Mamady Fatta Kourouma, juriste internationaliste guinéen, en service depuis vingt ans au Haut commissariat des réfugiés (HCR), a été honoré par ladite institution en ce début d’année, pour service rendu. Notre rédaction est allée à sa rencontre à Conakry.

M. Kourouma, comment vous êtes venus au HCR ?

J’ai été recruté au HCR en juin 1997, pour la crise libérienne. A l’époque j’étais au cabinet d’avocat avec comme associé Me Koly Camara. J’ai passé après six ans comme staff interne mais national, au niveau de l’opération de N’zérékoré, Guékédou, Forécariah et Dabola. Aujourd’hui, je suis international depuis 2003 et j’ai mes 20 ans au HCR. Cela m’a permis de partir de la protection internationale à l’administration. Voilà où je suis aujourd’hui.

Quelle est la situation globale des réfugiés à travers le monde ?

À travers le monde nous sommes presque débordés par les crises que vous constatez. L’une des crises les plus importantes aujourd’hui c’est celle de la Syrie. Vous avez aussi la crise au Yémen et vous avez celle de la RDC qui perdure. Mais aussi la crise malienne qui comprend tout le nord du pays. Aussi 5 à 4 pays d’Afrique. Moi j’ai la chance de gérer la partie septentrionale du Cameroun, notamment la crise nigériane, avec Boko Haram. Je peux vous dire que le HCR est compétent non seulement pour l’accompagnement international pour les réfugiés, les déplacés internes, les apatrides et/ou les rapatriés.

La Guinée, un des plus grands demandeurs d’asile. Pourquoi ?

Je pense que c’est une question interne. C’est aussi une situation de crise généralisée. Depuis 1990, il y a eu beaucoup de changements au niveau de l’assistance, au niveau de l’apport des gouvernements sur le continent. Aussi, vous avez la situation qui fait que l’Europe devient la métropole qui attire la jeunesse. Compte tenu des différentes crises que nous connaissons en Afrique… Mais ce n’est pas propre à la Guinée. Les Ivoiriens, les Sénégalais et autres nationalités ont été secourus en Libye.

Comment le HCR gère les cas de réfugiés à travers le monde ?

Au HCR, nous avons catégorisé nos assistances. Le cas Libyen est un cas spécifique. Généralement, un réfugié c’est celui qui quitte son pays suite à une attaque d’une partie de son territoire, soit pour des opinions politiques ou communautaires. Ces personnes traversent une frontière internationale, dès lors, on les considère comme réfugiés. Mais des migrants économiques qui quittent volontairement leur pays pour se rendre en Libye, il faut les étudier cas par cas, afin de déterminer qui est réfugié et qui ne l’est pas…

Alpha Mady pour Guinee7.com

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