Le ministre sortant en charge de l’Elevage et de la Production animale, Mohamed Tall, ce mercredi 6 juin, a passé la main à son successeur, Roger Patrick Millimono. Cela, en présence de plusieurs cadres, dont le secrétaire général du syndicat qui, dans son discours de bienvenue, n’a pas oublié de lancer un pique à l’endroit du partant. Chose à laquelle ce dernier n’a pas tardé à répondre.

Citant quelques reproches faits au ministre sortant, le secrétaire général, Dr Karim Bangoura, a signalé : « En effet, l’élevage a souffert, ces dernières années, de manque de projets et de programmes de développement susceptibles de donner un visage attrayant, au point qu’il est aujourd’hui rejeté. Absence de collaboration entre le ministre sortant et le personnel, créant ainsi une atmosphère invivable dans tout le secteur. Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous féliciter pour la marque de confiance dont vous avez bénéficé de la part de son Excellence, Monsieur le Président de la République, Pr Alpha Condé. Le ministre sortant que vous avez l’honneur de remplacer, n’a pas pu durant son passage, mobiliser les travailleuses et travailleurs autour de l’idéal de développement du secteur de l’élevage qui représente la deuxième activité du monde rural après l’agriculture, secteur de croissance. Plusieurs négociations engageant les travailleurs, à travers la section syndicale, n’ont jamais abouti, en raison des difficultés de collaboration… » , a-t-il énuméré sous des salves d’applaudissements des travailleurs.

Après des remerciements d’usage à l’endroit du Président de la République, à celui de l’UFR pour son appui, à sa famille et à ses proches collaborateurs, le ministre Tall s’est attaqué aux chiffres, en s’adressant au ministre entrant : « Le ministère de l’Elevage que vous avez l’honneur de maintenant diriger est un secteur porteur de croissance, qui contribue de façon substantielle à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi qu’à la lutte contre la pauvreté. L’élevage constitue la deuxième activité du secteur primaire, après l’agriculture. Elle procure des revenus à 30% de la population rurale guinéenne. Il contribue à hauteur de 4,7% au PIB, et 20,4% au PIB agricole, selon les chiffres de 2015. Cependant, les ressources publiques qui lui sont allouées représentent moins de 3% du total affecté au secteur agricole, et tenez-vous bien, 0,0003% du budget national. De ce fait, le disponible national capital en produit animaux est encore largement en-deçà des objectifs fixés dans le cadre de la sécurité alimentaire. Le cheptel national, sujet des productions animales, est estimé en 2017 à 7,13 millions, en ce qui concerne les bovins, 5,6 millions de petits ruminants, 133 000 porcins et 32 millions de volailles. C’est pour vous dire que le potentiel existe et qu’il suffit de le valoriser pour atteindre les objectifs fixés ».

Il a aussi rappelé : « M. le ministre et cher frère, je crois que je ne trahis aucun secret, en disant que vous arrivez à la tête d’un département qui a de nombreux défis à relever, mais pour lesquels les conditions de travail ne sont pas créées, loin s’en faut ».

Après quelques défis et résultats, dont la revue des deux codes régissant le secteur de l’élevage, il a déclaré : « Pour ma part, je quitte ce département avec le sentiment du devoir accompli, même s’il est vrai que le bilan aurait pu être flatteur, si les conditions minimales avaient été créés ».

Il a, en fin de compte, félicité le ministre entrant et lui a souhaité plein succès dans l’exercice de ces nouvelles fonctions.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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