Le président de la République, Alpha Condé, a procédé, ce jeudi, à l’ouverture des activités de la deuxième édition du Forum de l’Étudiant Guinée (FEG) au Palais du peuple de Conakry. Cette occasion a été mise à profit par le chef de l’État guinéen pour situer les responsabilités par rapport au recrutement des enseignants ayant un faible niveau intellectuel.

‘‘Voilà plusieurs années que nous avons entrepris des réformes sectorielles du système éducatif. Ces réformes commencent à porter des fruits, mais ce n’est pas encore suffisant. Nous voulons parler de l’université aujourd’hui, mais avant de parler de l’université, il faut passer à l’école primaire et au lycée, c’est ce qui conditionne la qualité de l’enseignement supérieur’’, a déclaré le président de la République à l’entame de ses propos.

Avant de poursuivre : ‘‘La dernière fois j’ai entendu dire que si le niveau des enseignants au primaire et au secondaire est mauvais, c’est parce que le gouvernement recrute ses amis politiques. Il faut qu’on se dise les vérités aujourd’hui, le gouvernement n’a jamais recruté ses amis ou ses militants, comment nous nous sommes retrouvés avec des enseignants qui n’ont pas le niveau ? Il faut poser la question à la CNTG et à l’USTG (des centrales syndicales, NDLR).’’

‘‘À la fin de la deuxième République, notre président (le Général Lansana Conté, NDLR) avait des problèmes de santé qui ne lui permettait pas de gouverner, les syndicats ont profité de cette situation pour prendre l’État en otage et ils ont imposé des choses qui sont contraires à l’intérêt de tout le peuple de Guinée. Voilà comment nous nous sommes retrouvés avec des enseignants qui n’ont aucun niveau’’, a-t-il ajouté.

Selon lui, ‘‘c’est la CNTG et l’USTG qui nous ont dit, il faut recruter tel enseignant. L’année dernière, ils nous ont dit de recruter 1600 contractuels qui n’avaient aucun niveau, pendant que nous venions de mettre en place un comité d’auditeur avec le syndicat des enseignants, les parents d’élèves, la société civile et les hommes politiques qui a montré que les enseignants actuels n’ont pas le niveau. Et ils (les syndicalistes) ont menacé d’aller en grève si nous ne faisons pas cela (recruter les contractuels), la CNTG et l’USTG pas le SLECG. Donc on a recruté ces jeunes qui n’ont aucun niveau’’.

Pour le président Condé, ‘‘les parents d’élèves doivent se poser la question, n’est-il pas mieux d’avoir une année blanche et de recruter des enseignantes sortis de l’ISSEG et des ENI que de faire des enseignants qui n’ont aucun niveau et vont former des chômeurs. Il faut que les parents d’élèves commencent à réfléchir, vous gaspillez l’argent pour envoyer les enfants à l’école et ils sortent sans avoir de niveau. Voilà concrètement les débats que nous allons faire en Guinée aujourd’hui, c’est pourquoi j’ai décidé que les états généraux de l’enseignement se tiennent pour que le peuple connaisse la vérité. Comment les enseignants sont recrutés, qui nous les a imposés’’ ?

‘‘Après les États généraux des enseignants ne seront recrutés que s’ils sortent des ENI ou de l’ISSEG. Ajoute-t-il. On ne va plus nous imposer les petits chômeurs qui n’ont aucun niveau, parce que cela fait plaisir aux syndicats. Nous n’allons plus accepter maintenant que les syndicats soient un État dans l’État et qu’ils sacrifient l’ensemble du peuple de Guinée pour leurs revendications. Nous sommes là pour défendre tout le peuple de Guinée, pas seulement les fonctionnaires ou les enseignants, chacun doit accepter d’être à sa place et de rendre service, non pas de gagner de l’argent en ne rien faisant’’.

Pour conclure : ‘‘Nous sommes en train de faire le recensement biométrique de tous les enseignants et ensuite on fera un test. L’année prochaine, aucun enseignant n’enseignera s’il n’a pas réussi au test.’’

Mohamed Kaba Soumah pour Guinee7.com

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