A l’approche des élections communales, le président du groupe parlementaire du rpg-arc-en-ciel explique dans cet entretien accordé à l’Oeil du Lynx, les rapports de son parti avec les alliés. Amadou Damaro Camara évoque ici aussi le budget du chef de file de l’opposition et des projets de lois attendus pour le mois d’avril prochain. Lisez.

Parlez-nous un peu de cette affaire de 20% que le RPG arc-en-ciel souhaiterait proposer à ses alliés sur la liste des candidatures sur les élections communales ?

Nous avons pris un standard de 20% pour dire que c’est le minimum qu’on accorderait quelle que soit notre zone aux alliés mais au cas par cas,  préfecture par préfecture, souvent sous-préfectures par sous-préfectures. Nous négocierons avec tous les alliés et n’importe quel autre parti qui aimerait aller avec nous aux élections, premièrement ou sous la forme d’aller avec une seule liste ou bien avoir une alliance déclarée avant les élections pour qu’après les élections nos conseillers élus puissent constituer un groupe en vue de composer le bureau de la commune.

Est-ce qu’il n’y a pas un risque dans ce cas de figure puisque ce sont des élections proportionnelles, proposer 20% alors qu’on ne sait même pas le score qu’on va obtenir ?

Non ! Ce que vous ne savez pas c’est que nous avons des analyses. Nous sommes aujourd’hui à 150 communes rurales et urbaines. Nous sommes sûrs d’aller à 60%. Nous sommes 51 communes où nous sommes entre 50 ou 60%. Ce qui fait déjà 200% sur les 300 et quelque. Donc, nous sommes 59 communes entre 40 et 50% etc. Donc cas par cas, nous savons que c’est la proportionnelle. Nous sommes partie prenante de l’élaboration du code électoral. Donc, nous savons très bien de quoi il s’agit. Donc c’est la proportionnelle. Mais quand on a des alliances à la proportionnelle, on peut mettre ses conseillers ensemble pour former un groupe. Si on a 40% quelque part et qu’on n’ait un allié avant qui a 10%, nous sommes sûrs de pouvoir choisir le maire.

Il y a certaines formations politiques qui n’ont pas réagi différemment. C’est le cas du parti GPT et le parti UPR qui décident d’aller?

Oui ! Le parti GPT est un allié. Que le parti GPT  ait certaines prétentions à Forécariah, ça nous convient qu’il ait les mêmes prétentions à Kankan. ça, ce n’est pas raisonnable mais l’un dans l’autre, on a travaillé. Nous continuons de travailler pour avoir les pieds sur terre et voir les réalités du terrain. Ce qui est certain, il y a les difficultés qui semblaient être si difficiles qui sont totalement aplanies entre nous et les alliés.

Et l’UPR dans ce cas ?

L’UPR est un allié, un allié fort. Nous allons parler aujourd’hui même aussi avec le PTS, avec l’UPR avec l’UFR avec tous les partis zone par zone.

Est-ce que ce n’est pas un peu ce que certains qualifient de gourmandise du PRG arc-en-ciel qui poserait problème par exemple dans une commune rurale ou commune urbaine de Forécariah face au Parti Guinée pour Tous (GPT). Si le RPG veut être tête de liste, est-ce que ça ne pose pas de problème ?

Mais, nous avons gagné les législatives à Forécariah. Le GPT avait un candidat, nous avons gagné en législative. Il y a une situation différente selon les communes rurales par rapport à la commune urbaine. Nous connaissons les réalités. Nous connaissons les résultats et sur cette base, nous faisons nos analyses. Je crois qu’on s’est entendu et on va s’entendre.

Dans les réseaux sociaux, le ministre Bantama Sow a fait une sortie qui a un peu irrité ses alliés lors de l’assemblée générale de ce Weekend en disant que certains ministres se sont servis de l’Etat et que ceux qui ne sont pas prêts n’ont qu’à plier bagage et partir ?

Vous savez, il y a des problèmes qui ne sont pas dans la vie d’un parti qui ne sont pas acceptables. Un pied dedans un pied dehors ne pas acceptable. Ou, on s’engage dans le parti, on fait le travail selon la ligne du parti. Mais on ne peut pas se réclamer du parti et avoir un agenda autre que celui du parti. C’est de cela que Bantama Sow a voulu parler et clairement. Et ça s’adresse non seulement au ministre mais aussi aux fonctionnaires.

Il a aussi parlé de ses alliés qui utiliseraient les fonds publics pour asseoir leurs assises politiques. Ce n’est un mauvais procès quand même ?

Non ! Ce n’est pas un mauvais procès. Je prends l’exemple de Paul Moussa Diawara. Je crois que, votre studio, j’ai dit qu’avec lui, il y a un besoin d’une clarification. Tu ne peux pas dire que tu es un allié qui est responsable d’une régie financière, d’une entreprise publique, moi je condamne que l’on puisse se servir de l’argent public pour pouvoir faire sa politique.

Mais s’il faisait la politique du RPG arc-en-ciel, vous n’allez pas le condamner ?

On allait le condamner ! Dans tous les cas, on allait le condamner. Les responsables de régie ne doivent pas utiliser cet argent pour de fin politique. Nous avons d’autres sources de financement. On n’a pas besoin de ces agissements parce que c’est sous ces coupes là qu’on peut procéder à d’autres détournements en disant que c’était pour le parti. Je peux vous dire une seule chose, le Président de la république est contre même que des fonctionnaires soient des parrains à plus forte raison que l’on prenne sous prétexte de prendre l’argent de public pour pouvoir faire des activités politiques qui qu’il  soit.

Mais cette situation actuelle ne risque-t-elle pas de créer de frustrations et de provoquer le divorce entre le RPG arc-en-ciel et ses alliés ?

Vous savez le mot frustration est devenu tellement populaire. Un parti politique, c’est le rapport de force, un parti politique s’exprime par son électorat sur le terrain. Ce n’est pas la force du verbe de son leader qui compte. Qu’est-ce que vous représentez réellement sur le terrain. Et par quoi cela se sait. J’ai participé à des élections et voici ce que j’ai eu comme résultat. Avant vous ne pouvez pas convaincre. C’est après des élections que vous pouvez convaincre à travers le pourcentage électoral.

Il a fallu ces alliés pour que les 18% qu’Alpha Condé soient 52. Et en 2015, Il y a eu des irrégularités.

Je crois que vous n’allez pas quand même vous mettre à la place des opposants. Pour moi, il n’y a pas eu de contestations. Il n’y a pas eu de recours à la cour constitutionnelle ou  à la cour suprême et les partis de l’opposition ont reconnu le président de la république comme étant élu en 2015. Il a été mieux élu qu’en 2010. Les alliés ont leur place. Même quand on peut quelque part souvent pour les alliés, on s’aide et le RPG est dans cette logique.

Est-ce qu’il y a des alliances en perspective dans certaines circonscriptions électorales avec le parti UFR ?

Pourquoi pas ? Nous sommes ouverts à tous les partis et même si l’UFDG aimerait qu’on ait des alliances dans certaines sous-préfectures pourquoi pas ?

Ça relève un peu de ce qui pourrait être le paradoxe des élections communales

Notre problème en Guinée, notre façon de faire la politique et notre vision de la politique. L’Allemagne est un bon exemple en Europe. C’est l’économie la plus forte, c’est l’économie la plus dynamique, c’est le pays le plus riche. Mais ces dix dernières années, l’Allemagne était géré parce qu’ils appellent là-bas la grande coalition. C’est-à-dire une réconciliation des différents programmes de la gauche et de la droite et on prend l’essentiel. Ce qui semble applicable et bon pour le pays, on le gère ensemble pourquoi pas. Moi, je serais très heureux que les partis d’opposition restent partis d’oppositions mais qu’ils deviennent aussi des partis de propositions au gouvernement. C’est la Guinée qui en gagnerait.

Vous avez tout suite citez le parti PTS de M. Diawara. On pensait que c’est fini, c’est-à-dire qu’il a été viré du parti et vous parlez d’une alliance possible avec ce parti. On ne comprend pas ?

On m’a souvent posé la question sur le sort de Diawara ou de relation avec Diawara. J’ai toujours répondu que Diawara est un jeune frère du Chef de l’Etat et que maboule est celui qui se mettrait entre ces deux.

Ça veut dire que ce qu’on voit n’est pas exactement ce qui se passe ?

Ce que vous voyez, c’est qu’ils sont ensemble, ce qu’on voit, il le prend dans certains de ses voyages, ce qu’on voit ensemble,  c’est qu’il se retrouve à la  demande de l’un et de l’autre.

Est-ce qu’à Siguirini vous allez faire de concession avec le PTS parce qu’il tient à cette commune rurale ?

Oui ! Le PTS existe. Le PTS opte comme il voudra le genre de collaboration  avec le RPG. Et c’est sûr que le PTS et le RPG peuvent gérer ensemble les communes de Siguiri.

Alors, quelles sont, s’il y en a, les difficultés auxquelles vous êtes confrontés dans le choix de têtes de listes pour ces  communales ?

J’avoue que nous n’avons pas de tête de liste, nous avons des listes après, on verra qui sera le maire. Ça c’est un. Deuxièmement, je dois avouer à certains endroits, l’opposition  est pratiquement inexistante mais comme à Kérouané, nous avons des difficultés à faire une liste de consensus parce que souvent, on a des tendances dans le parti comme ce qui se passe dans les grands partis. On a des tendances qui  sont difficiles à réconcilier mais le bureau politique sera intransigeant parce qu’on ne peut pas jouer avec ces élections.

L’opposition ne présente pas de candidats à Kérouané ?

Jusqu’hier non !

Et que fait le RRD ou le PADES de Dr Ousmane Kaba qui a fait une grande percée en Haute Guinée ?

Je dis jusqu’hier, je n’ai pas entendu parler en tout cas.

Alors beaucoup de candidats n’ont pas compris votre sortie concernant les huit millions pour les candidats aux communales. Ils disent que si vous soutenez ce montant, c’es parce que votre parti puise dans la caisse de l’Etat ?

Oui ! Mais, une liste pour une préfecture qui ne peut pas trouver 8 millions franchement, je ne sais pas ce que vous gérez. Est-ce qu’ils ont même une idée de la gestion. La politique, ça coûte chère. Ça  fait dépenser. Ou dans une sous-préfecture, s’il ne peut pas trouver 3 ou 4 millions,  une liste comme ça engendre de dépense. Si une équipe de dix personnes ne peut pas trouver 300 milles qu’ils se retirent de la gestion, ils n’ont qu’à faire autre chose, ils ne peuvent pas du tout gérer.

Parlant de l’assemblée nationale, on sait que vous avez introduit deux projets de lois relatives à la charte des partis politiques et l’autre au statut de chef de fil de l’opposition. Expliquez-nous où en êtes-vous dans l’étude de ces propositions ?

Ce sont des propositions d’amendements. Nous nous sommes rendus compte au groupe parlementaire RPG arc-en-ciel que la charte des partis n’est pas respecté, ni par l’exécutif, ni par les partis. Premièrement, les partis devraient être financés dans le but d’encadrer l’activité politique pour ne pas qu’un parti politique soit otage d’un groupe d’intérêts comme ça pourrait se passer dans le fait. Qui financerait un parti politique donc dicterait un parti politique. Ça rend même les partis indépendants de leur leader. La tradition ici, c’est le leader qui finance. Donc, personne n’ose lui dire non au sein du parti. Mais si les partis étaient financés à un  certain niveau, ça donnerait une certaine indépendance du parti par rapport à son leader.

Donc, nous avons introduit des amendements pour réactualiser ce fait et puis la charte des partis politique, c’est comme la presse, il y a une déontologie dans les comportements des partis qui doit être respecté. Les partis aussi respectent ça. On n’éduque pas suffisamment nos militants. On a une rhétorique de va-t-en-guerre souvent qui n’a pas de nature à apaiser la vie politique qui met même à risque le tissu social. Donc, il y a un certain nombre de problèmes que nous avons essayé de corriger, de renforcer pour que et les partis politiques et le gouvernement chacun dans sa partition puisse bien jouer.

La deuxième proposition est la loi sur le chef de fil de l’opposition. Il y a une confusion à ce niveau. Je crois que la loi a été faite un peu, il y en a qui dirait par mimétisme, ou un peu dans la précipitation. C’est pour clarifier, c’est quoi le chef de file ? C’est quoi le cabinet du chef de file ?

Je prends un exemple que le chef de fil de l’opposition veut rencontrer le Chef de l’Etat sur l’insécurité dans le pays, on se donne les moyens pour pouvoir mener un minimum d’études dans ce domaine et pouvoir faire des propositions pas besoin de fonds pour faire ça. Ensuite, tout utilisateur de fonds publics doit être redevable devant la cour des comptes désormais qui existe. Mais, il faut bien que l’on précise, quelle est la destination d’un fonds pour que la cour des comptes  dise est-ce que ce fonds a été utilisé à bon escient  ou pas. Mais quand ce n’est pas précisé, l’utilisateur de ce fonds public ne peut pas être comptable efficacement devant la cour des comptes.

Voici des incorrections qui existaient. Vous vous souviendrez quand il y a eu ce scandale  pour certains qui ont fait gorge chaude là-dessus « le chef de fil même ne savait pas trop qu’est-ce qu’il fallait faire de ce fonds. Il a dit, c’est pour moi, c’est pour renouveler mon parc automobile etc. ». Non ! Et puis, ensuite, il a fait un cabinet de leaders, non, il ne s’agit pas de cela. C’est un chef de cabinet plus des conseillers techniques pour pouvoir s’intéresser à des aspects de l’Etat de la nation pour pouvoir aller en discuter avec le Chef de l’Etat. Les fonds doivent servir à ça donc, ça n’à rien avoir avec le volume. Ça  peut être 10 milliards ou moins cinq milliards aujourd’hui. Mais, il faut qu’on dise à quoi ça serve et quelle est la procédure de la mise en place de ce budget.

Explique-nous maintenant cette nouvelle loi que vous venez de proposer ?

Nous l’avons proposée au niveau de groupe. Le Groupe l’a validé. La procédure veut que nous l’envoyions au bureau de l’assemblée qui va l’envoyer à l’exécutif pour avis d’amendement. Après, ce sera renvoyé à l’assemblée. Ça  devient une proposition dans la forme formalisée et nous allons distribuer en avril certainement pendant la session des lois.

Certains vous reprochent de vous précipiter à amender la loi sur le chef de file de l’opposition et les partis politique pourtant il y avait une loi qui était beaucoup plus intéressante, la loi sur la nouvelle CENI que vous avez mise dans les placards ?

Non ! On a même dit, le jour  où on en a parlé, on a dit qu’on change la loi parce que c’est ça l’humeur de l’honorable Damaro. Ce n’est pas l’humeur de Damaro. Pour ce qui concerne la CENI, je crois qu’il serait psychologiquement insoutenable aujourd’hui qu’on dise à des commissaires, organisez des élections mais votre sort est scellé ça peut amener à des comportements mercantiles quand un commissaire sait, je vais quitter ou je ne vais pas rester etc. Et ça n’avait rien avoir avec ces élections. Nous nous sommes proposé de mettre un comité tripartite de trois groupes parlementaires pour pouvoir réfléchir pour le mois d’avril. Nous sommes à ce niveau. Entre temps, nous avons eu ce séminaire organisé par la francophonie qui nous a permis de comparer notre CENI dans ses formes et dans son fonctionnement à d’autres organes d’élection dans la sous-région.

Nous nous sommes rendus compte que notre CENI dans sa structure était la plus lourde, dans son budget de fonctionnement la plus coûteuse, dans son budget des élections la plus coûteuse. Et de trouver une formule intermédiaire pour non seulement rendre cette CENI moins politique mais plus permanente qui jouit de ces noyaux mais on a besoin des autres que quand il y a élection. Ce qui se passe ailleurs mais ici 25 messieurs, même s’ils se rencontrent au café ça correspond à des primes, ce n’est pas normal.

Donc, toutes les structures à l’intérieur du pays sont des structures ad-oc, c’est-à-dire qu’on a 100 et quelques mille personnes qui sont recrutés pendant les élections et dès le lendemain des élections, ils sont libérés, ses compétences, ses expériences sont perdues. Il faut reprendre aux prochaines élections quel que soit le timing entre les deux, on les forme encore etc. Et si on les a comme  ce qui s’est passé l’année dernière, on a dit l’année dernière que les élections doivent avoir lieu en février, on les a recrutés, on les a formés, on les a mis en standby. Ces élections ont continué, elles n’ont pas pu avoir lieu pendant un an, on ne les a pas libérés, ils ne travaillaient pas mais il fallait qu’on les paye. Et ça coûté 23 milliards pour rien.

Ce que d’autres aussi constatent c’est que les propositions de loi à l’assemblée nationale, lorsqu’elles viennent de la majorité, elles n’ont pas de problèmes mais lorsqu’elles viennent de l’opposition,  elles sont toujours dans les tiroirs, qu’est ce qui explique ça aussi ?

La proposition de loi sur la CENI, nous leur avons dit ce projet de proposition n’a aucune chance de libérer une loi. Ça, ça n’à rien avoir parce que c’était une loi organique de toute façon mais nous, nous ne pouvons pas faire une loi sur la CENI, il faut qu’il soit une loi de consensus. Nous leur avons dit commençons par ce comité tripartite comme on a fait pour le règlement intérieur dès qu’on a fait ça pour le règlement intérieur, on a pu trouver une issue. Ils n’ont pas voulu, ils ont voulu que leurs propositions de loi même délestées de 99% de leur propre expression mais ça devait être une base de travail.

Mais à quoi ça remuait en fait. Il fallait réduire de 25 à 11 et ces 11-là devraient être choisis par le groupe parlementaire. On ne pouvait pas politiser la CENI mieux que ça. Nous avons dit non ! C’est de cela qu’il s’agit mais malgré tout, ça fait le circuit jusqu’à l’intercom. Et une proposition de loi qui ne survit pas à l’intercom est morte. On ne peut même plus la proposer. Voilà ce qui s’est passé.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo (L’Indépendant)

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3 Commentaires

  1. Tous les oiseaux du même espèce volent ensemble. Et puisque la naïveté des uns f arr it le bonheur des autres, il y en a d’autrès qui ne voient pas au delà de leurs nez. Seulement ils se contenteront des mensonges qu’ils apprennent auprès des demagogues.

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