Sous d’autres cieux, les réseaux sociaux ont joué de grands rôles dans l’alternance politique de façon démocratique, défendu des causes nobles (lutte pour l’émancipation des femmes, lutte contre l’exploitation des enfants, etc.). En Guinée, c’est différent. Les réseaux sociaux, notamment Facebook, sont des plateformes où gros mots à l’égard des personnalités se la disputent avec des appels à la haine ethnique. Où des sujets au ras des pâquerettes sont les mieux partagés.

Le débat politique est galvaudé. Les commentaires qui l’accompagnent sont discourtois et donnent lieu à des bisbilles ethniques interminables. De quoi mettre à mal la paix dont a besoin le pays pour se développer. Nous avons approché des Facebookeurs guinéens des plus en vue pour parler de l’utilisation de Facebook par nos compatriotes.

Macka Baldé, administrateur du forum Radio Libre Opinion, nous fait comprendre que ‘‘Facebook est susceptible de mettre le feu au pays. Imagine, si Alpha Condé se prononce aujourd’hui sur un troisième mandat, à travers Facebook, les gens peuvent se donner rendez-vous pour créer de la tension’’, craint-il.

L’administrateur du forum Devoirs du citoyen, Amara Pendessa abonde dans le même sens. ‘‘C’est une réalité. C’est le côté négatif de ces réseaux : incitation à la haine, diffusion de fausses informations ou la désinformation’’, explique-t-il.

Bouna Condé, administrateur du forum Le Débat Sans Passion, et l’honorable Habib Baldé, estiment qu’il existe des risques en effet. Mais Facebook c’est aussi un outil de prévention des conflits.

Sur les grossièretés proférées à l’égard des hommes politiques, Honorable Habib Baldé, estime que tout homme quel que soit son rang social mérite respect : ‘’ Je crois qu’aucun homme ne mérite d’être insulté qu’il soit une personnalité ou pas. Nous devons apprendre à exprimer nos désaccords sans pourtant porter atteinte l’intégrité morale des personnes ‘’.
Pour Gongoloma soké Daikhabeh, l’un des plus célèbres, sur Facebook, cette plateforme offre plus d’atouts aux Guinéen.

D’après lui le mal serait ailleurs : ‘‘C’est plutôt les journalistes qui devraient ne pas voir le mal partout. L’alarmisme n’est pas productif. Facebook à 90 % plus le côté positif que négatif pour la Guinée. Alors oui je vous comprends dans vos rôles d’avertisseur, d’informateur et commercial. Car la peur vend plus que le positif dans la presse.’’

Des forums ne sont pas appréciés de la même manière. Aminata Pillimini Diallo, une féministe bien connue des utilisateurs fait remarquer : ‘‘Parfois sur certains forums on a l’impression que d’une minute à l’autre, le pays va prendre feu, car il y a trop de personnes négatives et insolentes. Mais il y a aussi des internautes guinéens qui sont très positifs qui apaisent les tensions, soit dans les commentaires ou avec des publications.’’

Binany Bah, très présent sur Facebook, nuance : ‘‘c’est bien de montrer à la diaspora, nos routes, nos ordures, comment le pays va mal. Mais à l’allure où vont les choses, Facebook risque de mettre le feu au pays, dans les jours à venir. ‘’

Jo Gabar Swarey, quant à lui, nous renseigne que c’est seulement en Tunisie que les réseaux sociaux auraient apporté de l’alternance politique, avant d’ajouter qu’en Guinée, ‘‘ce réseau social peut être un outil parmi tant d’autres pour favoriser un éveil des consciences qui peut amener à un changement positif pour le pays. Je préfère le mot changement que l’alternance’’, martèle cet administrateur du forum Musée de la Reconstruction de la mémoire sociale.

De nombreuses personnes que nous avons interrogées estiment que la Guinée ne ‘‘brûlera pas par Facebook’’ vu le nombre limité d’utilisateurs avec une population à grand nombre d’analphabètes. ‘‘Tout le monde n’a pas accès, c’est vrai. Mais quand c’est dit sur Facebook, le bouche à oreille aidant, tout le monde ou presque est au courant’’, fait remarquer Adama Diallo, internaute.

Ismaël Sylla pour Guinee7.com

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