Cérémonie de clôture de Conakry, capitale mondiale du livre

Conakry, la 17e ville mondiale à être désignée comme capitale du livre s’apprête à passer la main à Athènes, après une année de promotion qui est loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion. Les promesses du commissariat général de CONAKRY CAPITALE MONDIALE DU LIVRE n’ont pas été respectées, du moins, dans certains domaines.

La capitale de la République de Guinée, Conakry, a été nommée Capitale mondiale du livre pour l’année 2017 par un Comité international d’experts le 30 juin au Siège de l’UNESCO à Paris. Une année après, le Guinéen se pose la question de savoir : quelles ont été les retombées ?

S’il y a un succès à retenir, c’est le nombre record de signature de livres par des écrivains guinéens, à l’occasion de cet évènement. Au moins deux livres ont été signés par mois. Même si au passage, il faut souligner qu’il s’agissait pour plus de la majorité, des œuvres de la maison Harmattan Guinée, dirigée par le commissaire général de CONAKRY CAPITALE MONDIALE du LIVRE. IBRAHIMA SANOH, écrivain, s’en plaignait il y a quelques semaines. En effet, la dédicace de son livre a été marquée par l’absence significative des représentants du commissariat général de CCML, qui ont évoqué à travers les médias, les raisons qui n’ont pas existé quand il s’agissait des œuvres d’Harmattan Guinée.

L’autre acquis, si l’on peut en comptabiliser, c’est la présence de Conakry, grâce à ce label, dans tous les événements culturels et/ou littéraires importants à travers le monde. Une publicité pour les écrivains guinéens et la destination Conakry, capitale guinéenne.
En outre, contrairement aux annonces faites, ce mandat est passé à côté de ce qui devrait être son objectif principal : « rapprocher le livre des citoyens à la base ».

« L’un des objectifs de l’année consacrée à Conakry Capitale Mondial du Livre, est la construction d’une Médiathèque dans chaque commune de la ville de Conakry et l’île de Kassa, la construction de Points de lecture dans les quartiers de chacune des communes », peut-on lire sur le site internet de CCML. En poursuivant la lecture, l’on se rend compte que le commissariat général est d’ailleurs plus détaillant : « ces réalisations participeront certainement à l’instauration de la culture du livre… »

Malheureusement aucune médiathèque n’a été construite. Quant aux points de lecture prévus dans les quartiers des cinq communes, des entreprises ont pu réaliser 10, pas plus avant la clôture. Et peut-être, si on peut en tenir compte, la bibliothèque du Pr Djibril Tamsir Niane, rénovée par Alpha Condé, suite à un incendie.

Sur un tout autre plan, le calendrier n’a pas été réalisé à 100 %, ou a-t-il été exécuté en catimini. En guise d’exemple, la tenue le 6 Avril 2018, de la « Journée Internationale des Sports avec Paul Pobga et ses frères ».

Le seul résultat à se mettre sous la dent, à effet non immédiat, c’est l’élaboration d’un projet de politique nationale du livre.

«Une belle année. Nous avons pu réaliser les outils de gouvernance du livre. Ce qui manquait au pays depuis 60 ans. La Politique nationale de la culture a été élaborée sous les couleurs de Conakry, capitale mondiale du livre. De cette politique, nous avons fait l’étude-diagnostic du livre. De cette étude, nous avons proposé la Politique nationale du livre. Je pense que c’est une belle année. Et de cette politique, les professionnels et le ministère se sont réunis pour faire un avant-projet de loi qui a été proposé au gouvernement. C’est maintenant au ministre de la Culture de faire passer cette loi au niveau de l’Assemblée nationale », a fait savoir Sansy Kaba Diakité, commissaire général de CCML et directeur général d’Harmattan Guinée.

Justement, Harmattan Guinée, parlons-en. Si grand-chose n’a pas été fait pour rapprocher les ‘’Conakrika’’ de la lecture, cette maison d’édition a bien profité de cet évènement. D’abord, le nombre record de signature de livres. Ensuite une publicité majeure : deux éditions des 72heures du livre, les 9e et 10e. Un évènement signé Harmattan Guinée. Participation à des salons aux frais de l’Etat, etc.
D’où la nécessité de se poser la question : à qui l’évènement CONAKRY CAPITALE MONDIALE du LIVRE a réellement profité ?

Alpha Mady Touré pour guinee7.com

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