Conakry, le 13 Décembre 2017 – Ancien Ministre de l’environnement, puis de l’élevage, Monsieur Saran Mady Touré, pédologue de formation, est entré en diplomatie pour œuvrer au raffermissement des liens de coopération entre la Guinée et le Canada.

Bonjour Monsieur l’ambassadeur, merci de nous accorder cet entretien que nous démarrons en sollicitant une brève présentation de votre parcours 

Je suis Saran Mady Touré, Ambassadeur de la République de Guinée au Canada où j’ai présenté mes lettres de créances en 2014, le 16 Décembre précisément mais à ma prise de service, le poste était vacant depuis près de 9 ans. Nous y avions donc trouvé à l’époque pas mal de défis à relever, à l’interne au niveau de la mission elle-même, comme dans nos relations avec le pays d’accueil, en l’occurrence le Canada.

Que sont maintenant les relations diplomatiques entre Ottawa et Conakry ? Quelles ont été les dispositions pour redynamiser les relations dans l’intérêt des deux pays ?

Nos relations étaient à un niveau assez faible, puisque depuis 2005, l’ambassade du Canada en Guinée, avait été fermée pour des raisons liées aux rapports entre nos deux pays mais aussi, pour des questions internes au Canada. Jusqu’à présent cette situation persiste et c’est l’un des défis à relever. Nous avions trouvé un dossier en cours, qui concernait la négociation d’un accord de protection et de promotion entre les deux pays. Nous avons abouti à la signature d’un accord bipartite à Conakry en Avril 2016. Ce succès a ouvert de grandes perspectives à nos relations bilatérales, dans la mesure où les hommes d’affaires des deux côtés de l’Atlantique, Guinée-Canada et vice versa, sont situés et rassurés quant à la protection de leurs avoirs quand ils investissent. Je voudrais d’ailleurs en profiter pour lancer un appel aux hommes d’affaires guinéens, pour les rassurer que désormais, toutes les affaires qu’ils peuvent faire avec le Canada seront protégées par un accord qui engage l’état guinéen, et donc leurs avoirs et biens et tout ce qu’ils investiraient. Nous affirmons également la même chose aux hommes d’affaires canadiens ; l’accord est un instrument juridique extrêmement important pour tous les partenaires de la Guinée. Les relations entre les deux pays sont considérablement ’améliorées, contrairement à ce qu’elles étaient il y a  deux ou trois ans à peine.

En septembre 2016 une importante délégation guinéenne conduite  par le Premier ministre Mamady Youla, avait pris part à la cinquième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial à Montréal. Quel avait été le rôle majeur de la Guinée à ce rendez-vous?

Cette visite a été une occasion formidable pour notre pays au Canada. C’était une mission soigneusement préparée par l’ambassade et le ministère guinéen des affaires étrangères d’un côté, et le ministère fédéral canadien des affaires étrangères de l’autre. La visite de Mr le Premier Ministre a été une occasion de grande visibilité pour notre pays puisque la Guinée était à l’honneur un peu partout mais je veux rappeler qu’avant Montréal, le Premier Ministre avait commencé son séjour à Toronto qui est la capitale économique de la province de l’Ontario, et la capitale financière de l’ensemble du Canada puisque c’est également le siège de la Bourse du Canada, qui finance beaucoup d’industries minières au monde.

Le Premier Ministre avait été invité au forum économique de Toronto, organisé par le forum économique international des Amériques, où il avait fait des interventions très remarquées sur l’économie guinéenne d’hier et d’aujourd’hui, sans occulter la période difficile de la crise Ebola et l’assistance canadienne,  pour en limiter les graves conséquences humaines et économiques. Il faut rappeler que le vaccin qui a servi à maîtriser la fièvre Ebola,  avait été obtenu au Canada qui avait contribué pour plus de 100 millions de dollars à la lutte.

Le Premier Ministre a pris part, après le Forum de Toronto, à celui de Montréal qui portait sur la reconstitution du fonds de lutte contre le paludisme, la tuberculose et plusieurs maladies et à  l’occasion de cette rencontre, il avait  eu un tête-à-tête avec le Premier Ministre Justin Trudeau,  et avec le Gouverneur Général du Canada.

Au Chef de l’exécutif Justin Trudeau,  il a transmis le message du Président de la République qui exprimait des souhaits, notamment celui de la réouverture de notre ambassade. Ce que le Gouvernement canadien a prévu d’examiner avec beaucoup d’intérêt mais, il y’a d’autres éléments,  comme par exemple la réouverture de l’ambassade du Canada à Conakry, qui n’est pas un élément simple. Nous avons discuté de cette question au plus haut niveau avec les autorités canadiennes,

Souvent, la décision de fermer une ambassade n’est pas facile à prendre mais une fois prise refaire l’inverse n’est pas facile non plus. Le Canada d’aujourd’hui mise sur un ensemble de conditions liées à ses intérêts dans le pays et conditionnant la réouverture de l’ambassade.

Aujourd’hui à Paris, vous participez à la réunion du groupe consultatif sur la Guinée, quelle appréciation faites-vous du PNDES?  

J’avoue être très honoré de prendre part à ces assises à Paris. Le PNDES est un document d’une extrême importance pour notre gouvernement. Je crois qu’il y’a lieu d’adresser des félicitations  pour ce travail accompli. C’est un document bien travaillé et techniquement parlant, je l’ai compulsé durant plus de deux semaines. Il est assorti d’un plan national d’investissement d’une cinquantaine de projets structurants, des projets aussi extrêmement bien élaborés et les bailleurs de fonds l’ont examiné; l’ambassade a fait un gros travail de communication autour de ce document au Canada et je crois que les hommes d’affaires l’ont compris puisque nous avons pris le contact avec le conseil canadien pour l’Afrique qui a vu le document et qui l’a examiné, qui a pensé qu’il était important que beaucoup de ces membres prennent part à ce forum. Je suis venu avec eux ici, ces hommes d’affaires viennent d’être reçu par Mr le Président de la République et ils ont exprimé beaucoup d’éléments que je ne peux pas reprendre à ce micro mais je crois que le Président en est satisfait et il les a mis en contact avec les personnes ressources autour de lui qui peuvent continuer les négociations avec ces canadiens. Aujourd’hui le PNDES ouvre un autre chapitre sur la visibilité de notre pays et ça montre réellement l’ambition de notre gouvernement d’aller de l’avant et de faire en sorte que sa vision politique, la vision 2040, soit une réalité.

Que peut-on espérer de la diplomatie guinéenne, après la nomination d’un diplomate de carrière au ministère des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger?

Nous avons salué la nomination de Mr Mamady Touré au Ministère des affaires étrangères et des guinéens de l’étranger. Je ne suis pas diplomate de carrière, pour donner des appréciations générales mais, je pense qu’il va redonner du tonus à notre diplomatie même si le Premier diplomate de la Guinée, est, et demeure d’abord le Président de la République puisque nous mesurons les actions posées depuis son accession à la magistrature suprême. Mr Mamady Touré pourrait apporter la touche technique qui manque à ce département pour assurer le rôle qui lui est assigné par le gouvernement, à savoir une offensive diplomatique à contenu essentiellement économique. Le forum du PNDES à Paris traduit cette réalité.

La diplomatie économique de la Guinée participe à la visibilité du pays. Nous souhaitons donc plein succès à Monsieur Touré, dans la rénovation de la maison des affaires étrangères.

Votre mot de la fin ?

Je vous remercie de l’opportunité que vous m’avez donnée, de m’exprimer sur toutes ces questions importantes que vous avez soulevées. Aujourd’hui, notre pays a besoin de l’ensemble de ses fils ; nous n’avons pas assez parlé de la diaspora. Un événement est en cours et c’est encore une des œuvres de Mr le Ministre des affaires étrangères ! Il s’agit de la mise en place du haut conseil des guinéens de l’étranger, préconisé dans toutes les missions diplomatiques à travers le monde. Mon mot de la fin est de faire en sorte que le gouvernement continue dans la voie qu’il s’est tracé, c’est-à-dire, prendre les mesures pour capitaliser les capacités et les profils des guinéens de la diaspora.

Au Canada, nous avons des cadres de grande valeur dans pratiquement tous les corps de métier qui pourraient apporter beaucoup à notre économie.

La Cellule de Communication du Gouvernement

 

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