Médecins guinéens/ ‘‘il y en a des mauvais, il y en a des bons’’, note le ministre Niankoye

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Répondant, ce lundi 3 mai, aux questions des journalistes, qu’il a tenus en haleine pendant plus d’une heure, le ministre d’Etat, ministre de la Santé, Dr Edouard Niankoye Lamah, a parlé du secteur de la santé en général. Il s’est aussi exprimé sur l’un des problèmes qui assaillent le secteur à savoir : la mauvaise qualité de certains agents chargés de soigner les malades.

Le ministre a estimé, de prime abord, que : « Je vais vous dire une chose, il y a un moment qui est arrivé, dans la formation médicale, il y a eu énormément d’erreurs. Lorsque nous disions qu’il faut recruter 20, on nous envoie 100. Des moments sont arrivés, où on a eu des effectifs pléthoriques, atteignant parfois 1.000 étudiants, dans des conditions pédagogiques qui ne sont pas requises. Donc conséquences : mauvaise formation. Il faut le dire. Dans les hôpitaux, quand on fait des stages hospitaliers, il faut approcher le malade. On dit : voilà comment on ausculte, voilà comment on consulte, voilà comment on prend la tension, voilà comment on palpe. Cela n’était plus possible, parce que dans une seule salle, on pouvait avoir 50 ou 100 stagiaires. Est-ce que cela peut aboutir à une formation de qualité ? Non ».

Ensuite, il a poursuivi en avouant que : « J’ai été très heureux, je crois que c’était en 2015 ou 2016, quand le Président a pris la décision courageuse et bonne de freiner l’inscription, le recrutement dans les facultés de médecine. Alors, mauvaise qualité effectivement des médecins ; mais il n’est pas dit aussi que tous ceux qui sont là, sont mauvais. Il y en a des mauvais, il y en a des bons. Mais nous, les médecins, il faut le dire aussi, nous sommes hypocrites, nous sommes méchants. Même eux, là-bas au Sénégal, entre eux, ils se font ce jeu. Quand vous présentez une ordonnance d’un médecin, il regarde, il dit : oh, vraiment, le bonhomme-là… Alors, tous les médecins guinéens ne sont pas mauvais. Ça, il faut le dire. Certainement, il y a depuis quelques années, des ratés. Le gouvernement a promis qu’on va reprendre. On va reprendre en élargissant nos CHU, il y a Donka, Ignace Deen, Kipé. Il faut aussi élargir par les CHU à l’intérieur du pays, Kankan, Labé, Nzérékoré. Pour que les étudiants qui seront acceptés à la faculté selon le numerus clausus, puissent aller faire des stages. En fait, on peut tout apprendre aujourd’hui, avec les ordinateurs, mais la pratique médicale, c’est à l’hôpital. Et il faut qu’il y ait des chefs de services et des chefs de stage ».

Réalisation, progrès, défis et perspectives

Le ministre a tout d’abord fait remarquer qu’à la prise du pouvoir du président Condé en 2011, et malgré les efforts, la situation sanitaire dans le pays se caractérisait par une prévalence élevée des problèmes de santé, au compte desquels, il a cité entre autres : « Le taux de mortalité maternelle était à 980 pour 100.000 naissances vivantes ; le taux de mortalité infantile à 98 pour mille ; la prévalence du VIH à 1,5 % ; la prévalence du paludisme était de 44%, tandis que le risque d’infection à la tuberculose était de 1,5% ». Des situations influencées, selon lui, par des déterminants de la santé « tant sur le plan institutionnel, en matière de la promotion de la santé ».

Ensuite, il a poursuivi sur les améliorations survenues depuis la prise du pouvoir par le gouvernement du Président Alpha Condé, notamment dans le domaine du financement, où il a décrit entre autres : « Par rapport au budget global du pays, celui du secteur de la santé a connu une progression importante, passant de 81 milliards, soit 2,27 % en 2011, à 1.325 milliards, soit 7,41%, en 2018 », avant d’enchainer dans le domaine du développement des ressources humaines : « Afin d’améliorer la sécurité sanitaire et les principaux indicateurs de santé de la population guinéenne, le gouvernement a procédé au recrutement de 4.200 nouveaux agents de la santé à la Fonction publique, permettant de faire passer les effectifs en de 8.823 à 12.377 ». Les réalisations, c’est aussi dans le domaine de l’amélioration des infrastructures ; c’est dans cette optique que les ministre Lamah a rappelé aussi qu’ : « il a été construit et rénové 223 centres de santé, 6 centres de santé améliorés, 7 hôpitaux préfectoraux, un centre national d’hémodialyse, l’hôpital national de Kipé et celui de Donka qui est en cours d’achèvement ».

A la lumière de ces progrès enregistrés, le ministre a rappelé quelques défis et perspectives, auxquels lui et son équipe vont s’atteler très prochainement : « La promotion de la santé publique ; elle se fera à travers le renforcement de la collaboration entre les différents départements, la participation citoyenne et l’utilisation plus accentuée des écoles et moyens de communication dans la sensibilisation des populations. La lutte contre la corruption et la sur-tarification : elle consistera à actualiser la tarification, prendre des mesures disciplinaires contre les agents en faute, promouvoir les associations de défense des droits des consommateurs et renforcer l’inspection générale de la santé… » 

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

 

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