Pour qu’une grève réussisse en Guinée, il faut impérativement que certains secteurs y participent : l’éducation, les banques, le transport et la santé – cette dernière s’y mêle rarement, d’ailleurs. C’est de notoriété publique. Le hic ? l’éducation, les banques, la santé ne se mêlent pas. Et le transport le fait timidement.

Les vieux briscards du syndicalisme guinéen savent qu’ils ont besoin de ces secteurs pour foutre la m… Mais sonnés par la montée en puissance d’un certain Aboubacar Soumah qu’ils considèrent être un imposteur, animés d’une idée revancharde, surtout voulant vaille que vaille reconquérir le cœur de ceux qui les ont abandonnés au profit de l’anarchosyndicaliste, ils déclenchent une grève sans trop s’encombrer de la méthode.  Sans trop tenir compte de l’adhésion ou non des secteurs ‘‘faiseurs de grève’’.

Ils se sont laissé vite emporter par les commentaires sur les réseaux des personnes qui ne sont souvent pas des travailleurs qu’ils défendent. Et se sont lancés dans une guerre des égos avec le gouvernement. Sinon, comment comprendre que le syndicat refuse de discuter des mesures d’accompagnement de la décision d’augmenter le prix du carburant ? Si les syndicalistes défendent vraiment les travailleurs, qu’ils placent haut la barre en exigeant des ‘‘mesures très fortes’’, comme le dit Cellou Dalein. Mais non, ils ont préféré mettre en jeux leurs égos.

Un combat qu’ils sont malheureusement en passe de perdre. Et la parade est toute trouvée pour s’aménager des portes de sortie : une grève perlée.

Une grève jusque-là méconnue des Guinéens. Décidément, un néologisme qui pourrait ne pas donner l’effet escompté : rendre belle une grève moche que le syndicat pouvait éviter et servir ses mandants.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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