C’est à travers un déjeuner de presse, organisé ce mercredi 20 décembre, dans un réceptif hôtelier de la place, que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdoulaye Yéro Baldé, et les cadres de son département ont  présenté aux journalistes, le bilan des acquis de l’année 2017 et projeté les actions de 2018. Les journalistes curieux sur certains sujets, ont posé des questions auxquelles le ministre a volontiers répondu. Entre autres figuraient, les questions sur les orientations en médecine dans les institutions d’enseignement privé, et la récente publication d’un étudiant sortant, qui a fait le tour des réseaux sociaux.

« Nous considérons le secteur privé comme un partenaire »

Selon le ministre, « Cette année, nous avons eu 23.000 admis, ce qui veut dire que nous avons de la capacité dans nos universités ; cela a été le cas de Gamal, où il y a eu moins d’orientés que l’année dernière, compte tenu de la disponibilité. A Sonfonia, je crois qu’on avait orienté 7.500 et cette année, nous avons 4.800 étudiants. Donc, c’est une question de disponibilité, d’espace ; si on n’en n’avait pas, on allait orienter dans le secteur privé, parce que nous, nous considérons le secteur privé, en tout cas au niveau de l’enseignement, comme un partenaire. Nous ne sommes pas antagoniques, mais plutôt des partenaires, nous collaborons en de bons termes ».

« Aussi loin que nous n’aurons pas mis toutes les conditions en place, les gens ne seront pas orientés en médecine »

«Pour la médecine, aujourd’hui la formation en médecine ne répond pas à la norme minimale. Donc, aussi longtemps que nous n’allons pas créer les conditions pour une formation de qualité, nous n’allons pas y orienter, parce que quand vous faites la médecine, vous devez avoir accès à des laboratoires, vous devez faire la pratique. A l’époque, nous avions une bonne faculté de médecine qui était reconnue à l’étranger. La dernière fois, j’écoutais une émission à la radio parlementaire, le ministre de la Santé ou les députés expliquaient que beaucoup de nos médecins sont dans d’autres pays ; on a plus de 300 ou 400 dans certains pays, au Gabon, Guinée équatoriale etc. Pourquoi ils ne viennent pas ici ? Pour certains, c’est les conditions de travail, pour d’autres, parce qu’ils veulent rester à l’extérieur. Pour résumer, nous sommes en train de travailler sur cette question ; d’ailleurs pendant la présentation, on vous a parlé des centres d’excellence, pour l’Ecole des mines de Boké et pour l’Ecole de médecine à Gamal, que nous voulons transformer en école de sciences et  techniques de la santé, qui va inclure la formation même des infirmiers d’état, les kiné spécialisés ; donc, aussi loin que nous n’aurons pas mis toutes les conditions en place, les gens n’y serions pas orientés, mais je pense que très rapidement, nous allons pouvoir le faire. »

    « Il reste beaucoup de problèmes à régler en matière de formation »

Le ministre Baldé poursuit : « Cela m’a fait mal puisque pour moi, un étudiant c’est un étudiant, même s’il vient du privé, c’est notre étudiant. En tant que Guinéen, j’étais gêné, parce que c’est l’image de tout le pays, il ne s’agit pas de l’étudiant seulement, il ne faut pas lui en vouloir. Raison de plus, quand le président dit que le système éducatif est malade, il ne l’a pas dit de façon anodine, mais c’est profond ; c’est vrai, c’est démontré que nous avons des success stories, mais il reste beaucoup de problèmes à régler en matière de formation. C’est pour cela, nous mettons un accent sur la formation des formateurs ; vous savez depuis plusieurs années, on a négligé la formation des formateurs et c’est ce qui se reflète dans certains résultats. J’espère qu’avec tous les critères de sélection que nous sommes en train de faire, parce qu’avant, les notes de cours étaient prises en compte et vous voyez le score élevé qu’on enregistrait, mais depuis cette année, ceux qui ont été admis, je pense qu’ils méritent d’être admis, puisqu’il n’y a que les notes du bac qui ont justifié l’admission, et cela se reflète dans les concours internationaux que nos élèves bacheliers ont réussi. Mais nous travaillons à corriger cette situation et nous espérons, avec l’appui de tout le monde, y parvenir.

Il a enfin remercié tous ceux qui l’ont aidé dans l’accomplissement de sa tâche, en souhaitant « une heureuse année 2018 par anticipation », à tout un chacun.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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