Les autorités communales de Labé ont engagé une campagne très particulière de déguerpissement des artères principales du grand marché. Cette campagne fait suite à de nombreuses autres qui ont échoué.

La police communale engagée à déguerpir les lieux adopte une méthode qui consiste à confisquer toute marchandise étalée sur la route. Selon le commandant adjoint de la garde communale, Thierno Lamine Camara ‘‘ce qui prévaut c’est le déguerpissement des occupants de la route qui l’ont transformée en marché. Depuis 14 ans nous déconseillons aux gens de s’installer sur les axes routiers. Malheureusement ces conseils ne tombent pas dans des oreilles réceptives. Désormais on ne  chasse pas les gens mais on retire leurs produits que nous allons octroyer aux détenus de la maison centrale. Maintenant plus de tolérance pour ceux qui empêchent la bonne circulation des engins’’.

Dans la matinée du mercredi beaucoup de choses ont été confisquées : des miches de pain, des fruits, du riz, des sacs d’oignons, etc.

‘‘Notre souhait aujourd’hui c’est le soutien indéfectible du gouverneur, du préfet et du maire même dont nous relevons, durant tout ce temps nos efforts ont été vains parce que  parfois c’est l’autorité même qui plaide pour les réfractaires. On a vu plein de personnes qui allaient dire au maire qu’elles ont été molestées ou brutalisées par nos agents. Pour éviter tout cela maintenant on prend la marchandise et on laisse l’intéressé tranquille’’, a précisé M. Camara.

Qui ajoute : ‘‘On est contre personne ici. C’est pour le bien de tous que nous sommes là. Beaucoup se souviennent de l’année à laquelle un camion a débordé la route et est entrée dans Yenguema (marché) on avait  déploré 4 morts, c’était en 2005. Le lendemain, les gens sont revenus massivement s’installer de nouveau sans inquiétude aucune.’’

L’action engagée fait à la fois des heureux et des frustrés. Ceux qui ont vu leurs biens changer de propriétaires ont beaucoup fustigé l’attitude de la garde communale qu’ils accusent de ne pas prévenir les marchands.

Dans la foulée c’est une femme en larmes que nous rencontrons : ‘‘je suis déçue par cet agissement de la police communale qui a eu la force et le courage de confisquer nos fonds de commerce qui font vivre nos enfants. Nous aussi si on avait les moyens on n’allait jamais occuper la rue mais on n’a pas le choix. La route c’est la façon pour nous de gagner notre pain dignement sans quémander’’, a lancé Mabinty Soumah.

Un jeune diplômé de l’université de Labé vendant du savon sur l’axe routier autour du marché. Avec  un ton très élevé, Baldé Abdoulaye, dit : ‘‘je reconnais que nous sommes tous sur la route. Mais la Mairie a légalisé ce que nous faisons. Parce qu’ils nous font payer le droit de marché (taxes) au même titre que ceux qui disposent un titre régulier d’occupation d’espace commercial sur le marché. Soit on nous dit de quitter soit on paye les taxes et on nous laisse tranquille.’’

Par contre certains citoyens sont joyeux de voir les routes déguerpies c’est le cas de Diallo Ibrahim : ‘’la route n’est pas faite pour le commerce. Chacun est victime de lui-même. Si les marchands n’ont pas de place à l’intérieur du marché ce n’est pas la route qu’ils doivent transformer en lieu de commerce.’’

Du coté de la mairie, avec l’absence de la maire adjointe Hadja Tiguidanké, les autres n’ont pas souhaité s’exprimer à notre micro.

Selon nos informations, la société civile régionale a rencontré les autorités communales ‘‘pour ne pas que les citoyens soient brutalisés pendant le déguerpissement’’.

L’occupation anarchique des trottoirs et autres espaces libres de la ville révèlent les problèmes de gestion de l’espace urbain à Labé. Les routes sont toujours pleines de monde occasionnant une grande insécurité pour les usagers de la route.

                                                                                                         Alpha Ousmane Bah

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