Le député de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) était l’invité de la radio City Fm. L’honorable Ousmane Gaoual s’est prononcé sur le quiproquo qui prévaut à la Cour constitutionnelle, la grève du SLECG, le rôle de la Ceni et enfin l’affaire du militant de l’UFDG, Boubacar Diallo connu sous le sobriquet de ‘’grenade’’. Lisez.

M. Diallo, on va d’abord commencer par parler de cette situation de révolution de palais, peut-être ratée à la Cour constitutionnelle. Puisqu’on a vu 8 conseillers maîtres sur les 9 que compte la cour constitutionnelle annoncer la destitution du président Kélefa Sall. Comment appréciez-vous cette situation ? 

Disons, s’il n’était pas vraiment au risque de voir Alpha Condé mettre main basse sur cette institution, j’allais me réjouir, parce que cette cour constitutionnelle est restée inerte lorsque des frondeurs ont fait un putsch et évincé Bakary Fofana à la CENI. Alors même ceux-ci agissent illégalement et contrairement aux textes constitutionnels. Ils ont gardé le silence absolu. Maintenant, c’est un retour de bâton qui vient toucher une maison importante dans une démocratie, n’eut été ce danger, j’allais dire c’est un bon retour de bâton. Mais une fois encore, les frondeurs agissent dans l’inégalité absolue et bénéficient de la protection et du soutien du Chef de l’État. Qui veut ainsi caporaliser la dernière institution qui lui résiste encore, avant probablement d’annoncer ses intentions maléfiques de vouloir s’éterniser au pouvoir en Guinée. Donc c’est un jeu qui est mauvais dans la mesure où les intérêts qui sont mis en avant, ce sont des intérêts égoïstes, personnels et nullement la garantie de la pérennisation des textes de lois.

Il faut vous rappeler aussi que M. Kélefa Sall n’a pas du tout pris la parole constitutionnelle lorsque c’est nécessaire. Nous avons, par exemple, émis une accusation de haute trahison contre le Chef de l’État. Le président de la Cour constitutionnelle n’a pas statué là-dessus. Vous savez que l’assemblée aujourd’hui fonctionne de façon illégale, dans la mesure où elle n’a pas favorisé l’installation de la Haute Cour de Justice, qui aurait dû être mise en place 6 mois après. Nous avions souhaité que l’assemblée nationale et le Chef de l’État soient condamnés à cet effet par la cour constitutionnelle, qui donne ainsi injonction pour le président de la République et à l’assemblée nationale d’aller dans le sens de cela. Et à cela, la cour a gardé le silence. Il y a beaucoup d’autres dysfonctionnements dont elle a eu connaissance mais elle n’a pas réagi comme ça se devait. Donc, elle n’a pas joué pleinement son rôle d’équilibre dans les institutions. Maintenant, il y a une autre institution de recours pour elle, puisque c’est une question d’interprétation des lois.

Par rapport à la réaction d’Éric Thiam, il a fait une tribune dans laquelle, il dit que la Cour constitutionnelle n’a même pas droit à un règlement intérieur. Et que les modes de fonctionnement de la cour constitutionnelle sont fixés par décret du président de la République. 

Je ne comprends pas bien ce qu’Éric Thiam veut dire. Vous savez qu’il y a des cours constitutionnelles au monde, aux États-Unis, en Angleterre, qui fonctionnent par l’usage, par les coutumes. Pour lesquelles les mécanismes de fonctionnement ne sont pas forcément écrits. C’est par habitude, c’est par tradition, que ces institutions fonctionnent. Dans la plupart des cas, quand vous regardez la France, il y a des règlements intérieurs. Maintenant, est-ce-que ces règlements intérieurs une fois validés ou écrits font l’objet de publication par décret pour avoir une certaine portée ? Mais est-ce qu’en ce moment dire que la portée du décret est plus importante que le vote des membres d’une chambre aussi haute dans la hiérarchie judiciaire. Je ne comprends pas mais c’est une question qui mériterait un débat avec les gens dont c’est la spécialité de discuter sur l’enchaînement. Pour nous, ce qui est important, c’est de vérifier est-ce que le processus qui a été fait était conforme à la fois à la constitution mais aussi à la loi organique qui dit comment fonctionne la cour constitutionnelle. Je ne suis pas en train de débattre sur la nécessité ou non et sur la possibilité ou non de la cour de se doter de règlement intérieur. Mais je considère que toute entreprise humaine qui fonctionne a besoin de mécanisme de fonctionnement.

Maintenant on va changer de sujet, on va parler de la grève du SLECG. Selon vos informations, qu’est-ce qui s’est passé pour que, après trois semaines de négociations ardues menées par le ministère Tibou Camara, la situation se décante en faveur du syndicat ? 

Lorsqu’on arrive à un niveau où le risque maintenant n’est plus la satisfaction des besoins mais c’est de perdre complètement le pouvoir. Parce que l’exaspération avait atteint un tel niveau que les populations étaient prêtes à se débarrasser d’Alpha, puisque tout le monde avait pu comprendre que le problème c’est lui. Je ne pense pas qu’on ait réglé le problème. Je suis encore persuadé que les Guinéens ont compris que pour avancer, pour partager mieux la gouvernance dans ce pays, le fruit d’une bonne gouvernance et pour que la justice soit pour tout le monde, il faut se débarrasser de Alpha Condé. Je crois que les prochaines grandes crises s’il ne prend garde vont l’emporter. Je pense qu’il a fait la bonne lecture à ce moment et il a été obligé de lâcher. Tout ce qu’il disait qu’il ne peut pas faire, il était obligé de le faire maintenant là parce qu’il fallait sauvegarder le poste. C’est pour ça je trouve inutile la crise même politique dans laquelle il est en train d’entraîner le pays. Alors que les revendications ne concernent qu’à moins de 3% des bulletins. Donc, c’est très important que Alpha Condé prenne conscience et éviter régulièrement les rapports de force. Parce que un jour ou l’autre quand il y aura un dérapage les populations ne calculent pas, il pourrait être délogé tout simplement.

Donc pour vous, il a cédé par Instinct de survie ? 

Absolument, il n’y avait plus d’autre porte de sortie. Quand vous avez détruit tous vos intermédiaires, quand tous vos fusibles sont grillés mais vous recevez 380 volts, alors en ce moment, vous coupez l’électricité. Dans ce cas, il a trouvé nécessaire de couper l’électricité.

Aujourd’hui, quelles sont les leçons à tirer de cette crise par rapport au niveau des syndicats, de la société civile, des partis politiques et même du Guinéen en général. Est-ce qu’il y a eu un déclic quelque part ? 

Bien sûr. Maintenant les syndicats savent quand ils sont déterminés, quand ils sont unis, ils peuvent obtenir quelque chose. Ça, c’est très important parce qu’il ne faut pas simplement voir M. Soumah. Il faut dire que l’équipe de Soumah est restée une équipe soudée. Ils étaient tous sur la même longueur d’onde. Lorsqu’il y a une dynamique de groupe, le groupe doit avoir un certain module de fonctionnement qui doit garantir son unité, ça c’est 1. La deuxième chose, ils ont été invariables. Ensuite, ils n’ont pas eu peur de tout ce qu’on leur a accusé. Ils n’ont pas eu peur de la démagogie, ils ont tenu, ils ont résisté par rapport à ces intimidations et à ces violences. On a enregistré quelques victimes. Il y a des morts à Boké et ailleurs. Donc, c’est très important tout ça, ils ont tenu bon et sont arrivés. Il faut rendre hommage à ces victimes. Donc l’unité de l’opposition, la détermination, avoir des objectifs simples qui sont accessibles. Et puis contraindre le pouvoir par sa détermination. Le pouvoir aussi a appris que qu’elle ne peut plus promettre de façon fallacieuse des choses qu’elle ne peut pas tenir. Je pense que les Guinéens ont compris demain, Alpha Condé en tête avant de faire un engagement, réfléchira à plus d’un titre avant d’agir.

Si les populations comprennent et les acteurs politiques comprennent qu’une promesse est un engagement qu’il faut tenir. Sinon vous avez un gendarme qui s’appelle la population qui va vous contraindre. Je pense que les acteurs politiques vont réfléchir à plus d’un avant de s’engager.

Mais, par rapport à ce gouvernement, Alpha Condé a dit  » je vais nommer un gouvernement composé de ministres à l’écoute du peuple, des ministres responsables  ». Pour vous, est-ce que ça c’est un aveu de mauvaise gestion de la part du gouvernement ? 

Quand vous dites des ministres compétents, des ministres proches des populations, des ministres à l’écoute du peuple. Vous voulez simplement dire l’UFDG. Parce que c’est nous qui mobilisons le monde, c’est nous qui sommes auprès des populations et tout. Mais, il a hésité simplement d’abdiquer et de dire qu’il renonçait au pouvoir au profit de Cellou Dalein. Je pense que s’il veut un gouvernement responsable, s’il veut des ministres compétents, des ministres proches des populations, Alpha doit quitter Sekhoutouréya et laisser la gouvernance du pays à Cellou Dalein.

Peut-être vous offrir la primature ?

Non, mais je ne pense pas. Vous savez le problème c’est Alpha, ce n’est pas la qualité des ministres. Il a dans son gouvernement des jeunes cadres et qui sont par ailleurs bien dans leur domaine respectif. Mais lorsque le Chef de l’État est mauvais, vous ne pouvez pas avoir une bonne direction.

Étant donné que Alpha est là quand même jusqu’en 2020. Est-ce qu’une offre qui voudrait éventuellement dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale qui vous donnerait la primature et des postes importants dans le gouvernement. Est-ce-que au nom d’une remise de l’économie du pays sur les rails, vous pourriez être preneur de cette demande ?

Je ne crois pas qu’il y a une seule possibilité de travailler avec Alpha. Parce que d’abord il n’a pas fait preuve d’honnêteté dans le respect de sa parole. Tant qu’il est là, on n’est pas sûr qu’il va respecter ses engagements, ça c’est 1. Deuxièmement les gouvernements d’union nationale, ce sont des gouvernements inutiles. On met en place un gouvernement d’union nationale lorsque les institutions du pays ont été ébranlées à la suite d’une guerre ou d’une rébellion et tout. On n’est pas dans ce cadre. Le RPG gouverne, le RPG a les ressorts d’une bonne gouvernance parce qu’il y a des cadres ici en Guinée qui sont proches du RPG qui sont capables d’imprimer une bonne gouvernance à ce pas, si Alpha le souhaite. Encore une fois, l’impunité, la corruption, l’injustice et les détournements des ressources financières et minières de ce pays qui caractérisent cette gouvernance, c’est parce que toutes ces personnes impliquées dans ça sont dans son entourage. Tant qu’il est là, tant qu’il est complément vis-à-vis de ces travers de la société, il n’y aura pas de progrès.

Peut-être l’une des conséquences de cette grève, menée tambour battant par le SLECG, c’est le réveil des autres structures syndicales. Puisque, on apprend qu’Amadou Diallo et compagnie exigent que les mêmes avantages soient accordés donc au reste de la fonction publique. Est-ce que le camp d’Amadou Diallo et autres ne pourraient pas également explorer d’autres pans de la frustration générale des Guinéens pour réussir une éventuelle grève générale illimitée ? 

C’est une question de crédibilité. Est-ce qu’il y a aujourd’hui dans le monde syndical des gens auxquels les populations pourraient avoir donné du crédit, comme on a donné du crédit à M. Soumah ? Je pense qu’Amadou Diallo a trahi la première grande grève à laquelle il avait appelé et qui a fait l’objet de tractations financières où ils avaient empoché 30.000 dollars à l’époque, qu’avait-on dit. Lui et ses adjoints ont justifié en disant que ce sont des frais d’évacuation payés par un homme d’affaire. Dès l’instant que leur crédibilité là avait été entamée, je ne suis pas sûr que même s’ils étaient déterminés aujourd’hui qu’ils puissent mobiliser quelqu’un derrière eux. Peut-être que les grèves des fonctionnaires, on sait très bien, si la population ne suit pas elle ne dure pas. Je ne suis pas sûr que la population fasse aujourd’hui confiance à Amadou Diallo et à beaucoup d’autres activistes du mouvement social, je ne suis pas convaincu. Le leadership aussi c’est la confiance à laquelle vous avez avec les populations.

Mais est-ce-que l’épée de Damoclès qui plane au-dessus des Guinéens par rapport à une augmentation éventuelle du prix du carburant à la pompe ne pourrait pas être une perche tendue effectivement à ces autres centrales syndicales ? 

Pendant longtemps au fait le prix des hydrocarbures était indexé de façon flottante. Ils suivaient l’évolution des hydrocarbures sur le marché mondial. Lorsqu’il y a une baisse on baisse, lorsqu’il y a augmentation, on augmente. Cela a permis à l’État de gérer plus ou moins bien l’importation des hydrocarbures. Mais à un moment donné, le gouvernement, dans sa volonté de mettre la main mise sur l’argent, sur la manne financière. Lorsque les hydrocarbures ont baissé sur le marché mondial, ils ont refusé cette flexibilité. Ils ont pris des engagements mais les Guinéens ne sont pas dupes. Nous sommes au courant des engagements pris. Il faudrait que les gens qui nous gouvernent, quand ils prennent des engagements, qu’ils se rappellent que les populations ne dorment pas et donc les surveillent.

On va passer à présent à la crise post-électorale et ses conséquences. M. Gaoual Diallo, pourquoi avoir attendu pour qu’il y ait près de cent morts pour demander finalement des comptes à la justice et au pouvoir en place ? 

Bon, disons que le processus électoral est tel que vous ne pouvez pas interpeller la justice, questionner la justice lorsqu’il n’y a pas de décision. Je vais vous donner un cas. Il n’était pas possible d’interpeller la justice ou le Chef de l’État avant que les CACV ne siègent. Lorsque les CACV ont siégé et que les magistrats ont de façon malhonnête et illégale annulé ou mis de côté des PV, contre même l’avis de la CENI qui avait publié, rappellez-vous, un communiqué rappelant que les magistrats au niveau des CACV n’avaient pas vocation à annuler ou à mettre de côté les procès-verbaux. Nous avions pensé que si les magistrats faisaient ainsi, outrepasser leurs prérogatives légales, il en revenait à la CENI de corriger le tir parce que c’est elle qui est la patronne des élections. Lorsque le magistrat agit au-delà des obligations légales, le correcteur de cela c’est la CENI. C’est le dernier rempart. Lorsque vous vous rendez compte en tant que membre de la CENI, que les magistrats ont annulé ou ont mis de côté des procès-verbaux, vous ne devez pas publier ça. Votre rôle c’est de corriger. On ne peut pas donc être au courant sauf au moment où ils ont publié les résultats. Mais quand ils publient les résultats provisoires, ils disent que c’est les résultats définitifs.

Mais au sein de cette CENI, vous avez des représentants bien qu’étant « indépendants » ?

On n’a pas de représentants, on a désigné des membres. C’est leur origine qui fait d’eux des gens qui viennent des partis politiques en général. Mais leur fonction et leur travail, c’est conformément au règlement intérieur auquel ils sont soumis. Donc ce n’est pas l’origine qui cause problème. Mais si les commissaires travaillaient conformément à la loi, peu importe d’où ils viennent, ça aurait été apprécié. Le problème, c’est que l’opposition n’aurait jamais pu saisir le Chef de l’État avant que la CENI ne se prononce. Puisque la CENI a été saisie. Mais c’est lorsque la CENI a publié des résultats provisoires, parce que jusqu’à présent on est dans cet esprit. Le résultat définitif, il est nominatif. Vous avez les élus dans la commune de Conakry sont : M. Mamadou, M. Ibrahima, M. ça pour le RPG, M. ceci pour l’UFDG… Vous ne dites pas 5 pour l’UFDG, 3 pour celui, parce qu’il y a des listes, c’est comme la liste des députés. Quand on donne la liste définitive, on donne la liste des 114 députés élus à l’assemblée nationale. Donc là on doit dresser la liste des élus par commune. Tant que ça ce n’est pas effectué, on ne peut pas absolument considérer que ce sont des résultats définitifs.

Maintenant, cela ne peut pas être fait aussi longtemps que le ministère de l’administration du territoire ne dresse pas, en fonction des listes qu’ils ont reçues. La liste définitive des élus qu’ils envoient à la CENI et la CENI proclame. Donc là, en l’état, on est dans le processus provisoire. C’est très important. La deuxième chose les gens nous disent pourquoi n’avoir pas réagi.

La justice qu’on respecte, la justice qu’on accepte c’est la bonne justice. Ça veut dire que si la justice est rendue conformément aux lois, lorsqu’elle n’est pas rendue conformément aux lois, il y a toujours des mécanismes de recours. Même quand la décision est rendue en premier ou en dernier ressort, peu importe le type de procès. C’est pourquoi le Chef de l’État est un rempart, comme on dit la clé de voûte des institutions. Lorsque vous avez épuisé tous les processus judiciaires, il est toujours un recours parce que c’est le premier magistrat du pays. C’est très important que les Guinéens comprennent cela.

Le cas de Boubacar Diallo alias Grenade. On vous voit sur une photo avec lui. Il est aujourd’hui diabolisé par notre justice ? 

J’ai fait des photos avec lui comme j’en fait avec beaucoup de nos militants de l’UFDG. Il est l’un de nos jeunes militants. Même s’il était coupable ou quoique ce soit, est-ce que le fait d’avoir fait des photos avec lui fait de moi un complice. En ce moment, je demanderais franchement de considérer Alpha Condé comme complice de Sekou Souapé dans l’assassinat de Panival. Est-ce que le fait de porter une tenue est un crime ?

Le procureur dit que le gars est poursuivi pour port illégal de tenue militaire mais au fait le code pénal ne punit pas ça. Le code pénal punit lorsque vous portez la tenue en public. C’est à dire ce port-là puisse avoir un impact au regard des autres sur vous. C’est à dire vous usurpez en même temps une fonction. Parce que si vous êtes habillés en tenue militaire, vous pouvez influencer des gens sur la route et publiquement. Mais il n’est interdit nulle part de porter une tenue militaire et prendre une photo. Moi-même j’en ai des photos où je porte la tenue militaire. Les tenues militaires sont vendues librement même au Sénégal ici. La plupart de nos militaires ne reçoivent pas de dotation, ils achètent à Dakar, en France et même en friperie. Il faut qu’on arrête.

J’ai des tenues militaires. J’étais un ancien, j’ai fait des services militaires comme beaucoup de gens de ma génération. Je peux porter mes tenues militaires, faire des photos mais je ne les porte pas pour parader. Mais c’est aussi une manière de rendre hommage à ce corps. Parce que dans d’autres pays, aux États-Unis, en France, on est très fier quand on porte la tenue de l’armée. C’est une manière pour nous d’honorer le corps.

La personne comme on le présente, le jeune « Grenade » est accusé d’être mêlé à certains crimes et qu’il porte une tenue ? 

Mais on ne l’a pas arrêté avec une tenue. Il a porté la tenue un jour, il a pris une photo. On fait paraître ça comme il a porté une tenue et il a fait une opération criminelle. D’ailleurs, si vous êtes habillés en tenue militaire, vous faites une opération de crime, c’est la cour martiale. C’est la justice militaire qui vous juge parce que vous avez pris le déguisement de l’armée pour faire une opération criminelle. On est allé fouiller dans ses albums. On a vu qu’il y a une photo où il est habillé en tenue militaire, et puis après on dit c’est l’objet d’une infraction. Mais, il y a plein de civiles en Guinée qui portent la tenue. On a vu Élie Kamano, on a vu Bobodi, l’auto-proclamé empereur de Conakry en tenue militaire au milieu des bérets rouges.

Donc vous les voyez en tenue militaire. Je pense que le procureur est allé trop vite. Après qu’il n’avait pas des éléments, à mon avis, suffisamment pour inculper ou pour citer un responsable de l’UFDG que je suis puis la femme du président de l’UFDG ou lui-même. Mais, il a pris le soin de glisser nos images à côté du gars pour pouvoir donner des éléments, en manipulant la presse pour que la presse puisse nous questionner.

D’ailleurs, je pense que c’est l’objet de votre question. Vous me posez la question parce que non seulement le procureur ne nous a pas cités mais il vous a donné ma photo pour que vous m’interrogiez. C’est à dire vous me citez en lieu et place du procureur. C’est une démarche de manipulation. Il a manipulé les médias absolument pour amener les médias à faire le focus. C’est une manipulation qui a marché.

Lorsqu’on glisse des photos et qu’on vous voit à côté de quelqu’un qui est présenté comme un criminel, les médias ont le devoir de demander votre avis, même si nous, nous pouvons soupçonner une manipulation, pour que le reste de l’opinion comprenne bien ?

Non ! C’est ce que vous auriez dû faire. En bonne presse, avant de parler, vous coupez la photo ou vous floutez les images pour lesquelles le procureur ne vous a pas donné ni nom ni identité. Parce qu’il vous a donné le nom et l’identité de Grenade. Il aurait fallu juste publier cela et flouter ou couper les autres. Parce qu’il aurait pu être dans un groupe. Vous n’avez pas droit d’exposer tout le groupe. Mais comme la manipulation était bien huilée, en vous donnant ça automatiquement, vous n’aurez aucun recul de publier cela. Du coup vous devenez ceux qui accusent Ousmane Gaoual, Halimatou et Cellou Dalein.

Une synthèse de Mamadou Alpha Baldé (Le Démocrate)

 

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