En prélude de la Journée internationale de la lutte contre la corruption, fêtée mondialement tous les 9 décembre, nous avons rencontré, ce mercredi 6 décembre, Sékou Mohamed Sylla, secrétaire exécutif adjoint de l’Agence nationale de lutte contre la corruption (ANLC), qui nous a fait l’état des lieux de la corruption dans notre pays et parlé des préparatifs de la commémoration de la journée internationale.

Où en sommes-nous dans les préparatifs de la journée internationale de lutte contre la corruption en Guinée ?

L’ANLC, en partenariat avec les acteurs étatiques et non étatiques, a amorcé les préparatifs ; nous sommes en phase finale de l’activité, qui est principalement en trois parties : la première doit se tenir à la Maison de la presse, pour échanger un peu avec les médias autour de la loi anticorruption, la loi N° L/041 adoptée le 04 juillet 2017, promulguée le 17 août 2017 et publiée au Journal officiel de la République N° 08 d’août 2017 ; la seconde activité autour également de la loi, nous allons d’abord cette fois-ci élargir aux représentants de nos antennes régionales, l’ANC dispose de sept antennes régionales, et chacune sera représentée pour cet atelier, et un début de vulgarisation qui dorénavant va gérer le processus légal et institutionnel de lutte contre la corruption en République de Guinée ; et ensuite la troisième activité, le 9, en collaboration avec la cellule de communication du gouvernement qui a déjà débuté une activité radiodiffusée interactive qui est d’ailleurs en cours, soit nous faisons le marathon, ou une activité que nous sommes en train de négocier avec la Bluezone de Kaloum. J’aurais souhaité une déclaration magistrale de monsieur le Président, mais son emploi du temps chargé ne lui permet pas de le faire.

Quel est le bilan de la lutte contre la corruption en Guinée ?

L’ANLC existe depuis 2004, la dynamique qu’elle a connue est amorcée seulement par décret le 12 décembre 2012 portant organisation de la présidence la République. Le ministère du Contrôle dont relevait l’ANLC, supprimé, celle-ci a été érigée comme domaine spécialisé de la présidence de la République, directement rattachée au Président de la République. A date, sur le plan législatif, nos démarches ont abouti à l’adoption, la promulgation de la loi portant prévention et répression de la corruption. En plus, les nouveaux codes de procédure pénale et le code pénal disposent de tout un chapitre consacré aux infractions liées à la corruption et pratiques assimilées. Nous amorçons maintenant la phase de rédaction ou de validation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption et le plan d’action, à partir duquel nous allons mobiliser les ressources avec l’Etat et les partenaires de l’Etat pour mettre en œuvre certaines actions de prévention, d’incrimination et de sanction des pratiques de corruption.

Même les médias ne sont pas épargnés, c’est dire que tout le monde est concerné

Quel est l’état des lieux de la corruption en Guinée ?

Ça, on ne vous cache pas. La corruption en Guinée a connu un développement exponentiel, dans tous les compartiments, il y a des pratiques liées à la corruption. Avec la Fondation OSIWA, nous avons réalisé deux études en collaboration avec l’Institut national de la statistique, les résultats ont largement prouvé que la corruption a gagné du terrain ; il n’y a pas de processus de sanction.

Aujourd’hui quels sont les secteurs qui sont le plus touchés par cette corruption ?

Même les médias ne sont pas épargnés, c’est dire que tout le monde est concerné. Chacun de nous a quelque chose à avoir dans la corruption. Et nous prenons conscience du sommet à la base qu’il faut s’en débarrasser.

Quel est votre message à la population ?

Un appel ardent aux citoyens, que tout un chacun réalise la nécessité de s’unir contre la corruption. La lutte contre la corruption est incontournable, il faut que nous fassions front commun, une synergie comme celle déclenchée contre le virus Ebola, est nécessaire. Cependant la corruption est plus vicieuse, plus dangereuse que le virus Ebola. Donc tous unis pour que la corruption baisse d’intensité, à défaut de l’éradiquer.

Propos recueillis par Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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