Alors que plusieurs manifestations programmées, notamment par l’inter-centrale CNTG-USTG et les Forces sociales, prévoient de secouer le pays, l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH), lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée ce lundi, à la Maison de la presse, a traité de  « dérive » la  décision du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation interdisant toutes manifestations sur l’ensemble de territoire.

Parlant des manifestations des Forces sociales, le président par intérim de l’organisation dira que « ces manifestation ont bien commencé, dans la mesure où une première marche s’est bien déroulée sans encombres, et par la suite la deuxième manifestation qui avait été prévue par les Forces sociales a été interdite, et ceux qui ont insisté pour faire la manifestation ont eu droit à une répression, et ils ont été dispersés. Donc, nous à l’OGDH, considérant que le droit de manifester est un droit reconnu par la constitution, nous n’avons pas compris pourquoi l’Etat, au lieu d’utiliser les forces de sécurité pour encadrer les manifestations des citoyens afin qu’ils puissent jouir tranquillement de leur droit, a préféré utiliser la manière forte pour plutôt réprimer ».

« Mais à cela s’ajoute des faits nouveaux, le fait que l’on interdise la manifestation à Conakry par le gouverneur, alors qu’une manifestation est autorisée par les maires, qui territorialement sont habilités à le faire. Plus grave, nous avons appris par voie de presse que le monsieur le ministre de l’Administration de territoire a pris un acte pour interdire toutes manifestations sur l’ensemble du territoire national. Cela nous a dit qu’on est parti sur une lancée, si on ne vous avertit pas, si vous ne nous aidez pas à avertir l’opinion nationale et internationale sur cette dérive, nous risquons un jour de nous réveiller avec la nouvelle que la constitution est suspendue et les institutions de la république sont suspendues. C’est pourquoi nous avons jugé utile de vous appeler et vous dire que nous ne sommes pas d’accord avec ces actes (…) Quel droit à le ministre d’interdire une manifestation qui est prévue par la mère des lois, c’est-à-dire la constitution ?  Mais nous comprenons, nous ne faisons pas de commentaire. Il y a en Guinée des personnes qui ont acquis une véritable expertise dans la violation des droits de l’homme et cette expertise, ils l’a mettent volontiers à la disposition de tout système qui se présente et qui voudrait s’ancrer dans la violation des droits de l’homme ».

Enfin dans cette déclaration qui sonne l’alarme, l’organisation a rappelé au gouvernement que « son devoir régalien c’est de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir aux citoyens la jouissance du droit constitutionnel de manifestation en République de Guinée» ; et au pouvoir judiciaire de veiller à ce que « les actes réglementaires contraires à la constitution ne s’appliquent pas aux populations, et que ceux qui, par excès de zèle, s’évertuent à violer la constitution soient traduits en justice ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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