Les agents de la police et de la gendarmerie en service à Labé broient actuellement le noir. Pour cause, depuis des jours, ces hommes en uniformes sont rejetés dans les différentes gares routières par les transporteurs, a appris Guinee7.com

Plus rien ne va entre les chauffeurs et les services de sécurité à Labé. Depuis la manifestation des syndicalistes, le mercredi 25 juillet dernier, qui a été réprimée par les forces de sécurité, et au cours de laquelle plusieurs véhicules avaient été endommagés, les transporteurs ont décidé de ne pas prendre d’hommes en uniforme dans leurs taxis.

Un officier de la gendarmerie qui a requis l’anonymat, nous a confié : « Je devrais voyager d’urgence sur Conakry, mais à ma grande surprise, arrivé à la gare routière, ils ont refusé de me vendre un billet de voyage. Quand j’ai demandé le pourquoi, le monsieur qui avait les tickets m’a dit que ce sont les instructions qu’ils ont reçues de leurs chefs. Je suis resté à la gare routière jusqu’à ce que 3 véhicules aient bougé devant moi. J’ai contacté le secrétaire général du syndicat, qui m’a dit qu’il n’était pas informé. Compte tenu de l’urgence que j’avais à Conakry, j’étais contraint d’enlever ma tenue et de prendre une moto pour me rendre à Pita. C’est là que j’ai eu un taxi pour Conakry ». Un autre policier a dit être victime, lui aussi, de ce qu’il appelle une ségrégation « Moi, c’est une nièce que j’ai accompagnée à la gare routière. Mais puisqu’ils nous ont vus ensemble, les chauffeurs nous ont carrément dit qu’ils ne prennent pas les agents de sécurité et leur famille dans leurs véhicules ».

Interpellé sur la question, le syndicat des transporteurs, par la voix de son responsable de la communication, Maitre Tanou Nadhel Diallo, a dit être informé de la situation, mais a tout de même réfuté en être l’instigateur. « Vous savez, lors des événements qui se sont déroulés les 25 et 26 juillet derniers, c’était une première que les forces de sécurité entrent dans la gare routière pour caillassé nos véhicules. Donc, c’est de bonne guerre si les chauffeurs refusent de prendre ces personnes qui ont caillassé leurs véhicules  par exprès. Mais le syndicat ne peut pas dire aux chauffeurs de refuser de prendre les agents de sécurité. Le syndicat n’a pas de véhicules. C’est une décision collégiale des transporteurs. Le syndicat n’a rien à avoir dans ça »,  a-t-il expliqué.

Plusieurs chauffeurs contactés par Guinee7.com soutiennent que c’est bien le syndicat des transporteurs de Labé, qui, à l’issue d’une réunion, a pris cette décision pour, dit-on, sanctionner les forces de sécurité.

Samedi dernier, une réunion a été convoquée par la préfecture, pour tenter de réconcilier les deux parties, mais jusqu’à présent, le calumet de la paix n’est pas encore fumé. Une rencontre est en vue entre les autorités administratives et les  deux parties en conflit, les prochains jours.

Mohamed Samoura pour Guinee7.com 

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