Alors que l’opinion publique et l’ensemble des chroniqueurs s’intéressaient de près au discours déstabilisateur de Chicago, quelle ne fut la surprise des uns et des autres à la lecture d’une certaine presse sur Internet qui se livrait à un exercice pour le moins étrange. Il y était question de l’état de gravité de la santé du président Alpha Condé hospitalisé en Tunisie et dont les jours étaient comptés. La rumeur plus tard l’annoncera mort et certains avaient déjà rédigé son oraison funèbre.

Faisant dans le genre de ces canards de troisième zone, qui se repaissent et vivent du sang des célébrités et des faits divers macabres, cette presse s’appuie sur des rumeurs si ce ne sont des confidences du milieu, de proches parmi les proches dont les descriptions sont aussi précises que floues comme si l’intention était de dire, «ne suivez pas mon regard» tout en indexant ostensiblement sa ou ses sources.

Un jeu d’ombre fort intéressant qui indique par lui-même le degré de crédibilité qu’il faut accorder aux faits rapportés. En effet, dans ce scoop la forme va avec le fond. Pour dire que tant de zèle à vouloir faire de Alpha Condé un président frappé d’une de ces maladies incurables et dégénérescentes participe beaucoup plus d’une volonté de nuire et de médisance que d’informer.

A quelle fin ? L’autre dirait crûment : qui a fait écrire ces papiers ? Il n’a pas tort et c’est la preuve que l’information qu’on est censé donner est manifestement fausse et n’est qu’un prétexte. On a le temps de voir venir puisque les faits ont montré que non seulement le président Alpha Condé n’est pas mort mais qu’il est certainement en meilleure santé que tous ceux qui semblent s’inquiéter pour lui ou rêveraient qu’il soit à deux pas de la tombe. Il n’y a qu’à les regarder et suivez bien mon regard. Nous n’allons pas faire dans les mêmes techniques de spéculation mais nous contenter des faits qui eux sont sans équivoque. Comme le décrit le bureau de presse de la présidence : « A son retour de voyage de la Tunisie, le Président de la République, le Professeur Alpha Condé, a salué les populations  de Conakry qui étaient pressées de le voir. Pour répondre à cette demande, le chef de l’Etat a effectué une marche à pied dans 3 des 5 Communes de Conakry à savoir Matam (dans les Quartiers de Coleyah et de Mafanco), Dixinn (Hôpital de Donka, les Quartiers de Camayenne et Cameroun jusqu’au pont 8 novembre) et Kaloum (dans les Quartiers Tombo, Coronthie, Sans-fil, Kouléwondy, Sandervalia, Boulbinet et Almamya, précisément le long de la route du Niger, le Boulevard Telly Diallo et l’ Avenue du Commerce).

Cette marche, long d’au moins 15 kilomètres, ayant enregistré des ovations des populations de ces quartiers, a été une véritable promenade de santé pour le Président Alpha Condé. Le Président de la République vient ainsi donner la preuve qu’il se porte bien ». Aucun de ceux-là qui souhaitaient la mort du président et qui voudraient dans une moindre mesure lui attribuer quelques graves maladies n’aurait pu accomplir pareil marathon. A 76 ans, Alpha Condé a démontré qu’il est plus solide que ces messieurs de 59 ans ou de 62 ans qui lorgnent le fauteuil présidentiel.

Il est tout de même étonnant que la boulimie du pouvoir pousse à souhaiter la mort d’un homme. En Afrique cela ne se fait pas et pourrait faire un effet boomerang ou simplement une réédite de la malédiction de Lansana Conté. L’on se rappelle qu’en 2014, la rumeur avait tué Lansana Conté mais au bout, c’est un de ses opposants qui est parti. Donné également pour mort en 2009, c’est un des opposants de Dadis Camara qui est parti à sa place. Il faut donc savoir raison garder et ne pas souhaiter à autrui ce que vous ne voulez pas qu’il vous arrive, disent les saintes écritures.

Siradiou Bâ

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