Je rentre à peine du cimetière de Cameroun où « Koto Dia » vient d’être enterré.

Je n’avais toujours pas cru au décès depuis qu’il avait été annoncé la veille. Tellement qu’il aimait la belle vie, la vie qui chante, la vie qui danse.

Il était parmi les anciens pour qui, les jeunes journalistes, à peine affectés à la radio nationale, écrasaient leur ardeur devant leur goût prononcé pour la vie et leur amour pour la profession.

Comme Kabinet Kouyaté, comme Boubacar Kanté, comme Abass chérif, Oumar Diabaté, Emile Tompapa et tant d’autres icônes de la « Voix de la Révolution », Mamadou Dia a marqué son temps. Eux ont été rappelés à Dieu avant lui.

Au cimetière, j’ai vu aussi ceux qui le connaissaient, qui l’admiraient : Ansoumane Bangoura, Gaoussou Diaby, Cheick Fantamady Condé… Tous l’ont connu avant moi.

Moi, je l’ai connu en 1983. Au premier contact dans les couloirs de la radio nationale à Boulbinet, il me lança : « tu seras un grand journaliste, à condition que tu saches éviter les pièges d’ici. »
Depuis, j’ai partagé avec lui les moments de joie comme les moments de tristesse.

Que je sois en fonction ou pas, il me réservait de longs moments, chaque dimanche, chez moi où nous partagions le déjeuner.

Mes enfants, très habitués à lui, en avaient fait un petit grand -père. Leurs témoignages arrachent des larmes : « Eh Allah papa, c’est vraiment triste ; il était génial ; on a grandi avec lui ; on l’oubliera jamais. Que son âme repose en paix », écrit Nènè Oumou,
« C’est vraiment triste… Avec bébé nous sommes vraiment tristes… Mes condoléances papa. », renchérit Aïssatou Bella.

Mes filles que l’ami et le grand frère Mamadou Dia a vu naître et grandir sont inconsolables, comme notre cadet Elhadj Amadou qui avait du mal à contenir également ses larmes au cimetière debout à deux pas de la tombe.

Dr Hasmiou Dia et tous ses frères, Dr Awada étaient là aussi. La belle voix, la puissante voix s’est tue définitivement. On n’entendra plus : « Au micro Mamadou Dia ! » une cartouche qui lui était si chère lorsqu’il faisait son entrée dans le studio.

Mes souvenirs sont si nombreux, les uns aussi inoubliables que les autres : exemple : toutes les fois que j’ai été nommé, il est arrivé le premier pour partager notre joie. Tout comme après chaque limogeage, il est resté à mes côtés pour me remonter le moral.

Je me souviendrai toujours du jour où j’ai été nommé Directeur général de l’ORTG. A peine arrivé, je lui ai dit : demain, ce sera votre tour d’être nommé. Il éclata de rire. Il sera nommé directeur de la Radio kaloum stéréo RKS qu’il transforma en une véritable chaîne accaparante.

Je me souviendrai aussi de notre séjour au Canada, avec mon maître Mamadi Condé, précisément à Jonquière. La nuit au restaurant, il faisait danser tout le monde.

Tout comme à l’Institut international de la communication de Montréal où il avait impressionné professeurs et étudiants, à cause de ses commentaires pointus sur le football et sur la politique.

Je n’oublierai pas non plus les sages conseils qu’il m’a toujours prodigués, pour calmer mes ardeurs ou pour soulager mes peines.

Comment pourrais-je oublier le jour de ma démission et les mois qui ont suivi. Seul lui et mon neveu Mahmoud Barry me fréquentaient et entouraient mes enfants et mon épouse, aujourd’hui inconsolables, de toutes les marques d’attention.

D’ailleurs, c’est avec lui que j’ai créé ma modeste entreprise de presse, d’abord Kora avec le jeune Alpha Touré, puis l’Enquêteur et, par la suite, Horizon FM.

Il ne quittera le groupe qu’en 2010 avec sa nomination au poste de directeur général de la Rtg.

Koto Dia s’en est allé ! Une grosse perte ! Que la terre lui soit légère !
Amen!

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