Indifférence des médecins dans les hôpitaux/ Le ministre de la Santé reconnait et déclare : ‘‘Nous sommes tous coupables’’

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« Certaines mauvaises attitudes des médecins dans les hôpitaux » ; c’était l’un des problèmes abordés au cours d’une conférence de presse animée, ce lundi 13 mai, par le ministre d’Etat, ministre de la Santé, Dr Edouard Niankoye Lamah, dans un hôtel de la place.

Lorsque la question lui a été posée, le ministre a acquiescé et ensuite distribué la responsabilité sur chacun, notamment les populations, dans la continuation de ce phénomène déplorable.

« On est tous coupable en Guinée, personne ne veut qu’on le punisse ou qu’on punisse quelqu’un. Celui qui publie un diagnostic est passible de poursuites. De dire seulement, tel personne souffre de telle maladie ; mais dès que vous le faites ici, que vous ameniez la personne à la justice, on dit lui aussi : il est trop mesquin. Quand un malade est mal accueilli à l’hôpital et que vous sanctionnez l’agent, vous trouvez toute la famille, on vient prendre les pieds, Allah bè ! Allah bè ! (A cause de Dieu, en langue soussou, ndlr). Alors voilà ce qui complique la situation, sinon c’est une réalité. Vous allez dans les hôpitaux, les structures de santé, les gens trainent le pas. L’équipe de garde est très souvent incomplète et très souvent ce n’est pas gouverné. Parce qu’en fait à l’hôpital, chacun a un rôle à jouer. Le garçon de salle, le brancardier a son rôle. Mais ici, vous le savez bien, la plupart de nos garçons de salle, de nos infirmiers s’érigent en médecins. L’infirmier, l’infirmière, ont un rôle à jouer. Mais combien d’infirmiers ou d’infirmières s’érigent en médecins », a-t-il déclaré.

Avant de poursuivre que : « Pire, en 1978, suite à la conférence d’Alma Ata, quand nous avons opté pour les soins de santé primaire, nous avons formé en conséquence les infirmiers et des infirmières pour les soins de santé primaire ; c’étaient les agents techniques de santé. Aujourd’hui, ce sont ces agents techniques de santé qui sont au sommet de la pyramide. Vous allez à Donka, CHU, eh bien, ils sont là. Vous allez à Kipé ; ils sont là. Vous allez à Ignace Deen ; ils sont là. Et mieux, souvent à la hiérarchie A ».

Enfin, il a clos en ces termes : « Mais c’est vrai. Avec vous, si vous êtes d’accord, nous, nous avons des choses bien rédigées. Si tu fais ça, on fait cela. Mais vous allez venir pour dire : non pardon. Mais c’est vrai. Le ministère ne croise pas les bras. On va respecter le code de procédure et les exercices du métier. Et demander humblement au ministère de l’Enseignement supérieur, l’Enseignement pré-universitaire et Formation professionnelle, d’inclure dans le processus de formation, ce qu’on appelle la déontologie, la morale (sic).»

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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