certains distributeurs d’images dans les quartiers, les gendarmes cagoulés à 5h du matin, réveillent les gens dans la brutalité, ramassent les appareils, prennent ces gens-là pour les foutre dedans. Mais heureusement, on a rencontré le ministre de la Culture, il a intervenu, ces gens ont été libérés hier (mercredi 29 novembre, NDLR). Mais aujourd’hui on est venu pour que nos droits soient dits. Là où je vous parle tous les distributeurs de Conakry ont coupé leur réseau. Ils ont tous arrêtés’’, renseigne-t-il.

‘‘Ils ont brutalisé certains, donc nous avons été informés par nos collègues que les gendarmes sont en train de brutaliser les gens dans les quartiers et prennent leurs appareils, donc nous aussi, nous ne pouvons pas rester indifférents’’, insiste-t-il.

Question : M. Sylla si vous vous abonnez pour votre famille et vous distribuez ces images à tout le quartier, vous êtes quand même dans l’illégalité, non ? ‘‘Une bonne question. La distribution d’images câblées en Guinée, a fait combien d’année ? ça fait plus de vingt ans, sous le regard des autorités. Mais c’est dû au manque de moyens du Guinéen, si vous voyez que les autorités ferment les yeux et bouchent les oreilles, c’est parce qu’elles savent qu’il a le manque de travail en Guinée. L’image de Canal-Sat va de 100 mille, 160 mille, 300 mille, voire 600 mille le mois. Vous, vous pouvez avoir 600 mille pour avoir les images ? 310 mille par mois ? Nous, nous servons la pauvre population, nous n’avons pas refusé qu’on nous légalise, mais les moyens ne se sont pas présentés. C’est tout récemment que nous venons d’être invités pour nous dire, que nous voulons que les choses soient en règle. Nous étions sur ça et à notre grande surprise on voit ces bêtises comme ça’’, répond droit dans ses bottes M. Sylla.

Avant de conclure : ‘‘On est venu au ministère de la Culture parce qu’ils disent qu’on est rattaché à ce dernier. Le ministre n’est pas là. Ils sont au Palais, pour les projets de loi, alors on se dirige vers le Palais pour attirer l’attention, parce que tous les ministres sont là-bas, après là-bas, nous irons voir chez le porte-parole du gouvernement, le ministre Damantang.’’

Les distributeurs clandestins devant le ministère de la Culture, ce jeudi 30 novembre

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

 

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