« Mémoire collective, une histoire plurielle des violences politiques en Guinée », c’est le nom d’un livre, écrit par une quinzaine de personnes, lancé mardi 25 septembre dans la salle des congrès du Palais du peuple. La cérémonie a connu la présence du ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté, Khalifa Gassama Diaby, le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo et plusieurs ‘‘compagnons de l’indépendance’’, des acteurs de la société civile et le grand public.

Selon Juan Gomes, journaliste à Radio France internationale (RFI) et maitre de cérémonie, ce livre est une contribution à l’assemblage du puzzle historique guinéen. Un travail collectif qui invite à aller au-delàs des lignes de fractures du XXe siècle. Des auteurs guinéens, français, américains ont combiné leurs efforts pour rassembler des éléments de l’histoire des violences politiques en Guinée. Ils viennent d’horizons divers : universitaires, défenseurs des droits humains (FIDH-OGDH), journalistes (RFI) et apportent à cette recherche des regards complémentaires.

L’union européenne a financé la rédaction ce livre de 354 pages et qui pèse deux kilos.  Selon les auteurs, il est un récit pluriel qui prouve au moins une chose : quand le silence se brise, que les souvenirs cessent d’être enfermés et que la mémoire devient collective, l’écriture de l’histoire devient envisageable. Ce livre retrace une partie de l’histoire politique guinéenne de 1954 à 2009.

Pour Abdoul Gadiri Diallo, président de l’observatoire guinéen des droits de l’homme et du citoyen (OGDH), ce livre vient combler un trou : « Est-ce vous avez eu accès à un livre de l’histoire de la Guinée depuis l’indépendance, dans les archives guinéennes, bibliothèques guinéennes ? Il n’y a pas eu, donc c’est une façon de commencer à écrire l’histoire de la Guinée pour que nous connaissions. C’est l’une des raisons fondamentales qui nous a amenés à prendre le temps relatif aux violences d’Etat en Guinée. »

Pour lui, ils n’ont pas élaboré  un livre d’histoire pour une réconciliation nationale « mais on veut que la jeunesse guinéenne, les futures générations guinéennes découvrent ce que la Guinée a connu et que ça ne soit plus dans l’extrapolation parce que l’extrapolation est l’une des raisons qui justifient aujourd’hui, le plus souvent quand on écoute les commentaires dans les radios et autres on se pose la question, quelle est la référence sur laquelle ils ont fondé leurs recherches pour pouvoir dire ce qu’ils disent. Si vous avez des documents de ce genre-là ça vous permet d’avoir la vérité historique sur ce que la Guinée a connu ».

A noter que dans la salle, la tension était montée d’un cran. Des ‘‘compagnons de l’indépendance’’ comme El hadji Biro Kanté n’ont pas caché leur colère. Parce qu’à leurs yeux, le livre est à charge contre Sékou Touré, ancien président de la Guinée.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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