En début de semaine, Dubréka, environ 50km de la capitale, était en ébullition. Notre reporter s’y est rendu. Un calme règne ce mardi matin sur Dubréka. En effet, les populations vaquaient à leurs occupations. Dans la cour qui abrite les locaux de la préfecture, c’est la même ambiance qui prévaut. En l’absence de Mme le Préfet en déplacement sur Conakry, le Secrétaire Général chargé des Affaires administratives de Dubréka, M. Camara revient sur les événements qui ont secoué la préfecture la veille : ‘‘certains jeunes de la préfecture ont envahi l’enceinte du bloc administratif. Ces jeunes criaient des slogans hostiles aux autorités locales en ces termes : ‘’ A bas l’autorité’’. Ils voulaient même descendre le drapeau national, n’eût été l’intervention de quelques gendarmes de l’habitat, ils allaient le faire.’’
Autre constat, c’est la présence remarquée des gendarmes à côté de la préfecture et à l’intérieur de la cour de la Commune. Selon M. Camara, ‘‘il y a eu une plate-forme de revendication des jeunes qui ont fait ce mouvement. On a eu vent de ça. Et leurs revendications s’articulaient autours de quatre points à savoir l’emploi des jeunes dans les sociétés de la place, la poursuite des travaux de construction du stade préfectoral de Dubréka, la réfection de la route du Km 5.’’
Ainsi, selon lui, les jeunes sont sortis dans la ville et ont fait sortir les élèves. C’est suite à l’implication du député uninominal de Dubréka, El Hadj Momo 2 que le calme est revenu. Et M. Camara de conclure : ‘‘Il y a des sociétés de ciment, de granites qui sont pour la plupart fonctionnelles. La commune a fait l’état des lieux et toutes les dispositions seront prises pour que les jeunes intègrent ces sociétés. Ils réclament leurs droits. J’en appelle au calme et à la retenue. Les autorités font beaucoup d’efforts. D’ailleurs, nous attendons une mission ce soir à Dubréka.’’
Au lycée Général Lansana Conté, situé dans le quartier Tompéta, à quelques jets de pierres de la préfecture, c’est une autre ambiance qui prévaut. Amara Camara, diplômé sans emploi est amer: ‘‘Nous réclamons notre droit. Le préfet Mme Aicha Sacko a fini de vendre les terrains de Dubréka et ne s’occupent pas des problèmes de la jeunesse. Toutes les autorités de cette préfecture doivent quitter.’’
Aminata Soumah partage le même avis et fustige le comportement du maire de la commune, M. Salif Diallo et déclare : ‘‘Ils sont incapables de fournir de l’emploi à nous la jeunesse. Ce sont les étrangers qui profitent de cette situation. Si d’ici samedi, le Président ne les limoge pas, vous allez voir.’’
En faisant le tour de quelques cafés, c’est le même sentiment de révolte qui s’invite dans les conversations.
Ce mercredi matin, selon nos informations, le Premier ministre, Mohamed Said Fofana, est allé sensibiliser les jeunes en furie.
El hadj Mohamed Diallo, envoyé spécial




















